Si vous ne parvenez pas à lire le Petit Corbinou, cliquez ici

SOMMAIRE

Éditorial
Logique
Rendez-vous
Foot
Utile
Stop aux tiges
Flash
On the road again – Vendredi
Conférence
Samedi
Hôpital
Dimanche
Fin des privilèges
La chanson inédite
Épilogue
Épilogue

 


Éditorial

Pendant trois jours j’ai été submergé de mails provenant de Belgique où l’émission de Delarue est à nouveau passée. C’était assez rigolo parce que pour beaucoup de personnes c’était la première fois qu’elles me revoyaient... Comme voici un an, ces personnes m’ont dit qu’elles m’aiment et que je n’étais pas un con comme je l’avais laissé entendre dans l’émission... Merci amis belges ! Je vous aime.
Il s’est aussi produit un truc incroyable, Jacky, mon ancien collègue et ami du Club Dorothée a fait une déclaration sur le site Yahoo à propos de Pas de Pitié Pour les Croissants... Il aurait dit en substance que cette série télévisée dans laquelle nous avons ensemble fait les andouilles pour le compte d’AB Prod, allait faire l’objet d’un remake pour le grand écran, et qu’on nous y retrouverait tous, « Corbier aussi »...
Bon, alors, je le connais mon Jacky, il a dû se mélanger les pinceaux, ou alors, il aura répété, de bonne foi, ce qu’on lui aura dit, mais je veux ici dire que jamais personne ne m’a contacté pour jouer dans ce film, dont j’ignore tout, et que si par hasard quelqu’un venait à le faire, ma réponse serait négative.
Je n’ai pas l’intention de me glisser à nouveau dans les habits que m’avaient à l’époque prêtés AB : il se pourrait que le costume avec le temps se soit un peu élimé, et qu’après dix années de placard, il sente un peu fort la naphtaline.

Et voici, mes amours, le Petit Corbinou.
Bonne lecture.



Logique

Un tribunal vient de condamner, à des peines allant du sursis à six mois de prison ferme, des couples qui avaient acheté des enfants, en rappelant que le trafic d'êtres humains est strictement interdit.

Moralité : Les footballeurs ne sont pas des êtres humains.

On s'en doutait bien un peu, mais cette fois il n'y a plus de doute possible.

Rendez-Vous
FÉVRIER
le 17
Saint-André de l'Eure (27)
Salle du Clos Mulot
20 h 30

le 18
en direct sur Radio Enghien à minuit
MARS
le 6
Paris - La Sorbonne
Présentation d’un futur album collectif de poèmes mis en musique auquel je participe.

le 17
Concert au Pub A.D.K - Roissy en Brie (77)
Le Pub – Ferme d’Ayau
77 680 Roissy-en-Brie
Tél – 01 64 40 57 84 – Antoine
www.adkprod.com

le 19
Le Tramway de Lyon - Paris XII
Soirée "Humour et Chanson"
avec Corbier,Pierre Douglas et Thierry Rocher
6, rue Michel Chasles, 75012 Paris
(métro Gare de Lyon)
Tel. 01 43 46 80 38
spectacle seul: 14 €,
Spectacle + 1 conso : 19 € 80
spectacle + dîner 28 € 90
à partir de 19h30

le 23 et le 24
Concert à la Cafet’Yères - 76260 Cuverville-sur-Yères
7 Place René Delorière
Renseignements : 02 35 50 29 58
AVRIL
Tournée en Belgique - Dates et lieux à confirmer

le 20
Maison des Jeunes de Wavre (Belgique)
79 Avenue des Déportés
1300 Wavre
6 euros en prévente
10 euros sur place
Renseignements : 010/22 86 87
www.vitaminez.be
20 h 30

le 21
Arlon (Belgique)
Renseignements à venir
MAI
le 12
Le FESTY ZAZA - 61140 La Chapelle d'Andaine
Concert avec musiciens
Plateau partagé avec Didier Super
Salle Roland Fléchard
Route d'Alençon-Domfront
61140 La Chapelle d'Andaine

le 26
ÇA JAZZ A LUX 2 - 71100 - Lux
Concert avec Musiciens
Contact : Association Musicaravane
39 Rue Victor Hugo
71100 - Lux

03 85 93 55 68
06 76 79 12 34
al.an@infonie.fr

Foot


Grosse émotion en Italie à la suite de la mort d'un policier abattu par des tifosi...
Quelques semaines auparavant en France un policier s'était vu contraint de tirer sur un supporter qui en voulait à sa vie...

