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Lorsque vous recevrez ce dixième numéro, sans doute quelques avions se seront-ils écrasés sur notre vieille planète, en lui infligeant de nouvelles rides. Des trains auront déraillé broyant les os de centaines de passagers, du poison aura été déversé dans nos rivières, des tours se seront écroulées, des cyclones auront dévasté l'Amérique, des marées noires auront contaminé nos plages, des enfants auront été violés et des vieillards seront morts étouffés par des radiateurs mal réglés qui leur auront sauté au cou pour leur souhaiter une bonne Saint Valentin.
N'allez pas vous imaginer que je sois d'un pessimisme noir, c'est seulement que le 15 Février est une date qui attire les emmerdes. Et ce n'est pas récent. Bien sûr, vous n'y croyez pas. Pourtant, déjà, dès la plus haute antiquité, à Rome, longtemps avant notre seigneur Jésus, les Lupercales, vêtus de peaux de bêtes, couraient autour du Palatin en fouettant les femmes qu'ils croisaient. Ce n'est pas une preuve direz-vous, et puis, frapper une femme, ce n'est pas tout à fait faire le mal ! Bon, d'accord, l'exemple a peut-être été mal choisi. Il n'empêche. Que croyez-vous qu'il advint le quinze février de l'année mil cinq cent deux ? Amérigo Vespucci, celui-là même qui allait léguer son nom à l'Amérique, Monsieur Vespucci, découvrit le Rio de la Plata... Et alors dites-vous ? Pas de catastrophe là-dedans ? Pauvres enfants ! Mais c'est de ce fichu Rio de la Plata que partiront, les années suivantes, quantité d'explorations qui menèrent à la quasi extinction des Indiens ! Cette date est maudite vous dis-je. Tiens ! Le 15/2/1665. C'est la première de Dom Juan de Molière. Aussitôt interdite. Dites 15 Février vous allez voir comme ça va vous tomber sur la gueule.
En 1794, la Révolution tente de briser le sort en rebaptisant le calendrier. Je t'en fous, le 27 Pluviôse an II, la Convention Nationale adopte le drapeau bleu-blanc-rouge au nom duquel Bonaparte massacrera des millions d'innocents. En 1894, un attentat anarchiste provoque la mort du porteur de la bombe. (Cette histoire, rapportée par Joseph Conrad dans "L'Agent Secret" est attribuée à Steevie...Un arriéré mental... déjà !) Quatre ans plus tard, le navire nord-américain "Maine" explose dans la rade de la Havane... À partir de là, tout se précipite. En 1913, c'est la naissance de Willebord Vandersteen, créateur de Bob et Bobette. En 1996, Eltsine annonce sa candidature à l'élection présidentielle... et en 2003, c'est le dernier lancement d'Ariane 4. Aujourd'hui, c'est le 10ème numéro du Petit Corbinou. Je vous en demande humblement pardon.
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Province
- Le Jeudi 4 Mars
chez Jean-Louis à Annecy. Tél : 04 50 51 03 66
- Le Vendredi 5 Mars
chez Petrus à Charnay-lès-Mâcon Tél : 03 85 34 15 84
- Le Mardi 9 Mars
à Villeurbanne (spectacle privé dans une grande école)
Paris
- Le Mercredi 10 Mars
débat sur la poésie et la chanson à la Sorbonne.
- Le Dimanche 21 Mars
retour au Caveau de la Bolée (pour fêter le Printemps !)
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Moi, quand je rentre à la maison, faut qu'on me foute la paix. Les journées sont longues, pour ne pas dire épuisantes, et faut pas venir me les briser avec des conneries ! Seulement avec elle, c'est chaque fois la même chose. Elle n'est jamais contente. Qu'est-ce que je lui demande, moi ? Que le ménage soit fait, que la bouffe soit chaude et qu'elle ouvre les cuisses quand je lui demande ! C'est quand même pas compliqué ! Pas besoin d'avoir fait l'ENA pour ça, merde ! Mais non, faut qu'elle la ramène avec ses insinuations et ses questions à la con !
- C'est à cette heure-ci que tu rentres ? Qu'est ce que tu as encore fichu pendant toute la journée ? Le bistrot ? Hein ? T'as encore traîné avec tes salopes au lieu d'aller chercher du boulot ? Fainéant ! Tu pues la bière ! Regarde-toi ! T'aurais pu fermer ta braguette ! Dégueulasse ! Espèce de porc ! Tu sais, tout ça n'a qu'un temps ! Un jour tu rentreras et je serais partie...
