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SOMMAIRE

Éditorial
Le petit mot de la secrétaire acariâtre
Coup de gueule ...
Nantes
Une chanson inédite
Nantes, suite
Nantes, suite et fin
Albert
Rendez-vous
Albert 2
Au revoir

Éditorial

Avant de commencer ce Petit Corbinou, je veux, afin qu'il n'y ait pas de malentendus entre vous et moi, que les choses soient claires ! Enfin le plus claires possible. Tout ce qui est écrit dans ma lettre d'information est destiné aux personnes qui s'intéressent à moi, à ma carrière, à mes opinions.

Nul n'est tenu d'y adhérer.

En conséquence, si vous débutez dans cette lecture aléatoire, il vous faudra admettre que tout ce que je raconte n'est destiné qu'à vous amuser à mes dépens. Quoi que je dise, montre ou fasse n'est destiné qu'à rire de moi ! De moi et de moi ! Si ça déborde sur les autres tant pis ! Ils n'avaient qu'à pas se faire remarquer. Il n'y a aucune haine dans mes propos. Parfois un peu de colère... La colère est mauvaise conseillère je vous le concède, mais elle permet aussi d'évacuer les conneries qui mangent le foie et mettent la rate au court-bouillon.

La colère est donc salutaire car elle permet aux pré-cancéreux d'évacuer le crabe, aux paralytiques de retrouver l'usage des pieds qui bottent les culs carrés et aux muets de brailler leur désaccord !

Vive la colère !
Vive la rage !
Vive la vie !

Quand je serai mort et vous aussi, il ne sera plus temps de pester contre les cons, les emmerdes, et le sort ! Je vous propose donc de râler et de rigoler en ma compagnie tout au long de ce nouveau numéro du Petit Corbinou. Tout ce que j'y raconte est vrai ! N'y voyez ni aigreur ni tentative d'apitoiement. Simplement le goût de tout dire sans jamais rien cacher à celles et ceux qui me suivent.

Si mes propos vous choquent, vous désolent, vous consternent, passez votre chemin. Allez jouer au foot ou priez Dieu, vous serez certains de ne pas me rencontrer dans ces endroits-là !

À part ça ?

Tout va bien, vous allez voir.

Bonne lecture mes chéries, pis les gars aussi.

Corbinou.



Le petit mot de la secrétaire acariâtre (1)

Connaissez-vous la dernière bataille naviaire ?

H5 : Touché !

N1 : Coulé ...

(1) C'est mon gendre qui m'a donné l'info


Coup de gueule

Ma maman qui souffrait d'une timidité quasi chronique au point de n'avoir jamais de sa vie pu chanter une chanson devant la famille réunie me l'avait dit : "Mon garçon, c'est un drôle de métier que tu as choisi !" Et elle n'avait pas tort, ma pauvre maman ! C'est un métier où les escrocs pullulent, où les fous sont les rois, où les cons sont légion. Dans ce magnifique métier que nous choisissons tous sans la moindre contrainte, nous avons le plaisir de côtoyer de parfaits gentlemen et quelques vieux morceaux de porcs dont il faut hélas subir les goûts, écouter les avis lamentables et taper au hasard des rencontres dans des mains parfois encore un peu sales d'avoir servi des causes peu recommandables.

Ce qui est magnifique dans ce métier, c'est l'assurance avec laquelle un crétin qui possède un minimum de pouvoir peut vous freiner dans votre élan, briser vos ambitions et ruiner vos espérances.

Je connais un type qui anime sur une radio d'État une quotidienne d'humeur et d'humour, qui s'est fait un devoir absolu de ne pas écouter mon CD au prétexte que mon nom est écrit sur la pochette et que ce nom-là est celui du type qui faisait l'imbécile pour les enfants à la télé.

Idem, le rédacteur d'une revue consacrée à la chanson et ses chorus, a déclaré tout de go à la personne qui lui apportait mon album : "Jamais je ne parlerai de Corbier dans mes colonnes, il a participé à une entreprise d'abrutissement des enfants !" et d'ajouter, je n'invente rien : "J'avais bien aimé son album précédent, mais je n'en parlerai jamais dans ma revue !"

