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SOMMAIRE
Éditorial
Lutter contre l'Iran
Boyaux
Huit semaines de grève
Delarue 1
Philosophie
Delarue 2
Rendez-vous
Belgique
La chanson inédite
Épilogue
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Éditorial
En fait je suis vachement aimé. Je ne le savais pas ! Ça
n’a l’air de rien, mais ça compte quand même.
Voilà quasiment dix ans que je n’avais pas mis les
pieds dans une émission de télé, abstraction
volontairement faite de celle de Ruquier du 3 janvier dernier, où
mon apparition avait été très courte et pas
du tout remarquée, ou si peu. Chez Delarue dont on m’avait
dit pis que pendre, je me suis senti accueilli, en confiance et
pas trahi pour un rond. Je ne sais pas s’il aura le temps
ou l’occasion de lire ce nouveau numéro de votre magazine
préféré, mais si quelqu’un veut lui transmettre
mes remerciements, qu’il sache qu’ils sont sincères.
Je
lui dois beaucoup à cet homme. Depuis cette émission,
je ne décolle plus de mon ordi… L’émission
est d’abord passée le 28 mars en Belgique puis le lendemain
en France. Depuis cette date et jusqu’à la fin du mois,
quatre jours, j’ai reçu 1147 mails d’amour, d’amitié,
d’encouragements, de félicitations. Des mails de stupeur,
des mails effarés, de soutien, d’aveu de révélation,
des mails de joie qui célébraient nos retrouvailles.
Des mails de jeunes, de vieux, de mères de famille, de couples,
de loups solitaires et de belles amies perdues de vue qui viennent
me chatouiller les pieds quarante ans plus tard… Rien que
du bonheur ! Les ventes de l’album ont décollé,
des propositions de contrat sont arrivées.
Je baigne dans le bonheur.
Ah que c’est bien de se sentir aimé !
Du coup plein de nouveaux abonnés au Petit Corbinou. Soyez
les bienvenus ! Ce numéro vous est dédié. J’espère
qu’il vous amusera. Il n’a pas d’autre but.
C’est parti.
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Lutter
contre l’Iran
«
Si vous pétez continuellement pendant 6 ans et 9 mois, vous produirez
assez de gaz pour créer l'énergie d'une bombe atomique.
» Cette information m’a été communiquée
par des amis parfaitement renseignés. J’ai confiance en
eux et j’ai donc décidé de m’y mettre immédiatement
!
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Boyaux
La
douleur m’est tombée sur le ventre lundi 13 mars. En fait
je ne me suis pas du tout affolé. La grippe planait autour de
moi et je me suis dit qu’elle venait de me toucher. Je me suis
pris deux petits cachets et hop au dodo. Le lendemain comme je n’avais
pas plus mal que ça je n’ai pas trouvé de quoi m’affoler,
d’ailleurs la journée avait été limpide,
sans douleur et sans soucis. Deux petits cachets et hop au dodo. Mercredi,
j’ai bien senti que ça me tiraillait sur le flanc droit,
mais comme je venais de lire un document sur la bataille de Waterloo,
là non plus n’ai pas trouvé à redire ! Deux
cachets et hop au lit ! En fait, c’est sur les coups de six heures
du matin, lorsque les deux cachets en ont eu assez de faire leur effet
que c’est devenu insupportable ! Je me suis mis à claquer
des dents, et dans l’impossibilité de bouger les jambes.
Température prise, le baromètre (oui, chez moi c’est
comme ça, car en même temps que je prends ma température
j’en profite pour vérifier la force du vent !) indique
poliment 36°2 ce qui est peu si j’en crois mes mémoires
de type qui avait facilement le feu au fion. Bref. Ma femme téléphone
à Marcel Samu, un type tout à fait performant qui lui
répond qu’il ne se déplace que pour la réanimation.
Sympa le gars. Si tu es mort, il vient te soigner. Si tu es encore un
peu vivant, tu lui souhaites de se rendormir rapidement et tu lui demandes
poliment d’avoir la gentillesse de te pardonner de l’avoir
dérangé. Après tout c’est normal, ces gens-là
ont le droit comme tout le monde de dormir, et Marcel Samu ne déroge
pas à la tradition. Par chance, mon copain Gégé,
qui joue si bien de la flûte, ne vit qu’à quelques
mètres de chez moi. Il arrive en courant. Il m’aide à
m’habiller. Je tremble toujours autant. J’ai froid, mais
froid ! Il me faut bien dix minutes pour enfiler mon pantalon. J’ai
l’impression à chaque geste que je vais m’effondrer
pour le compte. Il me met dans sa bagnole et nous voilà parti
à l’hosto d’Évreux. Chaque fois que la tire
franchit une petite bosse d’asphalte, je me retiens pour ne pas
hurler de douleur. Et tu ne peux pas savoir la quantité de bosses
que recèle l’asphalte… J’ai les yeux en larmes
quand nous arrivons enfin à l’hosto.
