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T’as pas froid aux pieds toi ? Moi c’est terrible ! « Pieds gelés, signe de neige ! », disait mon grand-père qui est mort amputé des deux jambes ! L’hiver je peux comprendre, mais l’été aussi j’ai les pieds gelés. Si tu veux mon avis, si j’ai froid aux pieds l’été c’est qu’il doit neiger quelque part sur la boule ! Hein ? L’histoire ? O.K je te la termine.
  

Tu te souviens que j’ai écrit en 1965 une chanson qui fonctionne très bien au Club Méditerranée de Cefalu en Sicile. Je la chante tous les soirs au bar de nuit face à la mer pour un petit public d’amoureux et de rêveurs.
Figure-toi que l’autre jour je reçois un mail pour le moins surprenant.
Tiens, le voilà.

Bonjour,
Ma requête vous semblera sans doute incongrue mais il y a quarante ans, au Club Méditerranée de Cefalu en Sicile, nous chantions le soir cette chanson « Tombe l’eau ». Je viens tout juste de retrouver, grâce à l’internet, un de ces amis, perdu de vue depuis 40 ans, et nous souhaiterions nous retrouver au son de cette chanson. J’ai cherché sur le site de la FNAC mais je ne l’ai pas trouvée. Pourriez-vous m’indiquer où je pourrais la trouver ?
J’espère que vous saurez prendre le temps de me répondre.
Bien cordialement,
Anne

Tu peux imaginer mon étonnement. Je veux bien qu’une chanson puisse marquer la mémoire mais qu’on s’en souvienne encore quarante-cinq ans après, alors là, je n’en reviens pas.
Et tu sais ce qui est encore plus surprenant dans toute cette affaire, c’est que cette chanson n’a jamais intéressé qui que ce soit chez les éditeurs, les producteurs, les promoteurs de chansons… Rien ! Nib !

Alors j’ai fouillé dans mes archives, je me suis creusé la tête et j’ai fini par retrouver le texte original de cette chansonnette. Je dis bien le texte original, car voici quelques années, il m’était venu à l’esprit de raconter une autre histoire sur cette même musique, en conservant le titre : Tombe l’eau. Mais devant le peu d’enthousiasme des personnes qui avaient connu la version originale, j’ai vite laissé tomber. Si vous voulez lire ce texte nouveau, vous le trouverez sur mon site dans « Textes de chansons ». Mais il m’a semblé que pour clore cette histoire le mieux était de vous offrir la version originale de cette chanson.
Je sais que ce n’est pas un grand texte, rien qu’une chanson qui a réussi à traverser le temps et qui a laissé de jolis souvenirs dans la tête de ceux qui étaient là en 1965….
Bonne lecture.

Tombe l’eau

L’orage comptait ses gouttes
Il ne pleuvait presque plus
Mais le vent semait le doute
Mais le vent courait les rues
Un vent frais vent de décembre
Aussi triste qu’un corbeau
Un vieux vent à ne pas prendre
Ni se mettre sur le dos

Tombe l’eau, glisse la neige
De la neige dans tes sabots
Tombe l’eau glisse la neige
De la neige sur ton dos

Le vent courait par la ville
Comme ces chiens affamés
Ces chiens en quête d’asile
Mais trouvait portes fermées
Quelquefois les vents s’essoufflent
Meurent sans être réchauffés
Une fille sans pantoufles
A soulevé son loquet

Tombe l’eau, glisse la neige
Etc…

Quand l’hiver refait des siennes
Si les vents font le gros dos
Ils vont frapper aux persiennes
De la belle au cœur si chaud
Et tu peux médire d’elle
T’en moquer ou l’insulter
T’as tout faux elle est fidèle
Le premier l’a emportée.

Tombe l’eau, glisse la neige
Etc. Ad lib.

Voilà. Amusant non ? Ça date de 1965… À l’époque on ne parlait pas de types en quête d’asile, et les filles qui couchaient étaient encore traitées comme des salopes…

En tout cas j’ai encore les pieds gelés ! Hein ? Il neige à Toulouse ? Ah ben ça explique tout !...

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