| Si
vous ne parvenez pas à lire le Petit Corbinou, cliquez ici |
 |
 |
 |
SOMMAIRE
Éditorial
Invitation
Rendez-vous
Israël Liban
On m'aime
Cinoche
Tour de France
J'arrive chez elle
Zizou
Canicule
Recoules Prévinquières
Japonaiserie
Recoules Prévinquières suite et fin
La chanson inédite : Hercule
Épilogue
|
 |
Éditorial
Ah ! Fichtre qu'il fait chaud !
Bon, je sais bien que tout le monde est au courant et que ce n'est pas une information de première bourre que je vous offre là, mais ça m'a fait du bien de vous le dire. Je vous sens compatissants et c'est bien agréable dans ce monde de fêlés.
Dans le mois qui vient de s'écouler, on m'a vu pas mal ici et là. J'ai fait de la bagnole comme un zinzin. J'ai traversé la France horizontalement, j'ai regardé le foot, j'ai chanté, j'ai fait une cure de thalasso à l'Île de Ré, et j'ai cru que j'allais crever de chaleur en Normandie : On aura tout vu. Bref, j'ai des quantités de choses à vous raconter, et si comme moi vous considérez que les types qui envoient des scuds sur la gueule de leurs voisins sont des connards, je sens que vous ne serez pas déçus de ce nouveau numéro du Petit Corbinou.
Bonne lecture et bonnes vacances pour celles et ceux qui baillent, petons dans l'eau, et bon courage pour les martyrs qui s'emmerdent au bureau.
|
|
 |
Invitation
Parfois on me demande si j'ai encore des nouvelles de mes anciens camarades de télévision. Je réponds d'ordinaire que j'en ai, mais peu.
La vie nous oblige dans des directions différentes et ce n'est pas toujours facile. Cependant une fois l'an, nous nous retrouvons pour faire un repas.
C'est un peu la réunion des anciens combattants, mais c'est sympathique.
Cette année, j'ai reçu dans ma boite à lettre une invitation de JLA Groupe à me rendre au Chalet de la Plaine St Denis pour fêter l'anniversaire de la camarade blonde au nez pointu.
(Pour celles et ceux qui ne sauraient pas qui est JLA Groupe, il s'agit de Jean Luc Azoulay, ex-associé de Claude Berda, le A de AB Prod et AB Sat, en un mot la personne qui a produit et vendu notre travail à TF1 pendant dix ans. C'est lui qui écrivait les chansons de Dorothée, des Musclés, les génériques, les sitcoms étaient de lui aussi et c'est lui qui écrivait nos interventions du Club Dorothée, et produisait mes disques au sein d'AB. Nous nous sommes vus et parlé tous les jours plusieurs fois par jour et longuement parfois pendant toutes ces années. Il nous accompagnait dans tous nos déplacements, il est venu dîner chez moi et moi chez lui... Si on me montre une photo de lui de dos dans le brouillard la nuit : je sais de qui il s'agit.)
Je n'ai malheureusement pas pu m'y rendre, l'invitation m'étant parvenue tandis que j'étais en thalassothérapie à l'Île de Ré.
Je regrette bien de ne pas y être allé car il est évident qu'ils m'attendaient avec une folle envie de m'embrasser et de me serrer dans leurs bras. D'ailleurs, ils ne m'ont jamais oublié, preuve en est l'enveloppe qui a servi à l'acheminement de l'invitation.
C'est un véritable plaisir de se sentir aimé à ce point.
Merci à Jean-Luc Azoulay et à son secrétariat.
Je vous adore.
|
 |
Rendez-Vous
AOÛT
CONCÈZE (19) - Festival DécOUVRIR
Téléphone de la Mairie : 05 55 25 61 51
www.conceze.com
Renseignements : conceze@wanadoo.fr
Jeudi 17
SEPTEMBRE
AUNAY-LES-BOIS
Renseignements: delaunay.gaetan@voila.fr
Samedi 16 septembre
BRAINE L'ALEUD (BELGIQUE)
Espace Germinal, Place du Môle.