Par chance on ne me fait pas trop attendre. Une équipe d’urgence
me saute sur le poil. Prise de sang. Scanner. Radio. Une demi-heure
plus tard, une jolie petite infirmière blonde m’annonce
: «On vous opère dans deux heures ; c’est l’appendicite.
» Vous êtes certaine que j’dis ? «Ben vaudrait
mieux que ce soit ça qu’elle fait, parce que si à
la radio ils se sont trompés vous êtes bon pour l’ablation
du gros intestin et là c’est le cancer avec pose d’une
poche !!! » J’aime les infirmières blondes. Elles
ont la grâce et le charme des poupées de porcelaine….
En fait je suis opéré vers 14 heures. En attendant, on
m’a installé dans un fauteuil roulant et j’attends
dans les courants d’air qu’une chambre se libère…
Le chirurgien est un type épatant. Il est rigolo tout plein.
Je lui demande si je serai sur pied pour dans 48 heures, because une
émission de télé à faire, et il me répond
: « Pour la télé, vous n’aurez même
pas besoin d’y aller, on va vous mettre la caméra dans
le bidon et vous n’aurez plus qu’à ajouter le son
! » Sympa le gars. Bon, il m’opère. En fait d’appendicite,
c’est une magnifique péritonite avec une ravissante septicémie.
On me tirera par drain 125 grammes de pus…. Chouette non ? Bref
mes belles amoureuses, j’étais une fois de plus parti pour
le grand voyage. Curieusement, vingt-quatre heures et des quantités
de sommeil plus tard, je n’avais plus mal nulle part, je marchais,
certes difficilement, mais je me baladais allègrement dans les
couloirs de l’hosto, et je signais des autographes pour les petites
infirmières qui n’en revenaient pas de me soigner : «Ben
ça ! Si j’avais pu penser qu’un jour j’vous
verrais là !!!…. » Je suis sorti sans douleur le
21 mars, mais extrêmement fatigué.
Le 22, une équipe de Jean-Luc Delarue était à la
maison. La télé n’était pas que dans mon
ventre, elle se posait aussi sur mon museau.
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Huit
semaines de grèves
Quand les œufs ne sont pas frais
Les gaz sortent dare-dare.
À qui s’en inquiète il est
Utile de dire hilare :
Ces pets ? Œufs !
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Delarue
1
Une
journaliste d’investigation m’avait téléphoné
le 8 mars en me proposant de venir raconter ma vie après la télé.
Pourquoi pas. La presse est toujours friande de ce genre de choses :
Que sont-ils devenus ? Y a-t-il une vie après la télé
? Comme je ne croule pas sous les demandes, j’avais donné
mon accord. La journaliste m’avait donc fait parler longuement
au téléphone, et j’avais tout déballé.
Pourquoi j’étais parti volontairement de la télé.
Ce que j’avais fait ensuite. Où j’étais allé
et ce que j’étais devenu. Mes envies, mes rêves,
mes espoirs, ma famille… Enfin toutes ces choses dont on pense
que ça ne va intéresser personne, mais qui passionne la
presse… Je m’étais prêté tout à
fait volontairement à cet exercice, et la demoiselle m’avait
dit qu’elle était enchantée de mes réponses,
qu’à son sens il n’y aurait aucun problème
pour que je vienne raconter tout ça à la téloche.
En raccrochant elle me dit même : «Ne vous en faites pas
Corbier, dans 48 heures vous aurez notre réponse, mais à
mon sens c’est bon ! » En effet, j’eus même
droit à la confirmation vingt-quatre heures seulement plus tard.
Une équipe devait débarquer chez moi le 18… Mes
boyaux en décidèrent autrement, et c’est le 22 que
deux techniciens (cadreur et son) et une journaliste, Aude Pavani, ont
planté leurs outils à la maison. La demoiselle avait le
compte-rendu de ce que j’avais raconté à sa collègue,
et elle entreprit de me filmer racontant mes misères… Par
chance, elle ne donna pas dans le misérabilisme, et je pus lui
narrer quantité d’anecdotes dont elle su tirer la substantifique
moelle !
