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Jean-Pierre
Jean-Pierre, c’est mon frère. Mon vrai frère. L’autre fils de papa et maman. Jean-Pierre c’est mon aîné. Quatre ans de plus que moi qu’il a. Lui, il a fait des études. Il était un peu plus doué que moi pour ça. Il en a gardé un côté un peu instit… Je sais qu’il ne le prendra pas mal ; il se connaît, et il me devine ! Jean-Pierre connaît tout Trenet. Tout Brel. Tout Brassens. Et quand il se met à chanter de l’Aznavour il est génial. Jean-Pierre aime la chanson. Les chansons. Toutes les chansons. Même dans le yéyé il en connaît. Jean-Pierre il a chanté au music-hall en tournée avec tout le monde. Brassens, Perret, Macias, Claude François, Mike Brant, Quand on était des grands gamins, un jour on est allés chercher des petits formats (ce sont des partitions musicales) aux éditions de Charles Aznavour. Quand on est repartis avec du papier plein les doigts, l’ascenseur était occupé. On a attendu. Soudain la porte s’ouvre et le maître surgit tel un diable hors de sa boite. Il nous regarde. Passe entre nous. Et rentre dans ses bureaux. Il est déjà rentré quand nous nous décidons. On ne s’est pas concertés, c’est venu comme ça : Bonjour m’sieur !… Et là, on réalise, et on éclate de rire. Chez nous, quand on éclatait de rire, ça pouvait durer la journée. Et c’est ce qui s’est passé. Avec Jean-Pierre, J’ai ri comme jamais plus de ma vie je ne pourrai rire. Tout me faisait rire. Tout le faisait rire. On a tout fait ensemble. On a vendu des fromages rue Saint-Antoine, on s’est retrouvés enfermés dans un commissariat à cause d’un ballon de foot, on s’est foutu des peignées en partant aux Arènes de Lutèce, on s’en est mis d’autres en rentrant des Arènes de Lutèce, on a fait ensemble des sprints et des courses de patins à roulettes et des balades à vélo et je vous jure qu’on était Robic et Bobet ! On a chanté ensemble, dans la vie et sur scène. Il a chanté des parodies que j’avais écrites pour lui. On a vibré ensemble en écoutant Léo Ferré. On a chanté ensemble sur les disques d’Henri Salvador. Et jamais on n’a eu le temps de s’emmerder. Salut frérot !
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