Renseignements : 02 387 46 91
En première partie : Gervy
Vendredi 22 septembre
MARBEHAN (BELGIQUE)
Chapiteau Parking du Bois des Isles
Renseignements : Association Héxagone (M. Pérou Dominique)
Samedi 23 septembre
OCTOBRE
Près de TOULOUSE
La Furia 06
Havana Café - Ramonville (31)
Renseignements : Ludivine chez Jerkov Music
Avec "Le Manège Grimaçant" et "Gogol 1er"
Jeudi 12 octobre
|
 |
Israël Liban
Parce que deux militaires sont enlevés, voilà toute une région du monde à feu et à sang. Moi, voyez comme je suis dans mon infinie sottise, je croyais que le boulot des militaires, c'était de s'exposer à tous les risques possibles et imaginables pour défendre leur country. Deux militaires de plus ou de moins, ce n'est jamais, si douloureux que ce soit pour leurs familles, que deux soldats morts au combat. Voilà deux mille ans et plus qu'on les tue, les enlève, les torture ! Deux mille ans et plus qu'on leur coupe les poils des pieds, ce qui est horriblement douloureux, et que, ce faisant, ils savent à quoi s'en tenir ainsi que les gouvernements qui les emploient ! à leur gloire posthume on élèvera une statue, un mausolée, une arche triomphale et ça leur fera une belle jambe. Ils sont payés pour ça. Et les bidasses savent ce qu'il en est en s'engageant. Non ?
Kidnapper deux professionnels du fusil c'est quand même moins grave que d'envahir et détruire un pays, ses maisons, ses routes, ses aéroports, ses lieux de cultes, et massacrer les enfants de ce pays ! Non ?
Il n'y a pas d'échelle de valeurs ?
Tu me prends deux bidasses, j'ai le droit de faire du pâté d'alouette de ton HLM et de tous ceux qui vivent à l'intérieur ! Na !!!
Même si ce pays héberge depuis des lustres des fêlés, soi-disant religieux de mes couilles, qui balancent des roquettes à tort et à travers sur le pays des deux bidasses séquestrés, j'ai l'impression qu'il y a exagération quelque part... Non ?
Résumons-nous : deux bidasses patrouillant sur la frontière se font kidnapper par une milice qui s'est installée dans un pays qui n'a pas les moyens d'entretenir une armée conséquente...
Si, si, c'est possible.
Je connais des coins d'Europe, pas loin de chez moi et de chez toi, où l'état donne du fric pour faire des écoles privées alors qu'il n'y en a plus pour l'école de l'état... Alors pourquoi pas des milices privées payées par l'état ? Ou pourquoi pas un état fermant les paupières sur des milices installées sur son territoire, mais entretenues par un autre pays, puisque l'état ne peut pas se payer une armée conséquente...
Revenons à nos brebis.
Bien évidemment, comme d'habitude, comme toujours, comme au Moyen-âge, comme sous Napoléon, comme en 14, comme au Vietnam, le pays des deux bidasses s'empresse d'aller casser la gueule des civils qui dorment dans le coin ! Quelle jolie preuve d'intelligence.
Tu me diras que pour ce qui est de l'intelligence, quand tu entends que ces mêmes civils qui se font bombarder, tuer, briser leurs piaules, leurs rues, leurs aéroports, leurs lieux de cultes se précipitent pour remercier le mouvement qui a kidnappé les deux bidasses, et par voie de conséquence entraîné le saccage de leurs bleds, c'est qu'on est à n'en pas douter dans ce qui se fait de mieux au niveau neuronal !!!
Imagine ça : Tu es chez toi, calme et détendu, tu regardes le feuilleton à la télé et voilà que tombent sur la baraque que tu paies à crédit depuis 14 ans une roquette, et deux, et trois ! "Youpi" que tu cries, "ça va vachement faire chier les assurances ! La bombe a fait de ma femme un cul-de-jatte ? Super ! Elle ne lèvera plus la cuisse avec mes copains ! Mes moutards sont manchots ? Parfait ! Ils n'iront pas faire les cons sur le ring ! Mon chien est coupé en deux par le milieu ? Excellent ! ça m'en fera deux qui boufferont d'autant mieux les mollets du facteur !"
Forcément, devant cet afflux de bonheur, tu ne trouves rien de mieux à faire qu'aller remercier ton voisin, assassin notoire, auquel étaient destinés les engins dévastateurs.
C'est bien, l'optimisme !
Les salauds n'ont pas de patrie.
Neuf fois sur dix, ils ont Dieu en point de mire et du fric pour tuer.
La soif du pouvoir les anime, et l'appel du blé est plus fort que toutes les philosophies humanistes du monde.
Je les conchie.
