Ils sont en train de construire le tramway.
J’ai quasi plus rien reconnu. Je ne sais pas ce que j’ai fichu mais il est certain que j’ai eu de la chance qu’aucun policier n’ait fureté dans le coin à l’heure à laquelle je me suis pointé dans la capitale du vin qui bulle. Poussé par mon GPS et le jeu des sens interdits et de machins incompréhensibles, à un feu rouge qui ne voulait pas changer de couleur je me suis avancé quand même et là… je me suis retrouvé dans un dédale de voies en travaux, faisant voler la poussière et usant mes amortisseurs plus ou moins violemment en fonction du trou traversé ! Secoué comme une salade, je voyais les piétons me regarder d’un œil rigolard. À tous les coups j’avais dû franchir un barrage sans m’en rendre compte et j’aurais fort bien pu me retrouver dans un précipice d’une profondeur incommensurable où des lions m’auraient dévoré sous l’œil narquois d’un préteur ou d’un proconsul drapé dans sa toge immaculée ! Reims est toujours une province romaine !
Je suis passé devant la gare… et je ne l’ai même pas vue !
Je n’ai pas pu emprunter la place d’Erlon , fermée à la circulation, (m’a-t-il semblé) et je me suis retrouvé dans une rue étroite où, une fois garé devant une église réformée, j’ai pu me rendre à pied dans un excellent petit restaurant où le chef m’a préparé un poisson au riz dont je ne vous dis que ça. De la fenêtre du restau je voyais les travaux… Magnifique !
Reims aura prochainement et avec vingt ans de retard (par rapport aux prévisions) un tramway des plus épatants, d’une beauté à foutre les boules à Miss Monde et qui devrait être l’un, des plus rapides sinon le plus rapide de la galaxie ! Youpi.
J’étais attendu à la MJC le Flambeau. Cette maison des jeunes a la particularité d’être située rue de Bétheny. Vous me direz que jusque là il n’y a rien de bien particulier et je serais bien en peine de vous donner tort, mais… figurez-vous qu’il y a deux rues de Bétheny à Reims… Comment cela se peut-il ? Et bien cela se peut par le fait qu’autrefois cette rue de Bétheny, sise à côté de la place Blanqui n’était pas dans Reims, mais dans un petit village collé à Reims… Les années passant, le village a disparu, mangé par la métropole, et, vif comme l’éclair, la municipalité, vingt ans après l’ingestion du bled n’a toujours pas réussi à donner un nouveau nom à cette rue…
Je ne vis pas à Reims, et mon avis n’a aucune espèce d’importance, mais si le conseil municipal a des difficultés à trouver un nom original pour cette rue… je lui propose de la baptiser rue Trois fois sept vingt et un. Ce n’est pas plus ridicule qu’autre chose et au moins les gamins qui passent dans le coin s’en souviendront le jour de la récitation des tables de multiplications… Et si vous préférez rue Six fois sept quarante deux, ce sera très bien aussi !
La MJC est plutôt sympa quoiqu’un peu étrange au niveau de la construction. La scène est légèrement surélevée, mais surtout la salle est dans un trou bordé tout du long de deux des quatre côtés qui mènent à la scène comme à la sortie, par trois marches. On se croirait un peu dans une piscine… C’est assez étrange comme impression et surtout peu pratique pour les culs-de-jatte qui désirent assister au spectacle et surtout, si c’est une piscine, ils n’ont pas mis d’eau !
Je suis accueilli par l’homme des lumières et l’homme du son. Deux personnes tout à fait compétentes et agréables qui s’empressent d’allumer les lampes et de brancher les câbles. Tout se passe le mieux du monde. Et rapidement. L’ami Christian Lassalle qui est à l’origine de ma venue ici nous rejoint bientôt et voilà que déboule un comédien de Récré A2… qui s’occupe d’un atelier de théâtre dans le coin. Il me semble en pleine forme avec son grand sourire et ses beaux cheveux blancs. Il travaille sur une comédie musicale en partenariat avec la ville, la Licra et la Sncf. Je le sens plein de vie et d’enthousiasme et j’ai dû lui paraître un peu lointain, mais j’étais déjà dans ma bulle de spectacle, et comme je ne bois pas on n’a pas pu aller se réfugier dans un coin pour se raconter nos vies. J’espère qu’il n’en aura pas été vexé.