Je veux bien qu'on me considère comme un con. Après tout, je n'ai aucun diplôme, je n'ai pas fait d'études, j'ai gagné ma vie en faisant le clown appuyé sur une guitare plus ou moins accordée, mais jamais jusqu'à ce jour je n'avais réalisé qu'amuser des enfants pouvait être élevé au rang de la tare, voire à celui de l'erreur assimilable au crime de sang !

Il se pourrait qu'on pardonne, ça s'est déjà vu, aux responsables de la déportation et de la disparition de millions d'homosexuels, tsiganes, juifs.

Il se pourrait qu'on absolve des types qui ont prôné l'eugénisme au nom de l'intérêt supérieur des nations et fait stériliser des milliers d'hommes et de femmes à la santé physique ou mentale déficiente.

Il se pourrait qu'on accueille à la radio d'authentiques ordures religieuses qui envoient des enfants se faire exploser la tronche au nom de leur dieu.

Tout cela est possible, tout cela pourrait arriver.

Mais inviter à la radio, ou dans les colonnes d'une revue un individu qui a eu l'outrecuidance de faire l'imbécile à la télé au prétexte de faire rire des enfants ? Jamais !

"Quoi ? Ce type ose chanter ? Et faire des disques ? Après ce qu'il a fait ? Qu'il s'étouffe dans sa merde ce salaud ! Qu'il soit maudit jusqu'à la septième génération ! Que des poils du cul lui poussent sur la tête ! Que ses couilles lui remontent dans la gorge et l'étouffent. Qu'il en crève ! "

Vous vous étonniez de ne pas entendre mes chansons à la radio ? Vous ne compreniez pas qu'on ne chronique pas mes albums dans les magazines ? Qu'on ne m'invite pas chez Bidule et chez Machin ?

C'est normal !

Comprenez ça : un type qui a accepté de recevoir des tartes à la crème sur le pif, qui s'est déguisé pour nourrir sa famille, ne peut être qu'un être vil, sans âme et sans cervelle, un être répugnant, un sous-homme, un harki de Frêche ! Bref, une merde ! La qualité de son travail de chansonnier n'est d'ailleurs pas en question, il se pourrait même que ce soit intéressant, mais comment accorder la rédemption à un gus qui faisait rire des gosses ?

T'avais raison maman, j'ai choisi de faire un drôle de métier !

Je tiens donc à saluer le courage du magazine Fluide Glacial qui dans le numéro de mars m'a consacré ses pages 44 et 45, et par la même occasion tirer mon chapeau à Jean-Luc Delarue qui comme Ruquier a l'amabilité de m'inviter dans son émission sur France 2, alors que je ne lui demandais rien.

Tu vois maman qu'il n'y a pas que des drôles qui font la presse.


Nantes

Le dix-huit février dernier, les Rolling Stones ont donné dans la baie de Rio un concert payant auquel ont assisté un million de personnes. Le même jour à la même heure j'ai donné un concert gratuit devant des copains à l'Auditorium du Conservatoire de Nantes ! On voudra bien noter les similitudes... Les Rolling Stones sont sexagénaires, moi aussi, ils jouent de la guitare, moi aussi, ils font du rock and roll, moi non plus ! D'autre part Rio est une ville de football, Nantes aussi. On pourrait croire que c'est ici que cessent les ressemblances, ben non ! Figurez vous que ce soir-là, à Nantes, j'ai chanté, dans le cadre d'un Festival d'Humour et Chansons, pour la première fois avec des musiciens : Gégé Geoffroy, Patrick Balbin, Éric Gombard. Les mêmes que sur l'album Tout pour Être Heureux ! Vous admettrez dans ces conditions qu'il faille désormais considérer que dorénavant plus rien ne me sépare de ce groupe mythique !!! Je sens que je vais faire la une de Libé dans les jours à venir : je le sens !

Mais faut que je vous raconte.

