Favorites
On le voyait tous les jours vers cinq heures
Aller à la poissonnerie de la Rue des Favorites
Quand il entrait un pincement dans le cœur
Il murmurait : « Aujourd’hui ce sera une paire de truites »
Le lendemain
Il achetait du colin
Du saumon ou du hareng de la tanche ou bien des huîtres
Et quand la vendeuse lui rendait
À la caisse sa monnaie
Son p’tit cœur battait plus vite
Pendant vingt ans sur le coup de cinq heures
Dans cette poissonnerie de la rue des Favorites
Il est entré sans jamais ouvrir son cœur
À la vendeuse jolie de la rue des Favorites
Et puis un soir
Au comble du désespoir
Entre une tanche et deux thons il lui avoua sa flamme
Alors la vendeuse jolie
Alla chercher son mari
Qui vint lui casser la gueule…
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