Pas une semaine sans que des arbitres, juges de touche, joueurs, supporters ne se fassent agresser ou ne se foutent sur la gueule !

Il est temps de prendre des décisions sérieuses afin d'éradiquer cette violence qui n'a plus rien de larvé. Le foot est devenu synonyme de violence, sottise, racisme, fascisme, et démêler le sport de la connerie est devenu impossible.
Existe-t-il une solution ? OUI ! Et les gouvernements seraient bien avisés de l'appliquer :

Distribuez de toute urgence des clopes : aux joueurs, aux supporters, aux instances dirigeantes de la planète foot ! Le cancer, qui a déjà ruiné et fait la razzia chez quantité de personnes raisonnables, intelligentes, artistes, professeurs, philosophes, saura à n'en pas douter nous débarrasser de cette engeance.


Utile


La marque américaine de sous-vêtements, Under-Tec, vient de mettre au point un slip dont on n'a pas fini d'entendre parler ! Il s'agit d'un calbute muni d'un filtre multicouche en laine de verre, charbon actif et feutre.

Fermé par des élastiques à la taille et aux cuisses, ce slip novateur vous permettra de péter à votre guise sans avoir à distribuer des pinces à linge aux personnes qui vous accompagnent.

Ce slip qui supprime définitivement les odeurs de flatulences nauséeuses, vous sera prochainement proposé en échange d'une vingtaine d'euros.

Rien n'ayant été prévu contre le bruit, je vous conseille néanmoins de continuer à offrir à vos collègues et amis des boules Quiès.



Stop aux tiges

L'ami et poète Michel Thion dont je salue la sœur m'a fait parvenir le message qui suit. Je n'ai pas pu résister à l'envie de vous en faire profiter.
Merci Michel.

Arrêtez de fumer !
Vivez longtemps !

Profitez pleinement de la pollution et des gaz d’échappement, encouragés par le commerce triomphant, des mille pesticides aux effets inconnus, répandus à profusion sur vos aliments, autorisés et protégés par loi, de la radioactivité croissante, tellement bénéfique qu’elle empêche les patates de germer sauvagement !

Cultivez en paix vos mélanomes en bronzant sous le trou de la couche d’ozone !

Bousillez-vous les reins et le foie en vous gavant ad vitam aeternam d’OGM multinationaux, protégés par l’État qui étouffe en douceur les études qui le prouvent !

Jouissez tranquillement des 500 € mensuels de votre retraite, généreusement octroyés par de pauvres décideurs qui en gagnent 10 000 ... !

Savourez les brisures de riz du magasin à bas coût qui sont, de toute façon, tout ce que vous pouvez vous offrir à manger !

Réjouissez-vous de voir vos enfants sucer goulûment les écailles sucrées de peinture au plomb de votre vieil appartement !

Perdez votre vie à la gagner !

Tuez-vous au travail !

Vivez vos vieux jours avec, en guise de vie sociale, une asbestose épanouie, une silicose joyeuse, un Alzheimer heureux !

Remerciez-en notre bon gouvernement qui prend soin de votre santé !

Michel Thion



Flash

Lâché par ses frères
Trahi par son père
Le Christ (e) sur la croix
N'a pas baissé les bras.


On the road again - Vendredi

Quel week-end...
On est vendredi matin.
J ‘ai mis le réveil à 9 heures. Je suis debout. J’ai pris mon petit-déjeuner. Il fait beau. On frappe à la porte. C’est Patrick Balbin, mon pote bassiste guitariste, qui vient pour charger la bagnole. On a décidé de faire la route ensemble. Direction Charnay-les-Mâcon. Cinq cents bornes d’asphalte à manger. La dernière fois que j’ai voulu passer par là c’était deux semaines auparavant. La neige était tellement tombée que je m’étais retrouvé coincé sur l’autoroute et qu’il m’avait fallu surfer trois jours entre les camions pour arriver aux sports d’hiver où il n’y avait pas un pet de neige ! Serre-Chevalier. J’y avais fait un concert tout à fait sympathique, mais j’étais encore sous médicaments... Bronchite qui n’en finit pas. Quelle chiotte. En rentrant chez moi j’étais allé chez le toubib. Antibiotiques. Je ne sais combien de cachets je me suis goinfré en un mois, mais le rhume a du mal à se séparer de mon pif. J’ai la gorge en feu et les poumons qui sifflent.
Par chance, j’arrive tout de même à chanter, mais pas sans difficulté comme tu dois bien le penser. Serre-Chevalier, pour tout dire j’ai adoré. Il faisait vachement beau et le copain qui gère la station est un bonhomme épatant. Si vous passez par là, saluez-le pour moi. Il s’appelle Pascal Chaix, et il est toujours à l’heure... (Calembour à l’usage des vieux). Bref, j’avais mis trois jours pour arriver là–haut, et au moment de reprendre l’autoroute pour Charnay, forcément j’y repense.

