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Foot
15 juillet 2010
Je me souviens avoir dit un jour sur Europe 1 ou une autre radio qui m’avait appelé pour recevoir mon avis sur le foot, que je « considère cette activité comme un sport de cons, pratiqué par des cons et à l’usage exclusif de malades mentaux qui préfèrent se taper sur la gueule et se bourrer la tronche plutôt qu’apprécier le spectacle » ! Ça m’avait valu quelques inimitiés dont je me suis instantanément remis mais comme le dit le proverbe, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, et je viens plusieurs années plus tard, vous présenter mes excuses et battre ma coulpe !
  

Qu’est-ce qui peut bien m’avoir poussé à changer radicalement d’avis ?
Un chèque ?
Que nenni ! Pourtant la Fédération Française de Foot n’en manque pas et j’aurais volontiers accepté un don de sa part, mais rien n’est venu.

Une révélation alors ?
Comme certains, qui découvrent un jour que le Christ leur parle, ou que la Sainte Vierge est descendu pour faire un rami avec eux dans le jardin, aurais-je brusquement réalisé la beauté du pied fouettant la baballe ?
Ben non.

La joie communicative du son superbe s’échappant des vuvuzelas ?
Non ! Foin !

Rien de cela et tout ce que vous pourrez encore imaginer ne pourra, ne saura, être le reflet de la vérité. La grâce footballistique m’est apparue lorsque j’ai découvert que les crétins en short pouvaient être encore plus neuneus que je ne l’avais prévu !
J’explique.

Voilà des nez-de-bœufs qui ont la chance de vivre en plein air et de gagner des fortunes pour courir après un ballon. Ils jouent une, deux, voire (rarement) trois fois une heure et demie chaque semaine, touchent des primes colossales, sont pouponnés, adulés, soignés, massés, gavés, décorés, et tout est mis en œuvre pour qu’ils soient heureux. Mais voilà-t-y pas que ces braves garçons sont las de leur sort et décident de se mettre en grève.
Bien. Pourquoi pas.
Le droit de grève existe pour tout le monde et après tout pourquoi n’en profiteraient-ils pas ? Ce qui est incroyable, c’est que deux trois, allez, dix fois dans l’année, des cheminots, à peine mieux rémunérés que des smicards pour l’essentiel, se foutent en grève, et aussitôt, quelques bananes se mettent à hurler qu’ils sont pris en otage par les grévistes qui les empêchent de vivre.
Bon.
Revenons aux footeux.
Nos petits génies du ballon, milliardaires, décident de se mettre en grève, privant les aficionados, spectateurs affamés d’exploits, d’images d’entraînement et de résultats. Entend-on qu’on va les foutre à la porte ? Qu’on va leur sucrer leur salaire ? Leur arracher les testicules ? Leur faire bouffer des couleuvres ? Que nenni ! Il ne se passe rien. On sent bien qu’il y a dans les folliculaires un peu de déception, mais rien de bien méchant. Perso je m’attendais, vu les hebdomadaires violences qui se déroulent dans les stades comme à la sortie de ceux-ci toute l’année partout en France comme à l’étranger, que l’émeute allait éclater, qu’on allait voir de la tripe joncher le sol, du sang gicler sur les trottoirs ! Je m’étais dit que le bon peuple si prompt à jeter l’opprobre sur le gréviste de base allait attendre les Bleus à la descente de l’avion pour leur arracher la langue, leur bouffer les oreilles, leur faire cuire les miches au chalumeau ! Rien…

Alors je me suis mis à aimer le foot parce désormais je sais que plus on est riche, con et fainéant, moins on risque d’emmerdes et je me dis que les cheminots qui ont parfois pu ressentir un peu de honte à se foutre en grève, sauront désormais que tout leur sera pardonné, à condition que leur salaires soient multipliés d’urgence par cent, par mille !
Vive le foot !

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