Je ne vous fais plus de résumé.
Si vous ne savez pas que je suis parti de chez moi pour me rendre dans la montagne niçoise pour le Téléthon et un salon du livre, qu’à l’aéroport on m’a confisqué ma bouteille d’eau, alors qu’un journal est beaucoup plus dangereux, relisez les six épisodes précédents, ça ne pourra pas vous faire de mal.
Lorsque un avion a cessé de voler, vous êtes confronté à une alternative : soit il est tombé, soit il s’est posé. Le mien s’est posé. Pas très bien. D’ailleurs personne n’a applaudi après l’atterrissage c’est tout dire. Comme je n’ai pas de bagages à récupérer, je me dirige vers la sortie où je sais que je suis attendu. Pour être certain d’être reconnu j’ai mon chapeau de cowboy et une écharpe rouge, comme ça j’ai l’impression que je ressemble à Country Mitterrand !
Je guette à droite, à gauche. Je zieute tout ce qui porte une jupe, un sac à main, une queue de cheval sur des hauts talons ou un tube de rouge à lèvres à la main, puisque la personne, que je ne connais pas mais qui doit me récupérer, s’appelle Céline, et qu’il y a peu de chance pour que ce soit le prénom d’un fort des halles.
J’ai beau ouvrir les mirettes en grand, personne ne vient m’accoster. Je décide de m’asseoir en attendant qu’arrive ma guide. Au bout de quelques minutes, comme il n’y a plus personne dans le hall, je téléphone à Céline qui me rassure et me promet que son époux va arriver. Je raccroche et en effet quelques instants plus tard, le bras tendu, la main ouverte, et le sourire épanoui, le mari déboule. Il ne porte ni talons hauts, ni queue de cheval, n’a pas de sac à main, nulle mini-jupe ne lui couvre les miches et le rouge à lèvres ne fait pas partie de sa panoplie d’homme moderne.
Il me guide jusqu’à son véhicule en m’expliquant que son épouse, qui avait prévu de venir elle-même me chercher, est restée bloquée au village pour des problèmes d’intendance. Je certifie à mon chauffeur que c’est sans importance et nous voilà longeant le Var qui est bien bas !
L’herbe pousse dans son lit !
Trois quarts d’heure plus tard, après avoir emprunté une route sinueuse qui m’a un temps laissé à penser que nous nous rendions à Courchevel, nous arrivons à Châteauneuf-Villevieille. On me conduit à l’hôtel de Tourette-Levens qui est le village voisin. Fin du parcours. Il fait nuit. Le fond de l’air est doux.
La patronne de l’hôtel, jolie dame blonde suivie de trois chiens en forme de balais à franges, me fait visiter son établissement.
" Ici M’sieur Corbier, nous aimons les animaux. On fait tout pour eux ! Vous ne serez pas déçu de votre séjour chez nous !... Il faut que vous voyiez nos fauves ! "
Bon Je n’ai rien à faire. Je suis ma logeuse.
" Voici l’aquarium des murènes. On ne les voit pas car elles se cachent dans les herbes ! Dans cet autre aquarium nous avons une salamandre. C’est un animal très timide mais très affectueux. Elle est parfaitement blanche et elle porte ses branchies à l’extérieur ! On ne peut la voir que le matin ! Quand on la nourrit. Le reste du temps elle se dissimule derrière les rochers ! Le troisième aquarium est réservé aux grenouilles albinos. À cette heure-ci elles dorment. Vous ne les verrez pas mais elles sont superbes ! Nous avons aussi un cacatoès ! Lui il ne vit pas dans un aquarium mais dans une cage. C’est un perroquet qui parle très bien. Enfin, celui-ci ne parle pas encore car il est trop jeune, et comme il fait nuit, il dort !.. On ne va pas le réveiller parce que sinon il siffle et ça peut durer des heures... "
Je monte dans ma chambre. Le lit est mou. Pour ne pas m’endormir j’allume la télé. Je tombe sur une chaîne où des personnalités racontent les années 80. Je me souviens qu’une personne m’avait appelé pour me demander de participer à cette émission. Lorsqu’elle m’avait annoncé qu’il s’agissait de m’interviewer sur les années 80, j’avais répondu que les années 80 m’emmerdaient. Là, assis sur mon lit défoncé, en regardant la médiocrité de ce programme, aux couleurs acidulées, aux cadrages vulgaires, je suis content d’avoir refusé de participer à cette ânerie.
Bon revoici le bas de la page. Bon sang, ça passe vite ! Pour avoir la suite de ce passionnant reportage, passez à la page suivante. Merci.
À suivre…