À Charnay, j’ai des amis. Ghislaine et François. Profs tous les deux. Chaque fois que c’est possible, je dors chez eux. Ils sont gentils, rigolos et amoureux de la chanson et des guitares. C’est François qui a trouvé le nom de ma maison de disques : « La voix de Cent Mètres »... Difficile de faire mieux. Cette fois, ce ne sera pas moi qui dormirai chez eux, mais Éric Gombart. (Le guitariste du trio).
La bagnole est chargée : Les guitares, la basse, le charengo, l’ukulélé, les flûtes de Gégé Geoffroy, les stands pour les grattes, les costumes et les trousses de toilette. Tout est rentré. Tout est en ordre. On décolle.
Devant chez Gégé, qui vit à 300 mètres de chez moi, je m’arrête. Il monte. Il dort encore un peu... Gégé n’est pas du matin. Souvent à cette heure-ci, c’est le moment où il s’endort pour de bon... Allez, cette fois l’aventure peut commencer.

La bagnole est confortable. C’est ma nouvelle Honda. Le 4x4 que je traînais depuis l’époque du Club Dorothée a rendu l’âme il y a deux mois... Nous roulons bien. Deux heures pour atteindre le péage autoroutier de Fontainebleau. Pas de tension. On se raconte des conneries de musiciens. On chantouille. Comme il n’y a pas de filles, c’est un peu ambiance caserne... Ça rajeunit... Au péage, on s’est donné rendez-vous avec Éric Gombart, le guitariste. Nous sommes les premiers sur place. Cinq minutes plus tard le voilà. En forme et tout sourire comme d’hab. Gégé quitte ma voiture. Il fait la route avec Éric. Le soleil nous guide. Les deux voitures se suivent. Nous roulons tranquilles et heureux. Arrêt pipi une centaine de km plus loin. Déjeuner rapide. Il est seize heures lorsque nous quittons l’autoroute. Charnay-les-Mâcon, tiens-toi bien : Nous voilà !

Mon copain François nous attend à la sortie de l’autoroute et nous conduit à la salle de concert où nous attend un cadreur de M6. Le type est sympa. La répé, le repas, le concert... Il va tout filmer. Pas le moment de dire une connerie... Tout sera dans la boîte... Ensuite, je ne sais pas ce qu’il en restera à l’antenne, ni même si ça passera, mais en tout cas, le garçon filme. Il le fait avec conscience, et intelligence. Au bout de dix minutes nous avons complètement oublié sa présence.
La répé se passe très bien. Les jeunes gens qui font la lumière et le son sont compétents et polis. Lorsque nous quittons le plateau, il est 19 heures. Nous avalons un encas avec les organisateurs. Bien évidemment on se raconte à nouveau des sottises et c’est l’heure du concert.

Peu de monde hélas, mais quel public généreux et agréable ! Une heure quarante-cinq de concert. Tout le monde est debout à l’issue de la représentation. Je vends des disques et des ticheurtes. Un jour, je serai riche ! On range le matos. Les grattes, les câbles. Je fais des bises, je signe des autographes. Encore une petite bouffe avec les organisateurs, le cadreur, un journaliste, Ghislaine et François qui ont bien sûr assisté au spectacle et sont restés. D’autres amis, des toubibs, sont venus aussi. C’est chez eux que j’irai dormir tout à l’heure.
On partage le repas, le vin, le saucisson. Il y a dans l’air de l’amitié et du bonheur. Ça sent l’amour et le terroir. Je me sens chez moi. Quel dommage que le public ait oublié de venir...
Il est minuit et demi. Tout le monde s’embrasse. On se promet de se revoir vite. Il pleut. C’est l’heure de se séparer. Gégé et Balbin partent à l’hôtel. Éric chez François. Fricassée de museaux. À plus. Bagnoles. Pluie. Dodo pour moi chez mes amis à Romanèche-Thorins. On ne traîne pas. Tout le monde est fatigué. Moi le premier. À peine arrivé, je retire mes grolles et je m’endors en suçant mon pouce !


