Gouate et Mallat
Radio Luxembourg, qui depuis a changé de nom (RTL), avait organisé un concours de chant à l’échelle nationale. J’avais écrit quelques chansons, et, avec mon frère, nous les chantions sous le nom de Gouate et Mallat dans tous les concours possibles. Bien sûr, on s’était inscrits dans celui-ci. À notre surprise, à la plus grande encore des organisateurs, nous avions gagné en première semaine avec un titre rigolard et bien dans l’esprit de l’époque (1962) : OSS 117. La semaine suivante, nous sommes convoqués à La Souterraine (Creuse) afin de poursuivre l’aventure, et, cette fois-ci, nous décidons de chanter un authentique chef d’œuvre : "Si les vaches volaient". (Le titre indique le sérieux du thème). Je m’en souviens encore, l’affaire se déroulait sous un gigantesque chapiteau. La toile était pleine. L’animateur nous présente avec enthousiasme, et, tout auréolés de notre victoire précédente, c’est gonflés à bloc que nous chantons … dans le silence le plus total ! Rien ! Pas un rire ! Pas même une infime trace de sourire ! Rien de rien ! Un bide, un vrai, un authentique ! Une émeute eût été préférable à l’opacité du silence engendré …
Le lendemain, sur le quai de la gare de La Souterraine (Creuse), une jeune femme poussant un landau au rythme des petits pieds d’une fillette qui ne devait pas dépasser les six ans, arrive à notre hauteur et, sans nous regarder, mais de façon ostensible, à voix haute et intelligible, dit à la gamine : "T’as déjà vu voler des vaches, toi ?"
Quarante ans après, j’en ris encore.
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