Qu'ils soient d'Israël, de Palestine, d'Iran, de Syrie ou du Liban.
Qu'ils soient juifs, musulmans, chrétiens, ce sont d'abord et avant tout des assassins.
Pensez ce que vous voulez, je ne vous oblige à rien, mais ne tentez pas de me convaincre que j'ai tort, ou alors, avant, faites en sorte de réveiller les enfants morts !!!
|
 |
On m'aime
J'ai répondu en déconnant un peu à une interview pour Laguitare.com. Pour vous appâter en voici un court extrait :
Laguitare.com : Le nom vous est bien sûr familier, celui du grand gaillard rouquin et barbu qui a amusé avec ses chansonnettes nos tendres et jeunes années sur Récré A2 et TF1 aux côtés de Dorothée ! Mais Corbier c'est un peu plus que ce drôle d'animateur pour marmots, c'est avant tout un grand chansonnier dans la lignée de Brassens, Ferré, Renaud avec dans le regard et la voix une touche satirique et humoristique sur notre société, notre vie de tous les jours... Le revoilà... avec un nouvel album "Tout pour être heureux"!
Laguitare.com : Bonjour Corbier, merci de nous accorder une interview et de nous faire partager tes dernières aventures ! Quel plaisir de te retrouver aussi présent, que ce soit sur le petit écran (Ruquier, Delarue, Jacky...) ou sur les scènes du Printemps de Bourges, la Sorbonne, La Flèche d'or, dans toute la France, en Belgique, en Suisse... Est-ce un retour, un travail assidu de tous les jours ? Parle nous de ton chemin depuis l'épopée Dorothée.
Corbier : Lorsque je me suis aperçu que j'étais le dernier survivant de la catastrophe méningée qui a emporté mes camarades, dont Dorothée, Ariane, Jacky, Patrick et le Père Noël, je me suis dit : "Mon gars il est temps que tu te mettes au travail !" Là dessus je me suis acheté une guitare et j'ai appris à souffler dedans. Simultanément j'ai appris à lire et dans la foulée je me suis mis à écrire des chansons dont La Marseillaise, et un peu plus tard l'Hymne à Zizou !
LG.com: Ton nouvel album "Tout pour être heureux" est joliment écrit ! Les textes, sous une apparente légèreté sont en fait un réel regard sur les maux de notre société, voir même un baume. A l'écoute de ton cd, on retrouve le sourire, on aime presque son voisin... on réfléchit à sa p'tite vie de tous les jours : tu parles de politique, d'extrémismes, de guerres, de télé réalité, de publicité, du temps passé, de la cigarette, d'Amour, du travail, de la vieillesse, de la mort... es-tu philosophe, poète humoriste, un anticorps à la morosité, ou autre...?
"Bien sûr Al Qaïda, Irak et l'oncle Sam,
De la fièvre et du sang, des prières et des larmes
Pourtant y a tout pour être heureux, tout pour être heureux,
Dans la publicité nos dames ont des règles bleues".
Corbier : En fait je ne l'ai pas fait exprès. Je voulais écrire un roman qui aurait raconté les aventures d'un mousquetaire et de ses trois copains dans la jungle : Les Trois Tarzan.
Hélas, j'ai perdu le manuscrit dans le métro et comme il fallait que je gagne mon maigre pain, je me suis dit : " Mon garçon tu as le choix : ou tu fais de la boxe, ou tu fais chanteur !" Comme à côté de mon domicile il y avait un bistrot avec un juke box, j'ai compris que le ciel me faisait un signe et qu'il fallait que je me mette à la boxe ! Et j'ai pris des cours de champs car c'était à la campagne.
Pour la suite c'est là : http://www.laguitare.com/2006/itv_corbier.html
|
 |
Cinoche
Pour celles et ceux qui voudraient me voir... dans un film allez donc à cette adresse :http://www.starfuckers-lefilm.com/
|
 |
Tour de France
Ce qui m'étonne le plus, ce n'est pas que le type qui a gagné le Tour de France soit convaincu de dopage. Malheureusement c'est monnaie courante. Non, ce qui m'étonne c'est qu'un type qui doit se faire opérer d'une coxarthrose soit engagé sur le Tour : Et qu'il le gagne ! Alors ça, ça me troue le cul ! Ma maman a été opérée de cette déficience osseuse. Je défie qui que ce soit qui souffre de cette maladie de faire dix kilomètres de bicyclette. Les douleurs sont atroces. Ma maman marchait le corps ratatiné sur le côté atteint. Alors, qu'aucun médecin n'empêche le gus de courir c'est déjà la douce rigolade, qu'ensuite, l'handicapé gagne une étape, et je commence à me taper sur les cuisses, mais qu'en plus le grabataire gagne le Tour de France, là, je me pisse dessus.
