Résumé des chapitres précédents.
J’ai réussi, malgré l’adversité représentée par le salon du nautisme, à me rendre à Orly. J’ai pu monter dans l’avion qui m’était destiné.
L’avion a décollé, pas très bien, mais avant de décoller, il faut quand même que je vous raconte comment les services de sécurité agissent.
C’est assez rigolo.
Avant d’embarquer, je me rends à la sandwicherie de l’aéroport. Je me prends un petit pain jambon-gruyère, et une toute petite bouteille d’eau minérale de vingt-cinq centilitres en plastique transparent.
Entre chaque bouchée je me bois une minuscule gorgée d’eau et lorsque arrive le moment d’embarquer, il ne reste que la moitié de ma « mignonnette ». Au contrôle, je pose mon sac dans un baquet. On me demande de sortir mon ordinateur. Je le sors. On me demande de déposer dans le baquet mon téléphone, ma ceinture, mes clés, d’ôter mon chapeau, mon blouson, mon écharpe. Je le fais et j’ajoute mon quart de bouteille d’eau minérale, et je vois le tapis roulant sur lequel est posé le baquet emporter mes affutiaux.
Lorsque j’étais allé chercher ma carte d’embarquement, dans l’enceinte de l’aéroport, la machine préposée à cet emploi m’avait signalé que je ne pouvais emporter dans l’avion aucun objet métallique, pointu ou tranchant, ni armes, ni explosifs, et que les bouteilles contenant des liquides inflammables étaient strictement prohibées. Je suis très sensible à ces recommandations. Comment d’ailleurs pourrait-on ne pas l’être en ces funestes périodes où de doux zinzins s’appliquent à nous pourrir l’existence. Aussi, lorsque je dois m’envoler, je laisse toujours à la maison mon coupe-ongle et mes cure-dents.
C’est dire si je suis respectueux des protocoles.
Je m’infiltre comme chacun sous le portique. Voilà-t-y pas qu’y sonne !
Dans la seconde un vigile, plutôt aimable d’ailleurs, se précipite vers moi et me demande de repasser sous le portique. Je repasse. Il re-sonne ! Bon. Le type me dit de retirer mes godasses. Je les ôte, je les mets sur le tapis. Le sol est crasseux mais c’est le jeu ma pauvre Lucette ! Je passe une nouvelle fois sous le machin… qui sonne encore un coup !
Gentil et patient le vigile me dit : « Monsieur, je vais devoir contrôler que vous n’avez rien de métallique sur vous. Je vous prie de lever les bras. » Je lève. La foule des voyageurs commence à me regarder d’un drôle d’œil et plus personne ne m’approche... Le vigile promène sur mon ventre, sur mes reins, sur mes jambes, un petit appareil, puis il pose celui-ci et se met à me palper les bras, l’entre cuisses (mais en restant correct) et au bout d’un moment, comme rien ne se déclenche dans son appareil et qu’il n’a rien trouvé à la palpation, il me regarde, prend une pose et dit : « Vous avez une prothèse ? ». Je confirme ! Il me dit : « Ben pourquoi ne me l’avez vous pas signalé lorsque ça a sonné la première fois ? »
C’est vrai ça ! Pourquoi je ne lui ai rien dit à ce brave garçon ? Pour avoir le plaisir de me faire peloter par un vigile ?
Ben si j’ai rien dit c’est que je n’ai pas pensé que ma prothèse allait faire sonner son bidule, c’te bonne paire !
Pendant des années j’ai pris l’avion et je suis passé sous je ne sais combien de portiques, en France, au États-Unis, en Russie, en Roumanie, en Israël… et c’est la première fois que le machin sonne !
C’est con ! Je n’y ai pas pensé !...
Je vais au bout du tapis roulant où le baquet qui a emporté mes effets s’est arrêté et me voilà devant d’autres vigiles. Une jeune femme en uniforme me dit qu’elle va devoir conserver par devers elle ma fiole d’eau mais que je peux la boire si je le désire. Ce que je fais. Puis je la lui rends. Vide ou presque. À ce moment là un autre vigile se pointe et me dit : « Vous savez, Monsieur, que la loi vous interdit de monter dans un avion avec une bouteille ! »
Le bonhomme est agressif. Il transpire. Aurait-il abusé de produits illicites ?... Derechef je lui réponds :
Voyez comme je suis ! La machine qui m’a remis ma carte d’embarquement ne m’ayant rien stipulé concernant les fiasques d’aqua simplex, je me suis senti conforté dans l’idée que je ne me promenais pas avec une arme de destruction massive. J’étais dans l’erreur et je vous prie de bien vouloir m’en excuser ! Mais vous voudrez bien noter qu’il ne s’agit pas d’une bouteille au sens strict du mot, mais d’un quart en plastique ! Celui-ci ne véhiculant pas la moindre goutte de liquide inflammable, j’étais à des lustres d’imaginer que j’offensais la loi en souhaitant l’emporter dans l’avion ! »
Je sens bien que ma réponse l’a énervé..
Il me répond : « La loi c’est la loi ! Et c’est valable pour tout le monde ! »
Et … Ah zut ! Me voilà en bas de page !... Bon, eh bien vous saurez la suite de cette passionnante aventure dans le prochain épisode.
À suivre !...