Tonton Geo qui dormait, sous une pierre plate
Au Cimetière des Pauvres, un matin s’éveilla
En tenant un couteau avec ses omoplates
Cadeau qu’un bon ami venait de planter là.
Que n’eûtes-vous Tonton l’idée de disparaître
En poussant devant vous dans la tombe l’ingrat
Qui de votre vivant vous appelait son maître
Et se disait pour vous prêt à trancher son bras.
À peine disparu, voilà sur votre tombe
Où reposent vos os, qu’il danse, chante, et rit
Voilà qu’il s’insinue peu à peu dans vos pompes
Tourne autour de vos femmes et viole vos écrits.
Pour un peu il irait dire dans les gazettes
Que c’est lui qui pondit vos œuvres et chaque soir
Tandis que vous chantiez vos tendres chansonnettes
C’est lui qui accordait aussi votre guitare.
Le sot prétentieux aux foules vagabondes
Dit que sa gloire vous fit le détester parfois
Et qu’elle vous rendit envieux, aigri et conte
Cent autres balivernes à en rester sans voix.
Ces élucubrations , arrivent des cuisines
D’un triste tord-boyaux, dormez en paix Tonton
Elles sont pitoyables et Castelsarrasines
Preuve que le talent naît aussi chez les cons !
François Corbier