Où ça se corsa un peu c’est lorsqu’elle décida
que nous irions tourner dans un petit bois voisin, à une dizaine
de kilomètres de mon domicile. J’avais encore un peu de
mal à marcher, mais fier, j’entendais ne rien dire du tout.
Elle me fit escalader une butte, une seconde, marcher dans la gadoue…
Regarder le ciel… Bref, elle me fit gentiment gesticuler, et lorsque
la séquence s’est achevée je fus ravi de me mettre
au chaud dans la voiture, d’autant qu’il y avait un sale
crachin et que ça glissait méchamment…. Ça
glissait même tellement que la bagnole s’est embourbée
!!! Impossible de sortir du petit bois… Et la nuit qui arrive…
Et la pluie qui s’installe durablement… Et le froid….
Et la fatigue… Et mon bidon qui me tiraille… Bien sûr
les téléphones portables ne passent pas… Il
faut se déplacer. Je vais chez un cultivateur dont j’ai
repéré la ferme à un km de là, lorsque nous
nous sommes engagés dans le chemin forestier. Je lui raconte
notre aventure. Il est très sympa. Très en forme. Ça
l’amuse beaucoup cette histoire, mais hélas, il ne peut
rien pour nous, ses tracteurs sont en déplacement à l’autre
bout du département… Avec les techniciens on place des
branches sous les roues de la bagnole, on pousse. On se prend de la
boue dans la tronche. C’est super ! J’adore la télé
! Gégé, au secours !!! Mon copain qui m’a sauvé
la vie, viens vite ! Je retourne chez le cultivateur et j’appelle
mon Gégé. Par chance il est très copain avec le
maire de son village et une bonne demi-heure plus tard Monsieur le Maire
dans son 4X4 surgit tel superman fendant la couche de nuages, nous tracte
et nous ramène sur l’asphalte et nous pouvons enfin rentrer
chez moi. On est tous vannés. Cassés. Épuisés.
Flapis. Si je me laissais aller j’irais me coucher. Il nous reste
encore du boulot. Filmer ma cheminée…. Faire un reportage
sur mon fils et le site qu’il m’a si gentiment conçu…
Ma femme sort les spaghettis. Apéro. Merguez. Il pleut. On s’en
fout. La cheminée chante. Il fait bon. Les chaussettes des techniciens
sèchent devant l’âtre. On dîne. On reprend
le tournage. Trois-quatre scènes. L’équipe se sauve.
On s’embrasse. Je viens de me faire de nouveaux amis. Je suis
rétamé. Dodo. Il est plus d'une heure du matin !
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Philosophie
Science sans conscience
N’est que ruine de l’âme
Conscience sans science
N’est qu’un gros mot !
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Delarue
2
23 mars
L’ambulance a été commandée pour dix heures.
Le conducteur est un type du coin. Il connaît bien son boulot.
Il me fait la causette. Nous roulons tranquillement. Il fait beau. Tout
va bien. Quatre-vingt-dix kilomètres d’ambulance, c’est
sympa. Jamais je n’en ai fait autant. Quel plaisir. Une ambulance
c’est très rond, très doux. On ne sent pratiquement
pas les chocs tandis qu’elle avance. En fait c’est une idée
de l’équipe de Delarue, cette ambulance.
Comme on n’a pas pu tout tourner la veille avec cette histoire
de bagnole embourbée, l’équipe d’Aude Pavani
s’est décidée pour une prise avec Jacky dans un
restaurant parisien… Je suis content de le voir mon Kiki. On s’aime
bien. Il est gentil. Il a toujours été là quand
j’étais bien dans la merde. Discret et souriant. Faisant
semblant de rien, mais pas dupe. Alors on s’embrasse quand il
arrive et on tourne à toute vitesse comme à l’époque
des émissions que nous faisions ensemble. Pas besoin de discutailler
pendant des heures pour savoir ce que nous allons dire. Il se lance.
Je le rejoins. Il enchaîne. Nous nous guettons. Nous nous répliquons.
On a fait ça toute notre vie. Pas l’ombre d’un problème.
En un quart d’heure l’affaire est torchée. On déjeune
tous ensemble. Une journaliste d’Ici Paris vient nous rejoindre.
Belle ambiance. Je me sens bien. Quand l’équipe de télé
s’en va, quand la journaliste est partie, je retrouve mon ambulancier
qui me conduit dans hôtel en face de la Maison de la Radio où
doit s’enregistrer la dernière partie de l’affaire.