On a chargé le coffre et mis les bouts de St André de l'Eure, où nous créchons, à 14 heures et on est arrivés à Nantes à 19 heures 30... La bagnole débordait de guitares. 400 bornes c'est pas le bout du monde, mais il pleuvait sévère. De l'eau, et de la grêle aussi. Ça n'aide pas à conduire droit. D'ailleurs des types s'étaient ici et là percutés, bloquant l'autoroute.

La traversée de Nantes, si tu ne connais pas, je te la conseille ! Surtout un vendredi soir, jour de match, de week-end et de départ en vacances avec en optique l'idée qu'ils sont en train de construire le tramway... Passer d'un côté de la Loire à l'autre... bonjour la poésie... Bref, on se perd pas mal, ça zigzague sévère, mais on finit par trouver le Conservatoire et lorsque nous déchargeons la bagnole il fait nuit.

On est un peu fatigués mais tout va bien encore..

Le concert c'est pour le lendemain. Il s'agit, si j'ai bien compris, du gala de clôture du Festival Culture, Humour et Chansons, organisé par une assoce indépendante des pouvoirs publics, avec des fonds privés. Ce qu'on appelle ordinairement du mécénat.

On a posé les guitares à l'Auditorium et on a repris la route pour un bistrot que personne au Conservatoire ne connaissait, dans une rue que tout le monde ignorait. On a mis encore une bonne heure pour y parvenir, à ce bistrot. Les copains nous y attendaient. Le temps de saluer tout le monde, comédiens, musiciens, magiciens, organisateurs, le temps de boire un coup avec les enragés du comptoir, on s'est retrouvés à 21 heures 30 et la fatigue commençait à monter. Alors, on est remontés dans la bagnole et on a entrepris de rejoindre le gîte où nous étions attendus pour passer la nuit.

À suivre....


Chanson inédite


Grand'homme

1
Il entre chez lui, la mine défaite
Il est fatigué, il ôte son manteau
Il met ses chaussons, ouvre la gazette
Et sa femme dit en lui tournant le dos

Refrain
Salaud, peigne-cul, lavette
Nez d'bœuf, merdouille, enfoiré
Crétin, connard, girouette
Fumiste, vomissure, dégénéré

2
Il ne répond pas, il monte à l'étage
Dans la salle d'eau il se brosse les dents
Il s'essuie les mains, frotte son visage
Autour de son lit fredonnent ses enfants

Refrain
Escroc, voleur, dégueulasse
Voyou, prévaricateur
Bandit, assassin, rapace
Trafiquant, gibier de potence, imposteur

3
Et c'est chaque jour la même blessure
Le même calvaire, toujours les mêmes maux
Ce serait l'horreur s'il n'avait d'aventure
Pas la chance que tout s'arrange au bureau.

Refrain
Bonjour Monsieur le Ministre
Comment allez-vous céans
Tous les sondages l'indiquent
C'est vous qui serez bientôt le Président

(Reprise des refrains précédents)


Nantes, suite

Quarante bornes... Fastoche. En moins d'une demi-heure ça se torche, 40 km.... Je t'en fiche. Le plan que nous avaient fourni les soiffards du comptoir était particulièrement pipeau.... Une sortie d'autoroute qui n'existe pas... des noms de bleds inconnus des panneaux... des routes pas répertoriées sur les cartes... qu'est-ce que t'aurais fait à ma place ? Ben j'ai fait comme toi mon gars : Je me suis perdu ! Une fois, deux et trois fois. Il pleut de plus en plus fort. On traverse des bleds impossibles sous une lune pâlichonne... un temps de vampire ! Quand on arrive au gîte il est 23 heures 30... Je ne te dis pas l'état de fatigue du groupe ! Bon d'un autre côté, c'est rock and roll, et c'est là que j'ai réalisé qu'entre les Rolling Stones et nous la différence est infime...