Les conneries habituelles. J'aurais sans doute fermé ma gueule une fois de plus, surtout que le film allait commencer. Mais là, elle m'a énervé ! D'habitude, je suis pas un méchant, mais, là quand même, elle avait dépassé les bornes. Me traiter de fainéant alors que ça fait seize ans que je cherche du boulot ! C'est quand même pas de ma faute si y a plus de patron pour des gars comme moi ! Moi, je le connais mon métier ! Je l'ai eu mon CAP de bâtisseur de cathédrales, ce n'est pas n'importe quoi ! Qu'est ce que j'y peux, moi, si y a pas de boulot en ce moment ! Ça va revenir. Un jour, les gens, y z-auront besoin de cathédrales. Suffit d'être patient. Quoi merde ! C'est pas trop demander non ?
Quand je rentre, j'ai besoin de calme, et l'autre, là, qui m'engueule... Alors, je me suis levé et je lui ai balancé mon poing tout droit dans les narines ! Je reconnais, j'aurais pas dû, mais quand même, là, j'avais pas tous les torts ! Merde ! Me faire chier comme ça ! Ce n'est pas humain ! Le jour de la Saint Valentin en plus ! La fête des amoureux...
Sa tarte elle la voulait ! J'y ai donné !
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Mes disques sont toujours au même tarif, pour un album :
11 € frais de port inclus. Et 21 € les deux.
Contact à la Cie de la Ruelle, 3 ruelle des Pierres, 77 220 Presles-en-Brie.
Pour la Suisse et la Belgique, ajouter un €
Pour les USA, le Japon, l'Australie, ajouter 3 €
Pour l'Etat indépendant du Fernand Raynaud, ajouter 22 Asnières.
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Chers amis lecteurs et admirateurs du Petit Corbinou.
C'est proprement devenu insupportable. On ne peut plus emprunter une route sans y être agressé par la publicité. Aujourd'hui, c'est la politique la plus basse qui s'en mêle. Si vous êtes de mon avis, recopiez le texte ci-dessous, et faites-le parvenir à Monsieur le Premier Ministre, Place Beauvau. Paris. Merci. La France vous en sera éternellement reconnaissante.
Monsieur le Premier Ministre. (1)
C'est en roulant sur l'autoroute A 14, sans doute la plus chère du monde, que j'ai pu lire sur un panneau indicateur le texte suivant : Pour Charles De Gaulle, suivre St Denis... je trouve qu'à 5 € 27, les 16 kilomètres, on pourrait au moins nous épargner la réclame, surtout quand elle est de cet acabit ! De Gaulle a été un grand homme, et personne, hors quelques olibrius mal embouchés, ne se risquerait aujourd'hui à dire le contraire, et ce n'est pas parce qu'il a la malchance de porter le même nom qu'un aéroport qu'on doit se moquer de lui ! Mais ce n'est pas non plus une raison pour tout admettre de lui. Notamment son goût prononcé pour le faste, la Cour et la Royauté. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Il me semble que si j'avais eu la douleur de naître vingt ans plus tôt, j'aurais suivi le Général en Angleterre. Dois-je aujourd'hui, cinquante ans plus tard, me rallier à St Denis pour m'en souvenir ?
J'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance, Monsieur le Premier Ministre, qu'on veuille retirer au plus tôt cette pancarte mal venue, et qu'enfin nos autoroutes redeviennent, rapidement, ce qu'elles n'auraient jamais dû cesser d'être : des espaces de liberté loin des politiques politiciennes.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, mes sincères salutations.(2)
(1) Si vous connaissez personnellement le Premier Ministre, vous pouvez, sans être trivial, vous montrer plus familier, et un : "Bonjour toi", ou un : "Mon Cher Premier", ou encore, un :" Comment vas-tu ma caille" ? Ne serait pas du tout déplacé, et même, renforcerait la tenue du propos. En revanche un : "Alors Toto, et ta prostate" ? serait du plus mauvais effet...
(2) N'oubliez pas de dater, de signer et de mettre votre adresse. Là aussi, si vous connaissez le Premier Ministre, une formule de politesse plus appropriée à vos relations n'est pas inadéquate. Par exemple : "Allez, j'te laisse, j'ai des œufs sur le gaz" ! Ou, un franchement convivial : "Maman fait du chou dimanche... si ça te dit, t'as l'adresse".
Merci à vous tous. Corbier.
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Je ne voudrais pas avoir l'air du type qui radote et qui prend plaisir à se citer, mais, simplement rappeler aux fans un peu moins attentifs que dans la chanson intitulée "La Tempête" (Album Toi ma Guitare et Moi, en vente à la Cie de la Ruelle 11 € frais de port inclus), je chante les vers suivants :
"Des salauds, des politiciens
Volent nos sous et détournent nos biens
Si fort qu'on les chasse
Ils ne quittent pas la place..."
