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1 - En route pour Orly
15 décembre 2011
Samedi dernier, qui n’était ni le dernier samedi de l’année ni même le dernier du siècle, mais un samedi somme tout ordinaire avec son soleil absent et son ciel menaçant, je suis allé à Nice, enfin pas tout à fait à Nice, mais dans un magnifique petit village de Provence à trois quarts d’heure de voiture de Nice, dans la montagne, à deux pas de l’Italie, où j’avais été invité à faire l’andouille dans le cadre du Téléthon.
  

J’en profite pour rappeler aux amis animateurs de radio et de télévision que les artistes qui participent au Téléthon ne le font pas parce qu’ils ont plus de cœur que ceux qui ne participent pas, mais parce qu’ils ont été invités à se montrer et se faire entendre alors que les autres, ceux qu’on ne voit pas mais qui ont certainement autant de cœur que les précédents, ne l’ont pas été.

J’aimerais, puisque j’ai la chance d’avoir à ma disposition cette tribune, en profiter pour qu’on cesse de dire sur les antennes ou de lire dans les quotidiens : « Le Téléthon avec la participation des artistes qui ont du cœur ! ». Cette formulation laisse supposer que les absents sont des salopards assimilables aux pédophiles religieux comme aux ordures nazies responsables du massacre d’Oradour-sur-Glane !
Il serait certainement moins sot de dire plus simplement : « Le Téléthon, avec la participation d’artistes que nous aimons ! ». Le "nous" étant un pluriel, on voudra penser qu’il s’agit d’artistes que nous aimons TOUS, même s’ils sont surtout appréciés des supports médiatiques.
Et des marchands.

Je n’ai personnellement que fort peu d’attirance pour les chanteurs sautillants ou tapant sur des grosses caisses avec l’élégance de l’hippopotame s’aventurant sur une feuille de nénufar. En revanche j’ai beaucoup de plaisir à découvrir le type qui souffle dans une flûte, qu’elle soit traversière ou quena. Nonobstant, les deux sont identiquement appelés « des artistes », mais seul le premier séjourne les deux tiers de son existence sur les plateaux de télé tandis que le second passe les trois quarts de son temps à essayer de ne pas mourir de faim !
Il se pourrait néanmoins que le talent ne soit pas forcément là où on regarde.

Tiens, à propos de talent, vous le savez sans doute, le talent était une ancienne monnaie. Aujourd’hui, généralement, on parle de talent à propos des artistes qui font des sous, mais on pourrait parfaitement imaginer, afin d’être plus dans l’air du temps, plus dans le mouve et moins passéiste, qu’il ne serait pas sot de cesser de parler de talent à leur propos, surtout s’ils rapportent gros, mais de dire, par exemple, de Machin qui vient de faire un disque de platine en chantant « L’as-tu vu swinguer mon cul », qu’il ne manque pas d’euros.
Ce serait plus clair, plus juste, plus dans le coup, et on pourrait laisser le talent à ceux qui ne rapportent rien. Ce serait justice puisque justement le talent n’a plus cours…
Voilà c’est dit. On peut passer à la suite.

Ah ben… Pour la suite, on verra plus tard parce que digression après digression je suis arrivé en bas de ma page, et qu’il est de toute urgence que j’en ouvre une nouvelle.

La suite de cette passionnante histoire, vous la trouverez dans le prochain épisode de cette gigantesque saga !
À suivre !...

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