Conférence

Amis toubibs, je le dis sans façon
Je parlerai des matières fécales
Ma conférence sur la constipation
Sera suivie par un pot amical

Samedi

Romanèche, c’est là que j’ai enregistré l’album "Toi ma Guitare et moi". Épuisé. Heu... : l’album ! Moi, ça va... Je suis bien reposé. J’ai peu dormi parce que changer de literie m’épuise, mais j’étais bien. Un grand lit chez des amis épatants, que réclamer de plus ? Au petit-déjeuner, j’ai deux bouteilles de Moulin à Vent qui m’attendent. Merci Viviane, merci Patrick. Quel bonheur de vous avoir pour amis !
Il pleut. Je pars chercher mes zouaves musicos à l’hôtel. Je me trompe de route... Sans doute attiré par les villages aux noms gouleyants, je zigzague, je vais, je viens, je vire. Dois-je passer par Brouilly ? Par Chenas ?Morgon me fait de l’œil et Chirouble m’attire ! Ah ! Qu’il est difficile de rejoindre Mâcon quand tout ici chante à mon palais ! J’arrive enfin. Je règle l’hôtel des copains. Nous embarquons.

La route à nouveau. Cette fois nous rentrons.
Avant de quitter la région nous sommes passés par une cave... Être dans le coin où fleurit le Saint-Amour et le Moulin à Vent sans faire d’emplettes, ce serait une faute de goût que je ne me serais pas pardonnée !
Encore 500 km. Cette fois, il fait moche. Mais moche de chez Moche ! Il pleut. Il pleut, et pas une bergère, pas un mouton à l’horizon ! Nous avons levé l’ancre vers midi. Il est dix-huit heures à mon bled quand nous arrivons. La route a été longue, la nuit courte. La fatigue s’est accumulée. J’ai les reins en capilotade. Bye Gégé, Bye Patrick. On décharge le coffre. « Tiens ça c’est à toi ? » « Qu’est ce que c’est ? » « Ben on dirait bien une basse... » « Ah ben oui, t’as raison, c’est à moi »...

Chez moi, mon pote Léandri de Fluide Glacial est là. Il a prévu de nous emmener au restaurant avec mon épouse. On se prend un apéro. Deux. D’un coup, je sens la fatigue m’envahir. Et paf, il y a longtemps que ça ne m’était pas arrivé. Ça manquait : Une migraine ophtalmique. Je vois mon champ visuel rétrécir et des étoiles s’allumer devant mes yeux. Par chance, pas de douleurs atroces comme parfois. Une demi-heure plus tard ce n’est plus qu’un mauvais souvenir et nous voilà en bagnole partis au restaurant. Le resto, je le connais : c’est là que nous avions tourné un roman-photo l’été dernier. Il y avait Gotlib, Willy mon gamin, même la secrétaire acariâtre était de la partie. Les patrons du restaurant sont adorables et la bouffe copieuse, de bon aloi. C’est un plaisir de retourner chez eux. Je me prends une truite aux amandes. Hum... Un régal. Deux bouteilles de rouge à quatre. Il n’y a que cinq kilomètres à faire pour rentrer. Il pleut toujours.
À la maison on se fait encore une visite caviste.... J’ai bien fait de faire le plein à Charnay... Je sens que le cubi va y passer. Quand je vais me coucher, il est une heure du matin. Je ne tiens plus debout. J’entre dans la chambre. Je me glisse sous les draps. Vingt-trois secondes plus tard je ronfle comme un sonneur !