Delarue m’a réservé une chambre. Je monte. Je me
couche. Je m’endors dans les dix minutes qui suivent. Il est quatorze
heures. Je refais surface vers 18 heures. Je me sens bien. Je prends
une douche et tout serait parfait si j’avais pensé à
prendre une trousse de toilette… On me verra à la télé,
le poil hirsute mais bon… je m’en fiche un peu. Je suis
bien dans ma tête et dans mes membres et ça me semble le
plus important.
À la Maison de la Radio, on me donne une loge. Une infirmière
a été convoquée. Elle me pique. Une intradermique.
La piqûre la plus simple du monde et la plus chère aussi.
L’infirmière adorable est venue exprès d’Asnières
pour me la faire. Elle prend la seringue et le liquide tout préparé.
Je baisse mon jean. Elle pique la cuisse. Vingt secondes plus tard,
je me suis rhabillé. Cinquante euros… Trente-cinq pour
les frais de transport…. Dix pour les taxes… Cinq pour la
piqûre. Et alors, elle n’est pas belle la vie ?
Les copains des sitcoms qui ont été invités à
participer à cette émission sont là. Tout le monde
vient me dire bonjour. On m’embrasse. Je me sens un peu le patriarche
de cette soirée télé. Je suis content de revoir
Justine et Magalie de Premiers Baisers. Je les aimais bien lorsqu’elles
étaient gamines et qu’elles venaient jouer avec nous sur
le plateau. Je connais moins les autres, Patrick Puydebas ou Rochelle,
mais tout le monde est aimable et souriant. Il y a aussi des chanteurs
que je ne connais pas mais qui semblent avoir marqué les mémoires.
On m’assoit à la droite d’une jolie dame et comme
je lui demande qui elle est, elle me répond avec un grand sourire
qu’elle a été Miss France… Honte sur moi.
Je ne l’avais jamais vue ! Le reste vous l’avez vu c’était
dans le poste le 29 mars.
Ça s’est très bien passé. Lorsque Jean-Luc
Delarue m’a présenté, les
hurlements qui ont jailli des gradins m’ont, pourquoi ne pas le
dire, fait très plaisir. Je ne m’y attendais pas et je
me suis senti aimé. C’est du tout bon. Delarue ne m’a
pas piégé. Les questions qu’il m’a posées
étaient tirées de ce que j’avais raconté
au téléphone à la journaliste d’investigation.
J’ai senti qu’il m’aimait bien. J’ai été
à l’aise. J’avais envie de rigoler. Je ne comprenais
pas trop pourquoi j’étais là. J’étais
sur une sorte de nuage… C’était vachement bien. À
la fin de l’enregistrement, un type est venu me chercher. Il m’a
pris par le bras. On est allé ensemble jusqu’à l’ambulance….
Et je suis rentré chez moi : 90 kilomètres plus loin.
Il était une heure trente du matin.
Je me suis couché. J’ai dormi comme une souche. Le lendemain
matin en me réveillant j’avais la bronchite !!!
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Rendez-vous
AVRIL
WATERLOO
(Belgique) - Maison des jeunes de Waterloo
18 rue Th. Delbar 1410 Waterloo
paf 6€ / 20h00
réservation: 02/354.01.38
Vendredi 14
T.F.J. - "Saturday Jacky Show"
Samedi 15
Printemps de Bourges. Scène Pression Live.
Place Léo Ferré
Mercredi 26
ROUEN - Emporium Galorium
151 rue Beauvoisine 76000 Rouen
à partir de 22h
Vendredi 28
MAI
PARIS
- La Sorbonne, amphithéâtre Richelieu
avec Marie Cherrier
renseignements et réservations : 01 40 46 33 72 ou action.culturelle@paris4.sorbonne.fr
Mardi 2
SAINT-ANDRÉ-LEZ-LILLE - Maison des Jeunes et de la
Culture
23, rue Alsace Lorraine
59350 Saint-André-lez-Lille
Renseignements au 03 20 51 66 67
Vendredi 5 (20 h 30)
JUIN
Télévision
Lyon (TLM)
9 juin
ANNECY - Chez Jean-Louis
11 av Mandallaz 74000 ANNECY
Réservation : 04 50 51 03 66
LYON - A Thou Bout de Chant
Rue de Thou - 69001 Lyon
Réservations au 04 72 07 63 81
Mercredi 14, jeudi 15, vendredi 16 et samedi 17
POITIERS - Cassoulet show 3
30 juin
AOÛT
CONCÈZE
(19) - Festival DécOUVRIR
Jeudi 17
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Belgique
La route qui mène à Liège est facile. Il fait beau.