Ces gens de pouvoir ne sont décidément que des bâtons merdeux !
Ils te disent la main sur le cœur : "Si je suis condamné, je m'en vais !... Promis juré ! Croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer !..."
En voilà un, pris la main dans le sac, condamné comme aucun de ses semblables ne l'a jamais été ! Et qu'est-ce qu'il trouve le moyen de nous dire, le semi-bagnard ? Qu'il a encore beaucoup de choses à faire... que la France a besoin de lui... que le parti c'est sa vie... que ses amis comptent sur lui... que ses administrés ne peuvent plus se passer de lui... qu'il a demandé sa retraite, mais qu'au prix où sont les sucettes... etc....
Ce même sagouin s'étonnera dans quelques semaines de la désertion des bureaux de vote !... On voudrait que ce soit un cauchemar ! Le réveil va sonner ! Allez, debout maman ! On va au boulot ! Le cœur léger ! L'âme sereine ! Juppé a été condamné, et il a accepté de se conformer à la justice de son pays ! Il se retire ! Hélas, on en vient à regretter que ce ne soit pas son père qui se soit retiré quand il était dans madame !!!!
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J'ai pas mal promené mon museau ces derniers temps. Quel bonheur ! Annecy ! Chez Jean-Louis. Des gens magnifiques. À l'écoute. Drôles. Aimables. Une bonne sono. Une bonne bouffe. Des copains sont venus de Genève... Ils m'ont apporté une petite œuvre d'art qu'ils ont fabriquée eux-mêmes... en partant de documents trouvés sur le site. Merci les jeunes. Tiens, j'y retourne. Jean-Louis m'invite à nouveau chez lui le 4 mars, j'arrive en courant !
Et puis il y a eu Lyon. Le Thou Bout de Chant. Je ne saurais trop vous conseiller d'aller faire un tour dans cette petite "boîte à chansons" comme disent nos amis québécois... C'était la troisième année consécutive que j'allais chez eux. On a fait le plein tous les jours. Les disques sont partis à la pelle ! Je ne sais pas combien j'ai signé d'autographes !... Je suis heureux pour Frédérique et Marc qui se battent depuis longtemps déjà contre vents et marées pour avoir des subventions, et faire venir un public dans ce petit lieu de belles pierres, si bien sonorisé, et si bien éclairé, pas cher et tellement sympathique. Faire découvrir autre chose que ce que la télé nous propose, ce n'est pas gagné, ils le savent, et ils foncent ! Merci à vous deux !
Il y a trois ans, j'étais dans le fond du gouffre. Frédérique et Marc qui m'avaient vu chanter au Lucernaire à Paris, m'ont alors demandé de venir chanter chez eux... Ce n'était pas gagné ! Tout doucement, grâce à leur charisme, et leur travail, j'ai commencé à remonter la pente... Ça n'a pas été gagné en une heure, et la première année, malgré les affiches, les annonces, on ne peut pas dire qu'on ait été beaucoup dérangé par le public... Mais tous les jours le spectacle avait lieu tout de même... Pour dix, vingt clients... jamais je ne les ai vus baisser les bras. Toujours un mot gentil, un encouragement, un sourire. Deux ans plus tard, on refuse du monde. Ces gens-là sont des amours.
Dimanche 8 Février, 18 heures, c'était le Caveau de la Bolée. Paris. On s'était dit : tous les copains qui se plaignent de ne pas pouvoir venir en semaine parce qu'ils travaillent vont être contents. Et tous ceux qui habitent en banlieue, et que le voyage en semaine emmerde, vont être des nôtres. D'un autre côté, on avait un peu la pétoche, parce que les autres fois, l'entrée était gratuite, et la sortie au chapeau... Est-ce que les copains allaient accepter de venir tout de même, payer un concert d'une heure trente HUIT € plus une conso à TROIS €, ça va pas faire trop ?... Et ben pas du tout. Les copains sont venus. J'ai chanté pendant quatre-vingt-dix minutes passées en compagnie du "Grand Orchestre Des Clients Fous". Il y avait une bonne sono. Pas de grésillement, pas de cris à la con. Tout le monde assis à une table. Des applaudissements chaleureux, des rires où il fallait... Je me suis même payé le luxe de chanter des chansons que je ne chante pas trop sur scène "Reviens reviens, les Huns, C'est comme ça, Les Fauteuils du Premier Rang..." pour un peu, on y serait encore... heureusement, qu'on avait prévu une vente de disques... Une belle après-midi entre amis. Je suis persuadé que nous remettrons ça le 21 mars : même lieu, même heure ! C'était trop bien !
À suivre.
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www.francoiscorbier.com
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