La soirée arrive vite. Je suis là pour chanter mais aussi pour être président du jury d’un concours de chant. Je ne suis pas très à l’aise dans ce genre de chose. Je n’ai jamais aimé juger mes collègues, qu’ils soient jeunes ou plus âgés que moi, et j’ai toujours peur de faire de la peine. C’est si difficile d’exister dans ce métier et le commencer en étant boulé dans un concours, n’est pas bien réjouissant… Mais d’un autre côté, si on s’arrête à la première vexation… c’est qu’on n’était pas fait pour ce job. J’ai participé à trois concours dans mon existence et je n’en ai gagné aucun… Ça ne m’a pas empêché de faire ce métier…
C’est un duo qui l’emporte. Nonolimite. Ils sont amusants comme tout. Dynamiques et volontaires. L’un des deux joue de la basse-bassine et l’autre de la guitare. Ils ont trois chansons pour nous prouver qu’ils ont du talent. Ils y parviennent aisément. Je les aime bien car je comprends tout ce qu’ils racontent… Ils ont de la voix, ils articulent, bougent bien, et leurs textes sont très bien torchés ! Ils ont un myspace… allez y faire un tour : nonolimite
Ma prestation se passe très bien malgré quelques petits soucis guitaristiques au niveau de mon entrée de jack et de la tenue de la courroie. Deux fois rien, mais j’ai tout de même eu des coupures de son et j’ai bien failli perdre ma guitare en jouant… Rien de tel pour me mettre mal à l’aise. Il faut que je retourne vite chez Benoit de Bretagne qui m’a fait si cette si belle guitare qui sonne de l’enfer, avant qu’elle ne tombe ou que j’abîme le système qui reçoit le jack. Bref une sottise. À part ça j’ai fait une heure et quart, et il y avait dans la salle le responsable à la culture d’un village du coin. Bazancourt le village. Le bonhomme a été emballé. Il me l’a dit. J’ai eu la faiblesse de le croire. Si vous vivez dans le coin et que vous me lisez, il se pourrait bien que je déboule chez vous d’ici quelque temps. Vous pouvez commencer à faire la promo….
Il y a aussi une jeune femme Pascale qui viendra me dire à l’issue de la soirée : « Je craignais que vous ne soyez antipathique et snob. J’avais lu sur vous des choses ridicules et vous m’avez fait passer une excellente soirée. Je ne vous imaginais pas si drôle ni si touchant… Merci. » Merci à vous aussi pour cet aveu Pascale. Il faut toujours se méfier de ce qu’on lit, même lorsque ce sont des amis « journalistes » qui le racontent…
Deux autres amis sont là aussi. Un photographe. Thierry. Camarade d’Éric Gombart il m’a déjà fait un magnifique reportage lors de notre passage au Théâtre de Ménilmontant. Cette fois encore il est venu avec son appareil et son œil efficace ! Ses portraits sont superbes. Je vous invite à aller les voir à cette adresse : Flambeau
La photo qui illustre cet article est de Thierry. Merci m’sieur.
Et puis Philippe aussi et là. Nous échangeons régulièrement quelques mots sur la liste les-chansons-dabord@yahoogroupes.fr liste à laquelle je vous conseille d’adhérer si vous êtes passionnés de chansonnettes. Surtout de chansonnettes pleines de mots… Il y a toujours sur cette liste une personne qui sait de quoi vous parlez et qui saura vous aider en cas de quête. Philippe est guitariste. Blues. Mais il a aussi un truc qui pour moi vaut de l’or, il vit dans la Somme, à Ailly-sur-Noye… Dans le village où j’ai grandi et dont je parle sur scène à chaque concert… Philippe est venu avec une boîte de tuiles au chocolat… Avec mon diabète, normalement je n’y ai pas droit, mais c’est trop tentant ! Je m’en dévore une chaque soir ! Merci Philippe !
Après le concert, j’ai dormi chez Christian Lassalle et son épouse dans leur maison au milieu des vignes. J’y serais bien resté un mois ou deux, tant leur accueil fut épatant. Leur gentillesse n’a eu d’égale que la beauté du lieu ! J’en redemande. Merci Christian. J’ai bu votre champagne sans en laisser une goutte aux moineaux !
Le lendemain matin j’ai repris la route. Il faisait tout gris, tout moche, mais je sais que je reviendrai et qu’il y aura du soleil, celui que vous portez dans vos yeux et dans le coeur si celui qui baigne la planète n’est pas disponible. !
Merci à tous pour cette superbe journée d’amitié partagée.