Soit les instances du cyclisme sont composées d'imbéciles notoires, ce qui m'étonnerait, soit on leur a crevé les yeux à la naissance car leurs parents rêvaient d'en faire des accordeurs de piano...
Toutes nos stars du cyclisme qui font semblant de croire en la résurrection du champion après son effondrement dans la montagne, tous les journalistes qui s'émerveillent, le public qui hurle de joie en voyant les tricheurs gagner, les télés qui exigent que les étapes soient réalisées dans un temps permettant d'accueillir les sponsors, toutes ces personnes et toutes ces conneries, ont tué, tuent ou tueront le Tour de France ! Je trouve ça bien lamentable et bien dommage.
L'argument qui consiste à dire, que dopé ou pas, le champion qui gagne est un champion et que sans additif, il aurait de toutes façons gagné le yoyo en bois du Japon avec la ficelle du même métal, corrobore mon propos. Si le type n'a pas besoin d'EPO ou de testostérone pour l'emporter, pourquoi en prend-il ? Réponse parce que les autres en prennent ! Mais bordel dans ces conditions, que personne n'en prenne et le champion sera respectable !!! Pour le moment la suspicion ronge le peloton et plus personne n'est désormais crédible. Vous avez coupé la branche sur laquelle vous étiez assis, amis coureurs et je crains que la chute ne soit douloureuse.
Tomber de vélo ça fait mal aussi.
|
 |
J'arrive chez elle
Au moment d'enregistrer cette chanson, J'arrive chez elle, CD live "Toi ma Guitare et Moi", comme elle était un peu longue, j'ai supprimé un couplet le voici.
Elle commente le Tour de France et les champions
En râlant parce que sur leurs jolis maillots
Au lieu de faire la pub pour des montres à la con
Ils f'raient mieux d'afficher le nom de leurs labos
J'arrive chez elle etc...
|
 |
Zizou
J'ai fait comme tout le monde, j'ai regardé la finale du Mondial.
J'ai vu Zizou filer un coup de boule.
J'ai déploré qu'il soit expulsé.
J'ai vu la France perdre sur un coup de pied loupé.
J'ai suivi l'enquête sur les propos tenus par Materazzi. (prononcez : Ma... t'es raciste ?)
J'ai compris que Zizou avait été insulté.
J'ai pensé que la FIFA avait fait son boulot.
Mais... Je n'ai lu nulle part que la réaction de Zizou pourrait bien être celle d'un type chargé à donf.
Or, j'avais lu voici quelques temps qu'aux états, les champions de football américain sont tellement chargés qu'ils deviennent de plus en plus agressifs et que les protections ne servent quasiment plus à rien, tant la violence des coups est devenue incroyable. Certains footeux américains ont été convaincus de meurtres sur leurs adversaires, leurs épouses à l'issue d'un match... La quantité de dope qui circulerait dans les veines de ces types est proprement incroyable.
Alors Zizou bientôt vainqueur du Tour de France ?...
|
 |
Canicule
Attention, lorsque vous lirez ces mots, la canicule sera peut-être encore là. Je vous rappelle qu'il faut boire. Moi, je me suis mis au pastis, car il y a de l'eau dedans et je m'asperge avec du potage aux nouilles pour conserver mes facultés. Ne pas le faire, c'est s'exposer au pire : Avoir des plaques rouges sur le corps, perdre le sens du commun, avoir la langue qui gonfle et bleuit et souffrir de la diarrhée verte sans compter que dans certains cas, heureusement tout à fait exceptionnels, certaines personnes mal hydratées se réveillent avec l'envie de voter pour Sarkozy.
Amies, amis, soyez sympas, buvez !
Ce message d'informations vous a été proposé par la Confédération des éleveurs de Pinard en Terre de France.
Canicule encore.
65 personnes sont mortes en juillet à cause de la Canicule.
Plus de 70 personnes sont déjà mortes en août à cause du gel !!!
|
 |
Recoules Prévinquières
Je reçois un mail d'un type de Recoules Prévinquières qui me demande de venir chanter chez lui pour la fête votive.
