J'suis vachement content
Bonne pâte
intermuttant
J'passe à la radio
L'apostat
de pas être mort... Je tousse un peu, je crache encore un peu, et j'ai toujours les genoux qui flageolent, mais enfin je suis vivant ! Et tout le monde ne peut pas en dire autant, pas vrai, les vieux caniculés ?
Pour être tout à fait clair, c'est en quittant Avignon, ses fêtes, ses fastes et ses intermittents, que la faiblesse m'est advenue. Je tenais plus debout du tout ! Blanc ! Mais blanc ! T'aurais dit le fantôme de mon pépé passé à la chaux, j'ai pas dit Dachau. Radios, cardio, prises de sang, tension, température... J'étais en train de passer, mes chéries ! Bonjour, Saint-Pierre et le Jésus ! Ulcère au duodénum. Hémorragie interne ! Du sang partout dans les intestins ... Contôles faits, j'avais perdu plus de la moitié de mon capital de globules rouges. Anémie, qu'y disent les savants. Une semaine d'hosto ! Branché de tous les côtés, drogué jusqu'à l'os ! Tu m'aurais vu, t'aurais cru Prince en concert.

C'est chiant, mais c'est pas tout. Le poumon ! Le poumon, vous dis-je ... Pour bien asseoir le tout et me foutre complètement à plat : la bronchite ! Mais pas la p'tite bronchite de clown avec ses trois mouchoirs. Non, non, la vraie ! La salope ! Bien grasse ! Bien lourde ! Bien moche ! 'vec sa grosse température, sa vilaine toux et ses glaviots aux reflets mordorés à quintuple épaisseur ! Chaque fois que tu en lâches un, t'as l'impression de te vider à la fois les poumons et les intestins ! C'est moche ! Ça pue ! C'est dégueulasse ! Et en plus ça fait mal. Bref, si je vis encore (mollement ... mais encore) c'est parce que y avait rien d'autre à faire. Comme je suis bien conscient qu'on a failli ne jamais se revoir, et j'en connais qu'étaient déjà trop contents d'astiquer les faire-part, j'ai décidé, suite à tous ces événements et au triomphe d'Avignon (c'est pas des conneries) de faire la tournée des grands-ducs ! Entendez par là : chanter les chansons du nouvel album, et quelques autres, peut-être même quelques inédites dans des lieux où j'ai jamais mis les pieds, et pour commencer, à Paris les 8 et 9 octobre au Limonaire, 18 cité Bergère, 9ème. Le métro, c'est Grands Boulevards. On peut manger avant le spectacle, et vous m'écouterez pendant une heure. Bien fait. Prévenez les filles, les copains et les bêtes, pas de droit d'entrée. Le chapeau. Plus bas, j'peux pas.
Salut, faut que j'me mouche, que j'crache, que j'tousse, que j'pète ! Si vous êtes dans le périmètre, protégez-vous.


Quand j'étais star, j'avais une station de sports d'hiver à mon nom. Aujourd'hui, j'ai un paquet de nouilles.
Sic transit* gloria mundi.
* voir l'article précédent
Il y a dans ce métier (le mien) plus d'escrocs et de cons au mètre carré qu'il n'y a de feuilles en automne aux Tuileries. Intermittent, interluttant, intermutant, interruptant. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Si, depuis bientôt quarante ans j'ai pour habitude de soutenir les techniciens du spectacle, les comédiens, les musiciens, les danseurs, les costumiers, les chanteurs, et d'une façon plus large et plus générale tous ceux qui montent sur scène, qui dira mon point commun avec Miss Multiviandes de Ponthiviers, qui fait défiler son cul dans l'arrière-boutique du bar-tabac "Les Amis de la Daube", le samedi, pour arrondir les fins de mois de Gédéon Castagnier, cultivateur retraité et papa de la miss concernée ? Si grand soit son talent, je refuse d'avoir le même statut que cette personne ! Je ne veux pas être appelé artiste si cette conne en est. Si c'est le cas, Michel-Ange est un catcheur et Miles Davis une diarrhée. Dans cet étrange pays où nous vivons, nos patrons sont des cons et des salauds. Pourquoi ? Voilà la bonne question.

