Figurez-vous que j’ai une copine avec laquelle j’ai bossé plusieurs années au Club Med. Elle vit aujourd’hui du côté de Bordeaux. Je la revois en général l’été, car le Bordelais n’est pas, à mon grand regret, une région qui m’accueille souvent en concert, même si pour la première fois cette année j’y suis allé chanter deux jours, dans d’excellentes conditions d’accueil et de confort scénique, cela reste du domaine de l’exception. Ma camarade vit toujours, et vivait déjà à l’époque Club Med avec un prof de yoga. Ménage heureux et sans nuage, mais elle a toujours été entourée d’une multitude de soupirants qui, pour autant que je sache, sont toujours rentrés chez eux, avec, comme le disait Jacques Brel, « la bite sous le bras ».
Ah les sigisbées et jolis prétendants de ma copine ! Je les voyais arriver de loin. Toujours la même allure. Roulant des mécaniques, le sourire carnassier, la mèche gominée et, accroché dans un recoin du cerveau reptilien l’espoir de lui dérober un baiser, un geste tendre, un sourire, une caresse ! Mais je t’en fiche ! Ma camarade, droite comme un I passait devant ses soupirants en battant des sourcils et sans plus se préoccuper des ravages qu’elle occasionnait sur son passage.
France s’appelle ma copine.
En ce moment les coureurs du Tour de France sont comme les amoureux de ma copine ! Prêts à tout pour l’emporter. Surentraînés, ils rêvent de gagner l’étape, comme rêvaient jadis les galants de France qui faisaient le tour de ma copine !
Hier Chavanel, après un démarrage foudroyant qui lui a permis de remporter l’étape et d’enfiler la casaque d’or, qu’il avait déjà portée cette saison et perdue dès le lendemain, semblait heureux, les yeux cernés et sans doute aussi les reins en capilotade, il pérorait, le coude mollement posé sur le cadre de son vélo. Et moi je pensais enle voyant aux braves gentils membres du Club Med qui auraient bien aimé gagner l’étape, avoir les yeux cernés et les reins brisés par leurs exploits, puis défiler dans le village du Club en roulant des mécaniques au bras de la petite reine séduite.
Seraient-ils allés jusqu’à porter un maillot jaune pour que tout le monde soit au courant de leurs exploits ? En général en amour le jaune n’est guère signe de victoire… Le meilleur grimpeur désigné par France elle-même, aurait-il souhaité qu’on lui remît devant tout le village réuni, un maillot à pois ? Les pois ne sont ils pas synonymes de boutons ?..... En amour se retirer le visage couvert de boutons n’a jamais été très sécurisant… Quoi qu’il en soit hier j’ai trouvé bien beaux nos champions dans leurs maillots.
À part ça, si ma copine s’était appelée Jeanine, cette chronique n’aurait pas été écrite, et en cette période d’absence manifeste d’idées, je me serai retrouvé à ne rien raconter du tout.
Merci Chavanel.
Le Tour de France oui.
Le tour de Jeanine… Faut voir !