Bien sûr, la première chose que je fais c'est d'aller chercher sur une carte où ça peut bien se dissimuler un village avec un nom pareil. Après plusieurs heures de recherches avec une loupe, un pendule, une boussole et un compas, je finis par déterminer que c'est à deux pas du viaduc de Millau. Super. Là-bas il y a du roquefort. J'adore. Je signe le contrat.
J'avais été ferme sur ce que j'attendais des organisateurs de la fiesta dans le village et sur ce qu'ils étaient en droit d'attendre de moi. "Attention", j'avais dit, "je ne fais pas bal, je ne fais pas l'animation, je ne chante pas le répertoire des chansons d'enfants." On m'avait annoncé que ça se passerait dans la salle des fêtes. J'avais réclamé la fermeture du bar pendant ma prestation et qu'on dispose des sièges devant la scène... On m'avait répondu qu'il n'était pas possible de mettre des sièges parce que tout de suite après ma prestation le bal se mettrait en branle, et qu'il serait impossible de fermer le bar car : " de la recette dépendrait la suite des festivités à venir". Comme je ne suis pas un chien, j'avais donné mon aval et les organisateurs m'avaient en échange garanti que le public présent serait là pour écouter, pas pour boire ni danser tandis que je chanterai mes chansons d'aujourd'hui ; pas celles pour les petits.
J'ai donc pris ma voiture et roule bouboule, je suis arrivé à Recoules Prévinquière après dix heures de route sous le cagnard.
La scène de la salle des fêtes était déjà sous l'emprise d'une disco mobile et il ne me restait qu'une bande d'un mètre pour poser mes guitares et me mouvoir. C'est peu. Bon, c'est vrai que je ne gesticule pas autant que Mike Jagger mais enfin, je bouge un peu quand même... Les éclairages n'avaient pas été prévus... Mais après tout, je ne suis pas Johnny et tandis que je chante, il n'y a pas de danseuses du ventre sautillant autour de moi. Quelques projos habilement disposés feraient l'affaire. Le bar était à sa place... déjà ouvert.
L'accueil étant excellent, on m'avait, dès mon arrivée, guidé vers ma chambre où j'avais pris une douche, on m'avait offert à boire, on s'était inquiété de mon état de fatigue, bref, quand on me proposa de signer quelques autographes, je m'empressais de le faire n'ayant aucune raison de bouder dans mon coin, d'autant qu'il doit certainement exister dans le monde des choses pires qu'une disco mobile dans une salle des fêtes...
Comme je m'inquiétais d'un écran géant disposé à l'extérieur de la salle des fêtes, on m'expliqua que la France jouait sa demi-finale contre le Brésil et que le match allait être retransmis sur l'écran... Ah... Ben ça, je n'avais pas prévu... Difficile de lutter contre tout un peuple uni derrière les Bleus...
Ma prestation était prévue à l'issue du match... vers 23 heures 30... Joie !
En fait, je n'étais toujours pas très inquiet, car je me disais : "Voyons mon petit Corbinou, tu sais bien que si on te demande de venir, c'est parce que les gens t'aiment bien et puis, c'est la fête du village, et il n'y a ici qu'à peine 400 habitants. Les plus jeunes viendront pour regarder le match ici, mais les plus anciens resteront devant leurs télés. Tiens, si tu as le quart de la population du village pour ta prestation, tu pourras t'estimer content. Quand on t'annoncera, pour peu que la France ait perdu, il ne te restera pas grand monde pour t'écouter... Les gens seront fatigués... Si ça se trouve, il n'y aura personne ... Allez mon gars redresse-toi !
À vingt-et-une heures, la place était noire de monde ! Tous les villageois des alentours s'étaient donné rendez-vous devant l'écran géant... Je n'ai pas compté, mais on m'aurait dit qu'il y avait un millier de gus sur la place que je n'en aurais pas été surpris. La buvette ne désemplissait pas. Les chants cocardiers succédaient aux chansons de cul, l'ambiance était chauffée à blanc... "ALLEZ LES BLEUS ! ALLEZ LES BLEUS !"