Ducon, patron d'une PM, faisait, chaque année, dans sa boîte, une fête destinée à flatter son personnel. (Ducon n'est pas un foudre de guerre, ses goûts ne s'élèvent pas au-dessus des Nocturnes de RTL, mais ce n'est pas ce qu'on lui demande) Pour engager les comédiens, jongleurs, clowns, chanteurs etc.., Ducon se rendait dans des cabarets, des music-halls, et il s'entendait avec les artistes sur une date et un prix. Le jour du spectacle, la comptable de Monsieur Ducon, qui avait contacté les organismes dont dépendent les artistes (CANRAS, CARCICAS, Congés-Spectacles, etc...) donnait à chaque impétrant sa feuille de salaire, son pécule et un bulletin bleu afin qu'il puisse s'inscrire aux ASSEDIC. Et le système fonctionnait, ma foi, pas si mal, année après année.
Seulement voilà : Ducon, à force d'aller dans les cabarets s'est aperçu de deux choses, 1 - qu'on lui demandait bien cher pour une seule soirée, 2 - que les spectacles auxquels il assistait lui plaisaient de moins en moins.
Alors voilà ce qu'il s'est dit, Ducon :
Je connais la Miss Multiviandes de Ponthiviers. Elle viendra défiler chez moi avec ses copines, je me taperai la plus grosse et ça me coûtera un minimum parce que je leur filerai un cachet brut en échange d'une facture ! À elles de se démerder pour se faire faire la fiche de paie où elles voudront, et de payer les charges ouvrières et patronales !
Après quelques années, Ducon s'est aperçu qu'il réalisait de sérieuses économies sur le budget "Fêtes" et c'est là qu'il s'est mis à yoyoter, Ducon (aidé par l'impunité et conforté dans ses erreurs par Mademoiselle Assedic et Jean-Claude Médef qui l'ont laissé faire). Voilà encore ce qu'il s'est dit, et ce qu'il a fait, Ducon : "Si je peux engager n'importe quelle Miss Multiviande à un tarif dérisoire, et lui permettre d'aller s'inscrire aux ASSEDIC, je dois pouvoir faire la même chose avec mon personnel, il suffit d'en faire des intérimaires. Il suffit que ce personnel émarge dans le Grand Livre des Fêtes ! Je les paie brut contre facture. Ils s'établissent eux-mêmes leur fiche de paie et règlent leurs charges et lorsqu'ils auront leurs 507 heures de boulot, grâce à moi, les ASSEDIC les nourriront. Je suis un génie ! Vive moi !"
Et voilà comment Ducon a subrepticement fait glisser l'idée de secourir ceux qui sont dans la cagade en permis de nourrir aux frais des ASSEDIC du spectacle des gens qui n'avaient rien à y foutre : serveurs de restaurant, coiffeurs, monteurs de gradins, installateurs de bottes de paille pour le karting, etc... Et puis Ducon, qui n'en est pas à une forfaiture près, est allé encore plus loin dans son raisonnement : "Mais pourquoi irai-je donner de l'argent à ces gens-là ? Après tout, s'ils ont le secours des ASSEDIC, c'est grâce à moi ! Et voilà pourquoi, depuis cette date, Ducon n'emploie plus que quatre jours par mois un personnel intérimaire en laissant aux ASSEDIC le soin de payer le reste.... Pour Ducon, hip hip hip !
Quelles sont les solutions ? 1 - on fusille Ducon, 2 - on brûle les ASSEDIC, 3 - Miss Multiviandes épouse Ducon et lui fait un enfant ¾ dès la première année.
Je viens de gagner mes galons de comédien. Pour les vrais fans qui ont du temps à perdre, vous pourrez prochainement m'entendre sur vos antennes radio (faut guetter, car je n'ai pas la date de diffusion, mais ce sera dans les trois ou quatre semaines à venir (achetez Le Monde le jour des programmes - je sais pas quel jour c'est, les programmes dans le journal, démerdez-vous). Ce sera sur France-Culture, une fiction radiophonique, intitulée "Studio Léviathan". Et qui qu'est le héros ? C'est moi !
J 'aboie pas comme un bouledogue
Quand je passe devant
Les portes des synagogues
Adolf n'est pas mon parent
J'ai du respect pour la Torah
Et pour le rabbinat aussi
Mais qu'on ne me demande pas
De manger la carpe farcie.

Ma nature est optimiste
Surtout qu'on n'aille pas
Y voir la patte du Christ
Mes pas vont pas dans ses pas
J'ai du respect pour le Saint Père
Pour sa robe sacerdotale
Et j'ai d'ailleurs l'année dernière
Pas mis la même au carnaval.

Ils ne me conduiront jamais
Jusqu'à ton église, mes pas
Dieu me pardonne car il sait
Qu'il n'existe pas.

Je me saisis pas d'un glaive
Quand la voix du muezzin
Pour la prière s'élève
J'crie pas : "Sus aux Sarrazins !"
Le respect que j'ai pour l'Islam
S'étend à tous ses marabouts
Et sous la barbe de l'immam
Le Père Noël me fait : "coucou !"

Hommes et bêtes renaissent
Selon la prophétie
Que Bouddah plein de sagesse
Attribue aux plantes aussi
Et cette idée-là me plairait
Si j'étais tout à fait certain
De pas renaître en flageolet
Fayot péteur dans ton jardin.

Ils ne me conduiront jamais
Jusqu'à ton église, mes pas
Dieu me pardonne car il sait
Qu'il n'existe pas.

Les frères de la Foi Nouvelle
Du Temple des Esprits
Jugent mon âme éternelle
Diaboliquement flétrie
Pour la sauver, chez ces fagots
Il faut offrir à leur messie
Nos fesses, nos femmes et nos magots
Et partir en disant : "Merci"

Ils ne me conduiront jamais
Jusqu'à ton église, mes pas
Dieu me pardonne car il sait
Qu'il n'existe pas.

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