Le gîte est magnifique. Une ferme aménagée à côté d'un château en ruine. Si un jour tu passes par Vieillevigne, salue de ma part Odile, la patronne, c'est une femme brave. Sympa, avec un rire un peu sonore, mais adorable. On grimpe dans nos chambres... Heu... là ça déconne... Deux chambres pour cinq... Comme dans l'équipe il y a un couple... ça fait une chambre pour les trois autres... Bon ça n'a rien de catastrophique sauf que je ne fume pas et que mes copains sont des cheminées. Sauf que la chambre mesure 12 mètres carrés. Sauf que les lits font 90 cm, et qu'un lit de camp a été installé au bout des deux autres pour faire le compte Sauf qu'une douche pour cinq... Ambiance...

Devant nos mines défaites Odile réveille ses gamins et nous donne leurs chambres... Les mômes se recouchent illico, pour le plus grand dans un canapé-lit déplié en urgence dans le salon, et le plus jeune cavale en pyjama chez sa grand-mère trois km plus loin...

Quand je vais me coucher, il est une heure trente. Je suis cassé. Nous avons tous le moral dans les godasses. Pour faire les 400 km on a mis presque 10 heures !

À suivre...


Nantes, suite et fin

Le lendemain avec les copains, Gégé, Patrick, Éric, on se pointe à 16 heures à l'Auditorium du Conservatoire et tout le long du trajet je me dis qu'il y a un truc bizarre... et d'un coup ça fait tilt : On est dans une ville énorme, pleine de rues, d'avenues de boutiques, et je n'ai pas vu une seule affiche concernant le Festival... Attention, je ne parle pas de mes affiches, mais de celles destinées à renseigner le malheureux chaland qu'il existe dans sa ville un Festival Humour et Chansons ! Gratuit pour qui veut en profiter... Pas une affiche, même pas une affichette !!! Nulle part. Zéro ! Rien ! T'as bien lu : Rien ! Nib, que dalle, peau de zob ! Un désert d'information. Bien sûr pas une affiche de ma tronche... Pas de bandeau... Pas de tract... Pas un article de presse... Pas une radio ne m'a contacté... Pas une télé ne m'a fait coucou... Bon, je veux bien que l'image d'idiotvisuel que je trimbale n'aide pas les médias à me faire signe, mais là quand même c'est un peu beaucoup... J'en parle aux copains qui n'ont p as l'air plus émus que ça... Enfin je ne sais pas mais ça me titille un peu quand même... Et puis je me dis que c'est peut-être un truc qui fonctionne sur abonnement ?... Tu sais, les trucs culturels parfois c'est bizarre... Bon bref, j'oublie. La répétition me semble plus importante que toutes les divagations.

La salle est sublime. Elle a été ouverte pour accueillir un millier de personnes. On installe les guitares sur la scène. Personnellement j'en ai trois plus un ukulélé. Patrick a deux strats différentes plus la basse. Éric a lui aussi deux guitares, une électro-acoustique, et une électrique pour faire steel, Gégé fait les roseaux (quena, flûte de Pan et d'autres outils à souffler) plus la basse et le charengo. Comme on chante tous aussi... il y a sur cette scène magnifique une forêt de guitares sur stand, des micros sur perche et de câbles multicolores du plus bel effet. On répète. De 16 à 20 heures. Quand on s'arrête, le son est nickel et les lumières jolies tout plein. Tout est en place. Y a plus qu'à ! Faites entrer les fauves : Ouvrez les portes et envoyez le public !

Ils sont tous là ! C'est génial ! Une grande salle comme ça c'est autre chose !... Bon c'est vrai qu'il reste quelques sièges vides. Mais remplir un théâtre de 1.000 places sans AUCUNE PUBLICITÉ... faut quand même le faire !!! On est priés d'applaudir ! Hein ?... Heu... En fait, ce ne sont pas quelques places qui sont vides... c'est tout le théâtre qui est désert.... Trente gus ont fait l'effort de se déplacer. Certains viennent de Rennes qui est tout de même à une heure de bagnole de là. S'ils sont là, et je les en remercie, c'est grâce au Petit Corbinou. Ils ont appris l'existence du concert en me lisant comme vous le faites en ce moment. Sinon ? Ben sinon, comment veux-tu que les autres qui auraient éventuellement pu venir aient fait le déplacement ? Personne ne les avait informés qu'il y avait un spectacle...