Il ne me restait qu'à espérer que le calme revienne avec une France défaite pour que chacun, déçu et calme tout à coup retourne vite à ses pénates : Hélas la France a gagné !...
|
 |
Japonaiserie
Les Japonais venaient sur le port
Expliquant en échange d'écus :
"Quand on a la face au nord
C'est qu'on a le sudoku" (1)
(1) vive la poésie !
|
 |
Recoules Prévinquières suite et fin
Je suis entré sur scène à l'heure prévue. Au bar, la meute m'a fait un triomphe en hurlant sur l'air des lampions mon nom pendant cinq minutes... Impossible de dire un mot. "Corbier, Corbier, Corbier, Corbier..." Bonjour ! Que j'dis. "Corbier, Corbier, Corbier, Corbier" qu'ils font !!! J'ai la trouille au ventre comme jamais. Autour de la salle des fêtes, il y a des bancs et des vieillards sont assis là. Souriants. Calmes. Bienveillants. Moi, je ne le sais pas. Je ne vois personne. On me racontera. Des gamins courent d'un bout à l'autre de la salle. Devant moi, accoudés aux barrières qui protègent la scène de la foule alcoolisée, une trentaine, cinquante jeunes peut-être sont venus pour écouter mes chansonnettes. Le bruit est infernal. Je ne sais pas si on me voit sur l'embryon de scène... Le type de la disco mobile réalisant qu'il n'y a rien d'autre à faire que m'envoyer à l'abattoir, me fait signe d'enchaîner. Il monte le son, j'attrape ma guitare et j'entame dans le bordel le plus total mon spectacle.
J'ai un contrat pour une heure. Il faut que je tienne le coup. Ne pas m'occuper des beuglements ni des gosses qui cavalent. Je dois faire comme si je n'entendais pas les chansons de cul du bar, ni les types qui braillent mon nom. Je chante. Droit comme un i. Vingt minutes de faites. Une demi-heure. Je n'ai toujours pas pu leur parler, leur dire bonjour, les remercier de cette invitation. Le foin est toujours aussi sévère. Je chante. Je chante.
Je chante le Sida pour des mômes qui jouent à chat perché sur une sorte de table posée au milieu de la salle. Je chante. Je chante. Et je ne regarde personne. Je fixe le mur d'en face. Je ne sais pas si les gens m'applaudissent. Je ne sais pas s'ils s'amusent et chantent avec moi comme ils le font d'habitude. Je fais comme si. Je ne sais pas si les jeunes qui s'étaient pendus aux barrières sont encore là. Je chante. Je chante. Je ne pense à rien d'autre qu'à mon chèque !!! La sono donne à fond, mais je n'entends pas ma guitare... Je baigne dans une lumière bleue et rouge et je serais bien étonné qu'on me devine... Je chante. Je chante. Je chante. Quarante-cinq minutes de faites. Encore un quart d'heure. Encore dix minutes. Cinq ! J'ai fini. J'ai fait mon heure. Ouf ! Je suis liquéfié. Je dis au revoir. J'entends quelques voix s'élever dans le tumulte : "Une autre. Une autre." Je fais celui qui n'a rien entendu. Je reviens saluer quand même. Je suis épuisé. Cassé. Vermoulu. J'ai envie de pleurer. Je me précipite dans la loge qu'on a mise à ma disposition. Là sont entreposées les chaises qu'on n'a pas voulu installer pour moi. Un type s'engouffre. Il me demande un autographe. Je lui réponds que je vais d'abord me changer. Je dégouline. Il insiste. Il veut son autographe. Il a dû faire un pari avec ses copains. Je lui dis que je voudrais d'abord me reposer quelques instants. Il veut son autographe. Alors je lui dis plus fermement que je voudrais d'abord me changer. "Un autographe" ! Je lui dis montant le ton, que je vais me foutre à poil ! "Un autographe !" JE VAIS ME FOUTRE à POIL ! MERDE ! J'ai hurlé ça à trente centimètres de son nez. Il me dit : " Alors vous ne voulez pas me donner un autographe ?" "NON !!! MERDE !!!" Je le vois se décomposer. Il avait dû parier gros avec ses potes du bar. Il est déçu. Je me dis qu'il va comprendre que je désire respirer un coup et qu'on se verra ensuite. Il ne reviendra pas...
Je me change. J'ai mal aux reins. Je suis aphone. Je sors de la loge. Je signe quelques papiers que me tendent des enfants. Une grand-mère veut ma signature pour son petit-fils qui habite à Paris et qui n'a pas pu venir. Je signe. Je transpire comme un bœuf à l'abattoir. J'ai l'impression d'être hagard... vidé, perdu, perclus. Pire : vieux !