Le carburant n’est pas donné en Belgique, mais le sourire
compense le trou dans le portefeuille. Ma fille m’a donné
rendez-vous à la sortie de l’autoroute. Elle est là
en pleine forme, belle comme tout et elle m’ouvre la route jusque
chez elle. La maison est sublime. Piscine. Parc. Salon avec une magnifique
baie vitrée. Pour un peu je m’installerais bien chez elle.
Je suis content de l’avoir adoptée quand elle était
gamine ! Le lendemain, je suis attendu à la Radio. Un type qui
pratique les astres est invité aussi. Il m’a fait mon thème
astral et m’explique à l’antenne que je suis un veinard.
Que si je me casse la gueule d’un avion j’ai toutes les
chances de m’en tirer à bon compte… Qu’un sapin
sera là pour m’accueillir, ou un matelas de jeunes vierges,
bref j’ai tout pour vivre encore cent cinquante ans sans forcer.
Et pendant qu’il parle, je me dis qu’après tout il
n’a peut-être pas tort… C’est vrai que depuis
quelque temps, il ne m’arrive que des catas, mais tout s’arrange
chaque fois. Donc il ne doit pas avoir tort. Enfin il aurait parfaitement
raison sur toute la ligne si son discours, pour gentil et sérieux
qu’il soit, ne me semblait un peu soporifique… Mais j’ai
toujours tendance à tout exagérer ! Bref, je fais une
longue émission de radio pour des gens tout à fait sympathiques
puis je suis remonté dans la voiture direction Mouscron, à
150 bornes de là.
La salle de spectacle ne m’a pas été accordée.
Le responsable du centre culturel a jugé que je n’allais
pas faire grand monde et que le bar serait à coup sûr largement
suffisant. On attendait 80 personnes : ce sont 100 de plus qui se sont
pointées. Quel régal. Un public attentif et rigolard.
Je me suis amusé tout le long du concert et tout aurait été
merveilleux si je n’avais eu des problèmes avec ma voix.
Reste de bronchite… Bon mais c’est passé quand même
et j’ai pu aller jusqu’au bout de mes chansonnettes. En
première partie, il y avait Cédric Gervy. Pour ceux qui
ne savent pas qui est ce Cédric, invitez-le à chanter
chez vous, vous ne le regretterez pas. Talent et discrétion.
Un type comme j’aime en écouter. Simple et intelligent.
Merci Cédric.
Je dors chez les organisateurs. Comme ils savent que je ne peux pas
dormir avec la clarté du jour, ils ont recouvert les fenêtres
de la chambre avec du plastique noir de sac-poubelle. Très bel
effet !!! Les oiseaux qui se foutent complètement de mes problèmes
de sommeil viennent à 6 heures du matin me dire bonjour. Je les
déteste ces volatiles. Tout en les maudissant, je glisse ma tête
sous l’oreiller, pour ne pas les entendre, et je songe à
cette théorie qui prétend que les oiseaux seraient les
derniers descendants des dinosaures !!!…. Si c’est vrai,
j’imagine bien le raffut qui devait couvrir la planète
à l’aube de l’humanité lorsque le soleil faisait
son apparition et que les dinosaures se mettaient à chanter leur
bonheur d’être vivants … Putain, l’horreur !!!
Si un jour je deviens Dieu je supprime le sifflet aux oiseaux. Seuls
pourront s’exprimer les arbitres et les bouilloires ! Tiens, non,
que les bouilloires !
Je remonte dans la voiture et retour sur Liège. Espace Roture.
Ce lieu est tout
à fait impressionnant. On se croirait encore au Moyen-Âge.
La rue est gardée par une grille sans serrure, et le sol est
pavé. Une vierge garde l’entrée. C’est beau,
émouvant et un peu triste aussi parce que la pluie s’est
invitée et qu’on ne l’attendait pas. Comme je suis
très en avance pour la balance je fais le tour des grandes surfaces
du coin pour trouver de l’Orval. Il s’agit d’une bière
artisanale. Chaque fois que je vais à Liège, je me remue
pour en dénicher. Chaque fois je rentre bredouille ! Je me console
en me disant que s’il n’y en a nulle part, ce doit être
parce qu’elle est bonne… Mais bonne !!! Pour un peu on en
boirait !!!