Risquaient pas d'être là les foules nantaises !

On a joué. On a joué pendant 95 minutes. Il y a eu les rappels. Les gens chantaient avec nous. C'était magnifique... Un spectacle gratuit devant une salle vide, je te promets qu'il faut être blindé quand les projos s'allument. Quand ils se sont éteints, avec Gégé, Patrick et Éric, on s'est regardés. On pouvait être fiers de nous. On avait bien travaillé. Hyper bien même. Mais 30 pèlerins dans une salle de 1.000 ! Quand même ça fait drôle...

On a plié les guitares.

On a roulé nos câbles. On a repris nos bagnoles et on est rentrés...

On s'est raconté des blagues pour garder le moral tout le long du chemin...

Bon l'histoire pourrait s'arrêter là, mais ce serait trop facile.

La personne qui a organisé ce Festival Nantais l'a fait sans le moindre sou de budget ! Rien !!! Pas un rond en poche. Pas de crédit.

À ce jour, personne n'a été payé... personne ne le sera !

Ni les chanteurs, ni les musiciens, ni les magiciens, ni les techniciens, ni le théâtre, ni les restaurateurs, ni les hôtels... quant aux frais de route, on peut s'asseoir dessus.

Aujourd'hui il y a une trentaine de personnes qui vont bouffer des nouilles pendant un mois en attendant que le trou se résorbe...

Ma mère avait raison : "T'as pas choisi le métier le plus facile mon gars !!! "

Repose en paix maman : Tout va bien !


Albert

C'est un petit bled niché dans la Somme, là où les Anglais se sont fait dégommer salement pendant la Grande Guerre. C'est pas ce qu'on peut appeler un endroit riant mais j'ai vu des choses pires. Il y a notamment là une sorte de tour carrée du plus bel effet dont on se demande sous quel style doit se classer le monument. Comme c'est surmonté d'une vierge, ça doit sans doute être une église ?.... Ça pourrait faire minaret, mais un minaret florentin quoi... Bref.

Je n'étais pas revenu dans cette ville depuis cinq ans et j'étais ravi d'être là. Deux soirs d'affilée. Les réservations avaient bien fonctionné. La presse locale avait joué le jeu. Tout pour être heureux. Le lieu s'intitule l'Escalier du Rire. C'est un établissement tout à fait bien fichu. Au rez-de-chaussée le restaurant, et au premier la salle de spectacles. C'est l'ami Éric Chitcat (c'est son vrai nom) qui préside avec talent à la destinée du lieu.

Vendredi j'entre sur scène. La sono roule. Je fais mon heure et demie et je pars me coucher sous les bravos et les vivats. Youpi ! C'est la gloire. Tout va bien.

Samedi, la salle est encore plus pleine que la veille. Tout le monde ne peut pas entrer. C''est vrai que c'est une petite salle mais tout de même. Ça fait plaisir... Ça change des Ducs de Bretagne...

Voilà quarante minutes que je fais mon job accroché à ma guitare, et d'un coup je me sens transpirer... J'ai un peu de mal à respirer. Mine de rien, comme si c'était prévu, je file à petits pas en coulisses me chercher un siège. Je raconte une singerie pour justifier l'arrivée du meuble et je m'assieds. J'attaque Chronique Sida.... Deux vers... Je m'arrête...

Impossible d'aller plus loin. Je suis en train d'étouffer. Une irrépressible envie de vomir. Les boyaux en tire-bouchon. Je ne peux pas continuer. Un toubib présent dans la salle bondit sur scène, me fait allonger sur le sol. J'ai toute ma tête, je continue à dire des clowneries... mais la sueur est abondante et froide et j'étouffe à tout va ! Surgissent les pompiers. On me prend le pouls, on m'installe un truc bizarre au bout du doigt, on me demande mon nom, (je dirais bien Mireille Mathieu.... Mais je l'ai déjà fait dans une autre vie...) et zou les hommes du feu décident de m'embarquer pour le CHU d'Amiens.