Il est une heure du matin.
Dehors, il fait doux. Chaud même. On m'offre une bière. Je retrouve le type qui m'a fait venir. Il est content. Il me présente à sa maman. Je serre quelques paluches. On me félicite. Je souris. Je fais des bises. Tout le monde a l'air ravi. Personne ne me demande ce que je pense de la soirée... On ne me parle pas de mes chansons... D'ailleurs comment le pourrait-on, personne ou presque n'a dû écouter. Maintenant, la disco mobile crache ses décibels. Le bar qui n'a pas désempli de la soirée explose. Seul le mur de la salle des fêtes sépare les deux côtés du bar... Une face à l'intérieur, une à l'extérieur... Il me semble qu'on aurait pu fermer la face interne tandis que je faisais l'andouille... L'odeur de la bière couvre celle des plantes qui cernent la place. Un type me tape sur l'épaule et me dit : "La France a gagné, c'est super hein ?" J'acquiesce. "Oui, oui, c'est super." Une jolie demoiselle vient me voir et me dit qu'elle avait parié que le Brésil allait gagner et qu'elle doit comme punition me faire une bise sur la joue... Je lui réponds avec de la cendre sur la langue que je ne suis pas l'objet d'un pari. Elle s'en va. Pour elle c'est rédhibitoire, je suis un con et je le serai jusqu'à la fin de son existence. J'ai envie de vomir. Deux types qui me semblent aimables voudraient me parler. Je suis incapable de le faire. Je suis fatigué de parler et de dire des banalités en souriant. Je suis triste. Je m'esbigne poliment. Discrètement. Ne pas faire de vagues. Ne pas me faire remarquer. Singeant César Jules, je pense : Je suis venu, on m'a pas vu, j'ai disparu... Je remballe mes guitares. Je remonte dans ma bagnole. Je me coule et recoule sous la douche puis dans mon lit. Demain on m'attend à l'Île de Ré ! à 500 bornes de là. Rideau.
|
 |
Une chanson inédite
HERCULE
Hercule est jardinier
Il travaille à Paris
Il s'occupe des marronniers
Autour de la Mairie.
Du matin jusqu'au soir
Il compte les bourgeons
Et s'il en manque un, par hasard
C'est lui qui a les boutons.
Hercule cet été
N'est pas resté au lit
Pour la Mairie, il a planté
Des palmiers, c'est joli.
Des berges de la Seine
Il a fait Hawaï
Le sable était chaud érogène
Y a eu un Tsunami.
Mieux qu'un tir d'artillerie
Dans une guérilla,
La vague a détruit la Mairie
Et le commissariat.
Sa mission salvatrice
Ne s'est pas arrêtée
Avant qu'tombent le Palais d'Justice
La Chambre des Députés.
Comme saisie de remords
A l'instant de quitter
Paris, la vague a fait encore
Un tour dans les quartiers.
Brisant le Sacré-cœur,
Le Sénat, l'Elysée,
La vague a fui laissant le cœur
De Paris nettoyé.
Depuis la capitale
Où je respire pénard
J'écris cette carte postale
Assis sur le boulevard.
On m'apprend à l'instant
Qu'Hercule que rien ne lasse
Ira sous peu travailler dans
Les écuries d'Augias.
|
 |
Épilogue
Voilà ! Le mois prochain, je vous raconterai Poitiers le Cassoulet Show, mon passage sur l'Île de Ré, et vous découvrirez la belle aventure de Montreuil-sur-Mer. Je vais me mettre au soleil à côté de la piscine que j'ai fait construire dans mon jardin normand. Bon... En fait, il ne s'agit pas véritablement d'une piscine, c'est rien d'autre qu'un verre d'eau que j'ai coincé par terre, mais quand je mets un doigt de pied dedans vous n'imaginez pas le bonheur ! Surtout quand ensuite je le bois.
Bisous les filles ! Pensez à moi au moment de céder aux avances de vos cavaliers... Je vous embrasse copieusement.
Les gars, pensez à vous brosser les dents avant de vous pencher sur votre cavalière pour le baiser qui tue, car il se pourrait qu'en effet elle meure... Grande claque virile dans le dos.
à la rentrée
Corbinou.
|
 |
www.francoiscorbier.com
Si vous ne souhaitez plus recevoir le Petit Corbinou cliquez-ici
|