Le bistrot où je me produis est petit. On doit pouvoir mettre
une cinquantaine de personnes à tout casser. On en comptera 80.
Assis, debout, écrasés au bar. Encore une fois, tout le
monde chante avec moi. Mieux, je n’ai presque rien à faire.
Toutes ces personnes connaissent mes chansons. Mieux que moi ! C’est
une sorte de communion. C’est beau et bien agréable. Il
y a un punk et sa punkette. Il a les cheveux bleus dressés sur
la tête. Il est tout sourire. Il ne se fait pas remarquer. Il
chante avec les autres. On est tous bien. Rappels. Bisous. Dédicaces.
Bonheur. J’aime bien la Belgique ! Les gens m’y aiment !
Je dors à l’Auberge de Jeunesse de Liège. Au matin,
ce ne sont pas les oiseaux qui me réveillent, sans doute qu’entre
Mouscron et Liège quelqu’un les aura prévenus qu’il
faut me foutre la paix, mais du coup c’est le clocher d’à
côté qui s’y met… Si un jour je deviens Dieu
les clochers n’auront pas le droit de sonner sauf si ce sont des
dinosaures. J’ai repris la bagnole. J’ai traversé
la Belgique sous le soleil. Je suis passé par Valenciennes. En
arrivant chez moi j’ai commencé à me gratter. Pas
grand-chose au début et puis de plus en plus violemment. Une
allergie à un médicament… Je suis rouge pivoine
et ça me démange grave. C’est sans doute ça
la chance, si j’en crois le type qui m’a fait mon thème
astral ! En tout cas je ne peux pas lui donner complètement tort
puisqu’en l’espace de trois semaines j’ai essuyé
une péritonite, une septicémie, une bronchite carabinée
et maintenant une allergie médicamenteuse… Si je suis encore
vivant c’est qu’en effet, j’ai du pot !!!
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La
chanson inédite
Il est sympa le p’tit Nono
Dommage qu’il n’aime pas boire de l’eau
Chaque fois qu’y rentre chez lui bourré
Y casse la gueule de sa moitié
Elle est patiente mais forcément
Ça pouvait pas durer longtemps
Si le Nono y fait qu’pleurer
C’est qu’l’amoureuse elle s’est taillée.
Y pleure matin, y pleure le soir
En avalant du jus d’comptoir
À la santé du bataillon
Qui l’a élu roi des pochtrons
Y boit en rouge en jaune en blanc
Y mélange tout et forcément
Quand y s’endort dans son vomi
Le Nono il n’est pas joli
Ça dure dix ans sans voir le jour
Et puis une môme belle comme l’amour
Lui dit : «Arrête ton roman noir
Y a aut’chose que l’bout du comptoir»
Y lève les yeux, elle est jolie
Y dit : «C’est bon j’ai tout compris
Je promets de plus boire un verre !»
L’amour, ça guérit la misère.
Y dit : «Chérie on va s’ marier
Pour fêter ça j’ai commandé
Une paire d’alliances pour la mairie
On invitera les amis
Et vive l’amour !" Pour fêter ça
Il boit un verre et deux et trois
Et à minuit rond décalqué
Y pète la gueule de sa mariée
Il est rev’nu seul au comptoir
Bourré matin défoncé l’soir
Tout l’monde l’aime bien le p’tit Nono
Dommage qu’il n’aime pas boire de l’eau
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Épilogue
J’ai vécu un mois rigolo et plein de surprises. J’aimerais
bien que ce soit comme ça tout le temps. La télé,
les journaux, les radios, les concerts… Pour être franc,
j’ai même eu l’impression que j’avais rajeuni.
Bien sûr ça m’a fait plaisir, mais je ne suis pas
complètement dupe, je sais que la route est encore longue.
Je sais que les types qui m’ont chassé de leurs colonnes
de presse ou de leurs radios ne sont pas encore disponibles pour changer
d’avis, mais bon sang quand il y a une éclaircie, il
faut savoir en profiter. C’est ce que j’ai fait. Je ne
regrette rien du tout.
Jacky m’a téléphoné après l’émission
de Delarue. Ça m’a fait vachement plaisir. Des copains
chansonniers m’ont appelé aussi, Serge Llado, Florence
Brunold, j’ai reçu des mails de France, de Belgique,
de l’île de la Réunion, de Polynésie, de
Grande-Bretagne… Tout le monde m’aime… C’est
chouette non ?
À vite mes chéris
Une bise pour les filles et une grande tape virile dans les dos des
copains.
Je vous aime.
Corbinou.
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