Hôpital

À l'hôpital pour les populations
Qui arrivent en fin de vie
Nous avons un appareil de réanimation
Du dernier cri


Dimanche

Je me suis levé, en même temps que mon réveil. 10 heures . Les Léandri qui sont encore là, on se dit quelques conneries comme d'habitude... et le petit-déjeuner pris puis la toilette faite (si, si, ça m'arrive) il est déjà onze heures. Je programme le GPS et me voilà reparti. Il est quelque chose comme 11 heures 30. La route pour aller où je suis attendu pour faire cette radio se fait sans douleur. J’ai accepté d’aller là-bas à cause du nom du village : Villers-St-Sépulcre... Rien que de l’écrire, j’en rigole encore. Cent cinquante bornes tout de même pour le plaisir de pouvoir dire : « j’y suis allé ! ». Il brouillasse. Pas trop de bagnoles et, par chance, je ne dors presque pas... Quand j'arrive dans le village, je constate non sans surprise qu'il n'y a pas de restaurant aux alentours. Bien que très en avance pour l'émission, je décide d'aller sonner à la porte du studio.

Par chance, il y a quelqu'un... Par malchance, c'est un mou... Pour descendre un étage, le quelqu'un met pas loin de dix minutes. Il y a du soleil d'accord, mais on est tout de même en février, et je n'ai pas pris de manteau.... Je commence à me peler sévère lorsque le gugusse fait son apparition : " Excusez-moi je ne savais pas que vous alliez venir si tôt et je..." "Pas de problème", que je lui dis, "je voudrais l'adresse d'un restaurant dans le coin.." "Hou là " qu'il me fait... "Un restaurant ?" "Ben oui, que j'dis, vous savez, un truc pour manger. Miam." "Oh bah, c'est que par ici y en a pas.... mais entrez donc, je vais vous faire visiter le studio..." Je sens la moutarde qui me monte au nez. Je viens de me faire une heure trente de bagnole et je suis tombé sur le neuneu de service... "Mais je m'en fiche du studio mon garçon, j'ai besoin de savoir où je peux manger, restaurant, clap-clap, glou-glou, miam-miam "....Je sens que je lui ai fait de la peine à ce garçon....
Il me dit : "Faut quitter le village, et aller à la ville d’à côté... Le dimanche tout est fermé par chez nous, mais sans doute que là-bas vous pourrez trouver ça ..." Il me donne le nom de la "ville" et j'y vais. La ville a trois restaurants à côté de la mairie. J'entre dans le premier. C'est une sorte de pizzeria. Il est une heure vingt maintenant et je suis attendu à deux heures moins le quart pour parler dans le micro. Je demande s'il n'est pas trop tard pour déjeuner. On me répond que non. Je m'installe. Trois minutes plus tard j'ai la carte en main, je me commande un plat de nouilles... et trois autres minutes encore plus tard, le patron vient me voir et me dit : " Excusez-moi vous n’êtes pas un chanteur ?" Ben si que je lui dis. Il a la banane ! Il est heureux le cher homme. Toute son existence vient de basculer dans le bonheur : Un chanteur est venu chez lui ! Comme quoi il ne faut souvent pas grand-chose pour faire plaisir.
Bon, le repas est fini, on m'apporte l'addition. Le patron qui était si content tout à l'heure n'a pas poussé le bonheur jusqu'à m'offrir le café, mais bon... Je remonte dans la voiture. Retour au bled d'à côté pour la radio.

Ce sont trois jeunes, sympas comme tout. Ils vont me cuisiner pendant deux heures. Ils ont tout bien lu sur le site. Ils me connaissent par coeur. Les chansons, ma vie, ma famille. Bravo les enfants, vous avez bien travaillé !