Comme je suis pas mal ensuqué je ne discute même pas. La salle de spectacles a été désertée et le public s'est réfugié dans le restaurant qu'il me faut traverser. Soutenu par les pompiers, je passe en présentant mes excuses au public qui m'offre en contrepartie une salve d'applaudissements qui me fait penser que j'ai bien fait d'interrompre le concert... en continuant de chanter il n'est pas dit que j'aurais obtenu le même succès !


Rendez-vous

MARS

PARIS - La Flèche d'Or
102 bis rue de Bagnolet - 75020 Paris
Dimanche 19 (19 h 15)
Dimanche 26 (17 h 30)

LYON - A Thou Bout de Chant
Rue de Thou - 69001 Lyon
Réservations au 04 72 07 63 81
Mardi 28

FRANCE 2 - Ça se discute
"Stars d'un jour, Stars oubliées: que sont-elles devenues?"

Mercredi 29 mars - 22 h 50
(Enregistrement le 23 mars à 20 h 30 - pour participer : cliquez ici)
AVRIL
T.F.J. - Enregistrement du "Saturday Jacky Show"
Mardi 11

Belgique
Les dates et lieux sont à confirmer. Pour tous renseignements concernant les dates, horaires, prix des places et adresses des lieux, contacter : Piwi

Liège - le 6 ou le 8
Mouscron - le 7
Waterloo - le 14
Wavre - le 15

ROUEN
Vendredi 28 (Lieu à confirmer)
MAI
PARIS - Grand Amphithéâtre de la Sorbonne
avec Marie Cherrier
Mardi 2

SAINT-ANDRÉ-LEZ-LILLE - Maison des Jeunes et de la Culture
23, rue Alsace Lorraine
59350 Saint-André-lez-Lille
Renseignements au 03 20 51 66 67
Vendredi 5 (20 h 30)
JUIN
LYON - A Thou Bout de Chant
Rue de Thou - 69001 Lyon
Réservations au 04 72 07 63 81
Mercredi 14, jeudi 15, vendredi 16 et samedi 17
AOÛT
CONCÈZE (19) - Festival DécOUVRIR
Jeudi 17


Albert 2 (le roi des Belges n'y est pour rien)

Pendant tout le trajet je suis sous assistance respiratoire mais je signe des autographes pour les braves pompiers : "M'sieur Corbier ce serait pour ma maman, vous voulez bien ? Elle s'appelle Jeannine. C'est pour mon p'tit frère, on vous regardait quand on était mioches. Ah ! Ben quand je vais dire ça à ma femme, elle voudra jamais m'croire ! Et qu'est-c'que vous faites maint'nant m'sieur Corbier ?" Moi ? Ben je signe des autographes dans les ambulances ! C'est mon nouveau job !

Au CHU, les pompiers s'esbignent et je suis pris en main par les infirmières de garde. Elles sont jolies et sympas. Elles m'installent dans une petite piaule et trois minutes plus tard : "Excusez-moi m'sieur, mais c'est pas vous qui étiez à la télé ? Ben si, c'est moi ! Et Dorothée alors, qu'est ce qu'elle devient ?..." Et me voilà reparti à signer les bouts de papelards.... Comme il y a un ordi à l'accueil, elles sont allées sur Google et elles ont trouvé une photo de moi avec une guitare électrique.... "C'est pour ma sœur elle vous adorait ! Pour Nénette, c'est possible m'sieur Corbier ? Ah ! Ben ! C'est rigolo de vous voir ici. J'aurais jamais pensé vous voir comme ça !...." Moi non plus ! L'image est déformée... pâlotte, mal en point... Comme moi quoi !

