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9 - Retour au bercail
15 décembre 2011
J’ai passé une nuit atroce ! Le matelas était tellement mou que je n’ai pas cessé de me tourner, retourner, je me suis débordé, j’ai failli tomber dix fois du lit à la recherche de ma place ! Lorsque mon réveil a sonné j’étais en plein cauchemar ! Prisonnier d’un aquarium géant où dansaient des murènes et des grenouilles albinos tandis qu’un perroquet m’interrogeait sur les mouches de pêche avec la voix de Michel Galabru !
Quelle nuit !
  


Le salon du livre de Châteauneuf-Villevieille s’est installé dans une aile de la mairie. Monsieur le maire a fait tirer des photos de ma tronche et les fans peuvent se les faire dédicacer. Chaque photo vendue ira grossir la manne du Téléthon. L’idée est généreuse et sympathique. Elle aurait été magnifique si tout le département était venu à nous... Monsieur le maire est un type épatant, amusant et pas prétentieux pour deux ronds. Monsieur le maire bouillonne d’idées ! Il veut croire à son salon et il en a profité pour organiser un concours littéraire avec une édition à la clé. Les meilleurs auteurs seront publiés. Pour cette première édition, une petite vingtaine de participants se sont appliqués à raconter leur ville, leur région. Monsieur le maire a récompensé les meilleurs écrits. Il y est allé de son discours. Pour un peu on se serait cru dans un conte de Daudet. Tout y était. Le décor superbe, l’accent chantant, le soleil chaud en ce début de décembre, la bonne humeur générale. Les exposants ont applaudi le discours et les lauréats. J’ai signé sur les photos et fait des bises aux gamins.
Ensuite on a bu un verre puis on est passés à table et après le repas on m’a raccompagné à l’aéroport.

L’avion est parti à l’heure.
Il faisait encore beau. Le ciel bleu et le soleil se reflétaient sur les ailes du zinc.
Une heure et quart plus tard. Nous nous sommes posés en douceur. Une hôtesse m’a reconnu. Elle a eu la délicatesse de me demander un autographe. Je me suis exécuté puis je suis allé récupérer ma bagnole dans le parc PO et je suis parti direction chez moi…

C’est à ce moment-là que le calvaire a commencé !
Orly chez moi cent bornes.
Il est dix-huit heures trente quand je pars. Il bruine mais rien de bien méchant.
Une demi-heure plus tard je suis à deux kilomètres de l’aéroport, il pleut à torrents et je n’avance plus du tout !
L’autoroute est bouchée ! Le périph’ est bouché ! La radio crache. Les ondes sont brouillées. Les éclairs fusent et j’ai envie de pisser ! Impossible de rouler sur certaines portions du parcours. J’ai mis les warnings et les anti-brouillards. Je me tiens à cinquante mètres de celui qui me précède. Je roule à vingt à l’heure mais ça n’empêche pas les flaques d’eau de se soulever en gerbes noires au passage de chaque véhicule et de noyer la vision pendant quelques secondes !
Une horreur !
Je suis arrivé chez moi à vingt-et-une heures trente ! Trois heures pour faire cent kilomètres… Comme à l’aller et je n’ai même pas pu accuser le salon du nautisme ! J’étais passé par l’autre côté du périph’...

Je doute avoir été flashé pour excès de vitesse ce soir-là, mais si c’est le cas je sens que ça va me crisper sévère !

Fin de la belle aventure. Si vous avez commencé à la lire en passant par la fin, recommencez en allant au début.

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