À seize heures trente, je remonte dans la bagnole direction Charenton-le-Pont... Je dois aller récupérer une guitare, un sac et la boîte de disques qu’Éric a embarqués après le concert de Charnay pour soulager mon coffre. J’ai confiance pour retrouver mon chemin car j’ai le GPS... Hélas ce fichu bestiau refuse d'entendre raison. Il ne veut pas m’indiquer par où passer pour arriver avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny ! Il ne connaît pas ! Alors je quitte le bled et la radio à l'aveuglette, sans carte, sans boussole, et comme je ne sais pas dans quel sens aller pour rejoindre Paris, je guette les rares passants avec l’espoir de leur demander la direction.... Mais on est dimanche.... Non seulement il n’y a pas de restaurant, mais il n’y a pas non plus de passants. Villers-St-Sépulcre, c’est le trou du cul du monde ! Je sens l'angoisse monter.... Et si je me perdais là ! Qu'on ne me retrouve que dans six mois, voire un an !
Maigre, sale, affamé, me nourrissant de racines et de fourmis (j'ai vu des documentaires sur les chimpanzés) rouges !... Je roule, je roule, je roule et d'un coup : Oh !... Le stade de France ! Me voilà en terra cognita ! Hé hé hé.... Je rejoins le périph'. Celui-ci me conduit à Charenton. Je tourne un peu, mais l’avenue du Maréchal est facile à trouver. Je récupère mon bien. On s’embrasse. Je repars. Voilà 18 heures qui sonnent au beffroi de mon bracelet-montre. Je décide d'aller dîner dans Paris. Me voilà dans un parking à St-Germain-des-Prés. La librairie La Hune est encore ouverte. J’y achète deux bouquins de Camus... L’Étranger, et La Peste. Depuis le temps que je me promets de les lire...
Allez, un petit restau. En fait il s'agit du plus vieux bistrot de Paris : Le Procope. Là, Voltaire venait siroter, Diderot, Lamartine, Corbier ! Je suis très fier d'être là. La fierté a un prix : 30 euros un coup de pinard et un steak tartare. Là aussi j'ai été reconnu.
Le maître d'hôtel, d'ailleurs, me l'a dit : " Alors m'sieur Corbier vous avez bien mangé ?" "Ben non" que j'dis pour rigoler : " J'ai tout vomi sur la table !" .... "Comme d'habitude" qu'il ajoute le pingouin... Et je retrouve ma bagnole dans le parking. Là aussi, la quiétude a un prix... Trois heures de stationnement : neuf euros !.... C'est sûr qu'à ce tarif, il n'y aura bientôt plus une voiture dans Paris.... sauf celles des riches... bien évidemment.

Et je me refais la route jusque chez moi. Une heure.

Je suis franchement flagada en arrivant, vu qu'il a plu tout le long du chemin et que j'avais l'angoisse de refaire une migraine ophtalmique.

Je me pose dans le canapé. J’attrape la télécommande. Il y a des infos. Madame Chirac dit qu’elle a été très émue d’apprendre que son mari l’aimait... Il lui a fait sa déclaration chez Drucker devant dix millions de téléspectateurs... S’il avait attendu un peu il aurait pu le faire le jour de la St Valentin... Il se serait épargné une redite. Je vais me pieuter ! Mon week-end ordinaire est terminé.


Fin des privilèges.

Sans relations et sans piston
Seul et sans faire de remous
Le fossoyeur de mon canton
A réussi à faire son trou


La chanson inédite


LA VIEILLE EN NOIR
(texte de 1972 environ ...)

C'est en culotte courte que j'allais chez la voisine
Vieille dame en noir qui m'asseyait sur ses genoux
Et qui me fredonnait « La Paloma » et « Nuit de Chine »
Entre deux gâteaux secs un cidre doux
Chez elle ça sentait les confitures et le linge
Dans son armoire sous les piles de draps en secret
Séchait de la lavande et parfois je faisais le singe
Pour qu'en cachette de tous elle m'en offre un bouquet

Le dimanche souvent j'allais voir au Jardin des Plantes
Avec ma vieille en noir qui me retenait par le bras
Les lions faire des huit au fond de leurs cages géantes
Et l'on tremblait ensemble : elle plus que moi
Croquant de la réglisse on rentrait par les bords de Seine
Les piétons y avaient le droit de cité en ce temps
Le chemin était long une heure y suffisait à peine
Et tout au fond de moi je le souhaitais encore plus lent

Le jour de mes dix ans elle m'offrit une bicyclette
Cadeau dont je rêvais mais avant qu'elle me le donnât
Je dus faire serment et sur mon cœur et sur ma tête
De toujours m'arrêter pour les chats
Puis j'ai gagné le droit d'aller faire l'andouille militaire
Paraît que la patrie avait besoin de mon talent
Quand j'en suis revenu ma vieille était six pieds sous terre
Et j'ai su que la France m'avait fait perdre mon temps

C'est en culotte courte que j'allais chez la voisine
Vieille dame en noir qui m'asseyait sur ses genoux
Et qui me fredonnait la Paloma et Nuit de Chine
J’ai gardé sur ma lèvre le goût de son cidre doux.


Épilogue

Ma jolie Valentine j’aime
La couleur de tes baisers
Il se pourrait qu’un jour me prenne
L’idée de me les faire tatouer.

Bises aux filles et une grande claque virile dans le dos des copains.
Corbinou.


www.francoiscorbier.com

Si vous ne souhaitez plus recevoir le Petit Corbinou cliquez-ici