Blanchette
Quand on a bourlingué six mois
Dans le désert, une perm’ de dix jours
C’est bon. J’arrive à Niort.
Elle m’attendait elle était là
Avec le velours
De ses yeux les courbes de son corps
Et sa voix
Si troublante
Envoutante
Qui ne chantait que pour moi
Ce n’était qu’un amour d’été
Mais le goût de ses lèvres
Pour toujours reste gravé en moi
Et nos étreintes hallucinées
Lorsque la fièvre
Allumait nos corps je ne les oublierai pas
Ni sa voix
Si troublante
Désarmante
Qui ne chantait que pour moi
Tiens voilà du boudin
Voilà du boudin
Voilà du boudin
J’aurais dû la garder
Ne pas la quitter
Mais la légion
M’attendait à Bizerte
Et puis chez les Viets
À Saigon
Je ne pourrai jamais oublier
Ni ses sabots luisants
Ni sa barbiche de sous-officier
Ni son poil ni ses cornes et
Son lait si blanc coulant
Entre mes doigts quand je l’aimais
Ni sa voix
Si troublante
Chevrotante
Qui ne chantait que pour moi
Tiens voilà du boudin
Voilà du boudin
Voilà du boudin.
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