Et je signe et je signe et je signe ! Pour Nénette, pour Gérard, pour Claudine... pour Norbert et Fatima, pour Alain et Biba ... J'en ai marre... J'ai l'impression que je vais tomber dans les pommes. Enfin, on vient me pomper un peu de sang et quelques minutes plus tard, je glissse sous un scanner ! " C'est pour vos poumons m'sieur Corbier ! " Allons bon ! Je sors du scanner et un infirmier vient me demander des nouvelles de Jacky. "Je l'aimais bien celui-là ! J'ai appris, y a pas longtemps qu'il était anglais ? Qu'est c'qu'y d'vient maint'nant ? " Ah ! Voilà un truc qui me fait plaisir ! Jacky anglais ! Pour un peu je pourrais rentrer chez moi. Je me sens déjà beaucoup mieux ! Jacky anglais !!! Température, numération globulaire, pouls, tension. Tout va bien. Il est déjà plus d'une heure du matin. Je me dis qu'il vont me renvoyer dans mes foyers, quand tout à coup il y a un type qui dit : "Faudrait lui faire un scanner du cerveau !" Bon v'là aut' choz !!! Et vas-y pour le scanner numéro deux. J'ai le d roit à une piqûre qui me chauffe les oreilles. Et hop dans le tunnel ! C'est rapide les scanners. C'est pas douloureux du tout. Ça ne chatouille même pas ! Ça dure cinq minutes.

"On n'a rien trouvé m'sieur Corbier".

Quand le toubib me dit ça, sur le coup je m'étonne un peu... Je sais bien que je ne suis pas Einstein mais de là à ne pas me trouver le cerveau, il y a un monde. En fait il voulait me signaler que j'ai le cerveau en parfait état. Sympa non ? Ça va en faire chier plus d'un, ça je le sens ! " Tu sais quoi ? Non ! Corbier a un cerveau normal ! Ho ? Arrête, tu déconnes !!!"

Quand la Faculté décide de se passer de moi comme cobaye, il est 4 heures du matin, j'ai signé une centaine d'autographes (si j'avais eu des CD j'en aurais certainement vendu...) et je suis complètement cassé.

On me trouve une chambre seul (c'est chouette d'être une célébrité...), je m'endors comme un plomb.

À six heures du matin, au changement de personnel, j'ai le droit à une nouvelle salve d'autographes... Deux heures plus tard on me réveille pour me dire que je peux encore dormir.... Un quart d'heure après on me demande si je veux un croissant avec un café ?.... Je me rendors tant bien que mal et sur le coup de midi moins dix un toubib vient me voir.

Il me dit : "Monsieur, j'ai étudié votre dossier, vous avez fait un malaise vagal, ce n'est absolument pas dangereux. Au vu de vos examens sanguins, des scanners, je suis en mesure de vous annoncer que vous êtes en parfaite santé. Félicitations. Vous pouvez quitter l'hôpital dès à présent."

Il me serre la paluche et fiche le camp. Il réapparaît deux minutes plus tard alors que j'oriente, la tête dans le fion, mes pinceaux vers la douche, et me dit : "Dites m'sieur, il paraît que vous faites de la télé ? Ça vous ennuierait de me faire un autographe pour ma fille ? Elle doit vous connaître, elle ne décolle pas du poste toute la journée ! Elle a neuf ans ! Heu... C'est comment déjà votre nom d'artiste ?..." Neuf ans ! Exactement le nombre d'années depuis lequel j'ai quitté la téloche...

J'ai signé. Je me suis lavé. Je me suis rhabillé. J'ai mis les bouts...

Je suis en pleine forme !

Albert, compte sur moi, je vais revenir ! J'en fais la promesse à celles et ceux qui m'ont loupé. Mais quelle aventure...



Au-revoir

Et voilà, mes belles chéries, mes tendres amoureuses, un Petit Corbinou qui s'achève. Si vous le trouvez trop court, je vous conseille de le relire à l'envers. C'est beaucoup plus difficile et donc beaucoup plus lent. Vous en profiterez d'autant plus.

N'oubliez pas que désormais vous pouvez trouver mes CD à la Fnac, chez Virgin, chez Leclerc, vous pouvez aussi les télécharger sur les sites web de ces braves gens, et toujours sur mon site.

Rendez-vous le mois prochain pour de nouvelles aventures.

Bisous aux filles.

Une grande claque virile dans le dos des gars !

Corbinou


www.francoiscorbier.com

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