A


Accident
Aime pas (Je n’)
Ariane
Armée
Authier (Christine)
Azoulay (Jean-Luc)




Accident

13 Juillet 1980. Il a plu toute la journée. La flaque d’eau, une fois mesurée, avouera 33 mètres… La voiture est totalement détruite. Il y a du verre partout. La ferraille est tordue. Les pompiers mettront plusieurs heures pour me dégager. La conductrice n’a rien. Moi j’ai la jambe droite brisée. Tibia-péroné dira le radiologue a l’hôpital. Plus esquilles. En face, il paraît que c’est beaucoup plus grave. Pourtant elle ne roulait pas vite ma chauffeuse. Soixante kilomètres. On est arrivé sur la flaque et on est partis en aquaplaning. Impossible de rattraper la voiture. On est allés percuter les gens d’en face qui ne demandaient rien à personne. On nous a dit qu’on avait eu de la chance… En tout cas ma chauffeuse et moi on est vivants…
Je suis dans le hall d’entrée de l’hôpital. Sur un lit à roulettes. Des infirmières me parlent. Depuis l’heure de l’accident, des tas de gens me parlent. Des grands, des petits, des gentils, des sévères, et tous me demandent la même chose : Vous vous appelez comment ? Et moi docile je réponds : Mireille Mathieu ! D’autres fois je dis Paul Piot ! Je dis aussi Francis James ! Il faut dire qu’ils sont très fatigants tous ces secouristes. Je leur ai dit mon nom. Mon vrai nom. Alain Roux. J’ai même dit : je m’appelle aussi François Corbier. J’ai été clair, je n’ai pas fait l’andouille, j’ai dit la vérité. Mais apparemment, ça les dépasse ! Avoir deux noms c’est beaucoup trop pour eux. Enfin beaucoup trop : c’est exagéré de ma part. C’est un de trop. Ma chauffeuse, qui m’a pris en stop, et qui me connaît du Caveau de la République ou du Port du Salut je ne sais plus, leur a dit : Il s’appelle Corbier. François Corbier ! Moi j’ai commencé par dire Roux. Alain Roux. Et comme ça ne collait pas, ils m’ont dit vous avez vos papiers ? Moi j’ai dit non : je les ai laissés au Caveau de la République ! Là j’en avais pas besoin, j’allais voir ma mémé. Bon qu’y-z-ont dit ! C’est O.K ! on recommence tout. C’est quoi votre nom ? Et forcément, au bout d’un moment, moi aussi j’ai senti la fatigue me pénétrer, et j’ai dit : O.K… O.K… Mon nom, mon vrai, celui de l’État Civil, c’est Dalida ! Comme les secours étaient très longs à venir, les secouristes ont continué à faire leur boulot et moi à dire qui je suis : Claude Bolling ! Ernest Hemingway ! Jules César ! Maurice Ravel… Je voyais bien que tous ces noms-là ça leur disait quelque choses…. Enfin, quand l’ambulance est arrivée, ils (les secouristes) ont été bien contents de repasser le ballon aux collègues de l’hôpital. Et là, à l’hôpital, ils ont recommencé : C’est quoi votre nom ?
J’étais au bord de tourner de l’œil quand les copains du Caveau de la République ont débarqué ! Je sais pas trop qui les avaient prévenus. Sur le coup ça ne m’a même pas semblé bizarre. Quand on passe sa vie avec des gens, il est normal de les retrouver partout. Même là ! Ce sont eux qui ont expliqué mon double patronyme. Cette fois, y en a un qui a compris, et ils se sont décidés à me donner une chambre. Les copains sont repartis en me promettant de revenir avec Hara-Kiri ! Tous les copains sont venus. Tous étaient prêts à m’aider financièrement s’il y avait eu nécessité. Merci les potes. Merci Alain Cocagne, Merci Serge Llado, Merci Jean-Jacques Delaunay. Merci Pierre Henri. Merci Fanon. Merci à tous, merci, merci, merci... Merci à mes copains magiciens Stéphane, Merlin. Merci enfin à tous ceux qui se sont inquiétés de ma santé. Et MERDE à tous ces salauds d’assureurs qui ont mis quatre ans pour me donner un peu de fric, et qui sans Maître Jean-François Auduc ne m’auraient jamais réglé. Fumiers !
Plusieurs mois plus tard, alors que j’étais rétabli (je suis resté six mois sans travailler et j’ai toujours une prothèse dans la jambe), dans un restaurant, je rencontre mon ami André Gaillard (Les Frères Ennemis) qui s’inquiète de ma santé. Comme je suis assis et qu’il ne voit que le haut de mon corps, je lui dis : Ah ! Ben, ça va ! Ca va ! Ca va ! Enfin ça va comme ça peut aller maintenant qu’ils m’ont coupé la jambe ! Oh bon sang ! Dédé, comme tu es devenu blanc ! Comme j’ai vu ta lèvre trembler mon Dédé ! Si ça, c’est pas de l’amour qu’est-ce que c’est ? Je ne te ferai plus jamais ce genre de plaisanterie mon Dédé ! T’es fait pour rire, pas pour pleurer. Je le sais, on est du même tonneau !



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