Je n’avais jamais eu le plaisir de voir Hélène, la chanteuse, en spectacle. C’est curieux mais c’est comme ça. On a travaillé côte à côte pendant des années, on a même joué une petite comédie musicale ensemble, mais jamais je ne l’avais vue chanter sur scène. Pourtant j’étais allé à Bercy à l’époque où elle était star. Elle y était apparue sur une guitare gigantesque qui la menait de la scène à la moitié de la salle et à ma grande stupeur je l’avais vue s’effondrer ! Rideau.
Mon goût pour la dramaturgie n’allant pas jusqu’à me déplacer au music-hall dans l’espoir de voir les artistes faire une crise cardiaque, je m’étais immédiatement levé, j’avais quitté la salle et j’étais rentré chez moi. Jamais depuis cet épisode je n’ai eu l’occasion de parler de cet événement avec elle ou son producteur, et j’ignore encore à ce jour si ce malaise était un coup publicitaire, (l’entrée d’Hélène était retransmise en direct dans le journal de TF1), ou bien si elle avait réellement fait un malaise, dû à la fatigue, à l’éblouissement que provoque un trop-plein de lumières, ou plus naturellement parce que la panique l’aurait prise en entrant sous les hurlements de la foule ?...
Ou pour toute autre raison !
Bref, je n’avais jamais eu le plaisir d’aller voir Hélène chanter, mais la chose est réparée. Je ne pourrai plus le dire !
Il faisait doux bien que nous fussions en janvier et que le soleil se fût mis au lit depuis plus de deux heures lorsque je déboulai devant l’Olympia. Z’avez vu je sais aussi écrire comme c’est qu’y faut.
L’Olympia qui n’a pas bougé depuis l’année précédente est là et la foule des grands jours est présente. Je me faufile dans la petite rue qui longe le music-hall et je me réfugie dans un restaurant où je retrouve Jacky (mon ancien partenaire d’antenne au côté de Dorothée), et Pat Leguen le réalisateur qui mettait en images nos émissions de l’époque.
On se fait une fricassée de museaux, on se tape dans les mains. Je commande un steak tartare et, vous auriez sans doute fait la même chose, je demande à chacun de me parler de sa santé.
Jacky me dit : « Ben tout va bien ! Je vais, dans quelques jours, me faire opérer d’une hernie à l’aine, mais ce n’est pas grand-chose. Rien de bien méchant. Ça ne m’empêche ni de vivre ni de marcher, pas même de courir, tu vois, rien de grave ! Juste une boule supplémentaire là où d’ordinaire on n’en a que deux ! ».
Et toi Pat tout va bien ? Toujours dans le sud ?
« Ben pas en ce moment, je suis en soin pour un cancer de la prostate, et pour m’éviter de la fatigue, j’ai préféré rester à Paris et ne pas redescendre ! Mais ça se passe très bien. Je n’ai aucun symptôme de quoi que ce soit. Mes cheveux restent accrochés sur mon crâne et je n’ai même pas d’impression de fatigue ! La bandaison à peine plus molle ! Franchement, il paraît que je suis malade mais, même en y regardant de près, je ne m’en suis pas encore rendu compte, et pourtant on me soigne déjà depuis deux mois ! Tu vois, tout va bien ! ».
Je mange mon tartare et je pense à DSK qui aurait sans doute bien aimé avoir les symptômes de Jacky et de Pat. Une couille de plus et l’érection un peu moins agressive.
À suivre.