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SOMMAIRE
Éditorial
Quand passent les courants d'air
Rendez-vous
Michel Serrault
Chanson pieuse
Michel Serrault (suite et fin)
Dans mon courrier
Musique !
Auprès de mon arbre
La chanson inédite : Blanchette
Coup de pouce
Épilogue
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Éditorial : Putain d'été
Je me suis dit que je n'allais pas me laisser abattre par une petite pluie de rien du tout, même si elle tombe depuis vingt et un jours ! Noé m'aurait donné raison. Alors je suis allé chez Robert Grande Surface acheter dix gros sacs de sable à chat que j'ai vidé sur le tapis du salon et j'ai allumé la lampe à bronzer. Ensuite j'ai enfilé un string et j'ai glissé mes pieds dans la bassine d'eau en y déversant un paquet de sel Guérande, même que ça coûte la peau des miches, et j'ai décidé que l'été était arrivé dans la maison ! À partir de ce moment-là plus rien n'aurait pu me faire changer d'avis ! J'ai dit à ma femme : " Tiens ma puce, tu veux pas me mettre un peu de crème dans le dos, et si tu passes devant la bouteille de bière fais-moi donc un drink avec une paille ! "
J'en étais là lorsqu'il m'est revenu en mémoire que nos amis de Météo France nous avaient annoncé en avril que nous allions vivre l'été le plus chaud de l'histoire de l'humanité ! Comme il ne faisait qu'un petit 18° dans le salon j'ai fait un feu dans la cheminée. J'ai bien senti un léger redoux, mais rien de probant avant que je ne me sois attaqué au four, et comme ce n'était toujours pas suffisant j'ai allumé les brûleurs de la gazinière puis toutes les lampes, la chaudière, les radiateurs et le chauffage d'appoint mais il a quand même fallu que je patiente plus de deux heures avant que le thermomètre centésimal de monsieur Celsius n'atteigne la division 36, et que je me mette à suffoquer. Quand c'est arrivé j'ai téléphoné à police-secours en expliquant que j'étais victime de la canicule. Ils m'ont raccroché au nez et pour ne pas crever la langue sur l'estomac, j'ai ouvert les fenêtres en grand pour respirer à fond. J'ai senti le froid me pénétrer et je me suis évanoui. Quand je me suis réveillé, il y avait toute la famille autour de moi. J'étais en eau ! La fièvre. Ma femme m'a dit que j'avais déliré toute une partie de la nuit. Il parait que j'avais crié : " Sarko je t'aime, marions-nous à Neuilly ! ".
Le toubib de garde a dit que c'était une grosse grippe !
Le 15 août ! La grippe !
Vivement novembre qu'on retrouve un peu de chaleur !
Putain d'été !
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Quand passent les courants d'air
Ce soir il fait très chaud par chez moi et je sens, ou j'en ai l'impression, qu'il se pourrait bien que l'orage éclate pendant la nuit.
Je vais rentrer la pelouse pour ne pas qu'elle soit mouillée !
L'incendie de la synagogue n'est pas circoncis !
En avril vu la chaleur je me suis acheté des tongs.
En juillet il s'est mis à faire froid. Je les ai fait fourrer !
Trois jours de beau l'autre week-end ! Heureusement que lundi il s'est remis à pleuvoir !
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Rendez-vous
AOÛT
Le 15
Festival DecOuvrir à Concèze
Au Foyer Rural de Concèze (Corrèze)
Renseignements poesiechanson@yahoo.fr
Festival qui croise chansons et poésie, univers et styles dans un esprit de découverte et d’ouverture.
Avec Marie Cherrier, Pierre Barouh, Matthias Vincenot
François Deguelt, Serge Utgé Royo, Francis Lalanne, Corbier
Et quantité d’autres chanteurs et poètes !
SEPTEMBRE
le 1er
Festival « Ça s’joux au château »
Château de LA CLUSE ET NIJOUX (Doubs) –
Renseignements 03 81 50 00 10
ou www.cinq-sens.fr
le 2
Lille (Nord)
Mécanisme Dubitatif
115, rue Meurein, 5900 Lille
Renseignements : 03 20 15 17 01 ou lemeca@yahoo.fr
Les 4 et 5
Metz (Moselle)
Le Strapontin.
15 Place de Chambre.
Renseignements, réservation : 06 63 24 91 96
Les 27, 28 et 29 (Jeudi, Vendredi, Samedi)
Paris 13ème
1ère partie : AKIM (le rebeu des bois)
Théâtre des 5 Diamants
Rue des 5 Diamants Paris XIII
Tél - 01 48 89 12 20
10 Euros
OCTOBRE
le 12
Lyon (Rhône)
Soirée Caritative de lutte contre le Sida
Salle Victor Hugo, 33 Rue Bossuet, Lyon 6ème.
NOVEMBRE
les 8, 9 et 10
Lyon (Rhône)
Le Thou Bout de Chant.
Rue de Thou - Lyon 1er
Réservations et renseignements : 04 72 98 28 22
DÉCEMBRE
le 8
Civray (Près de Poitiers)
Soirée AFRAKADABRA
La salle de spectacle
12 place De Gaulle 86400 Civray
Renseignements ludivine.vales@jerkov.net
Tél : 05 61 63 82 01
le 20
Dunkerque (Nord)
Salle les 4 écluses
1 rue la Cunette 59140 Dunkerque
Renseignements : 03 28 63 82 40
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Michel Serrault
J'avais rencontré André Roussin (de l'Académie Française) sur le Louis Lumière, un superbe transatlantique qui nous menait du Havre à Buenos Aires via Lisbonne et Rio de Janeiro. Sur ce bateau je chantais et je faisais l'animation pour le Club Med. C'était en 1966. J'avais vingt-deux ans.
Un jour, quelques encâblures avant Buenos Aires, Roussin qui m'avait trouvé sympathique me dit : "Alain as-tu le téléphone ? ". À l'époque ce n'était pas chose répandue et bien sûr je n'en avais pas… " Voici mon numéro me dit-il ! Lorsque tu reviendras à Paris appelle-moi je vais te faire faire une télé". Pour être tout à fait franc, bien qu'André Roussin fût très amusant et fort agréable, je ne croyais pas trop à son invite. La mythomanie de vacances n'est pas un vain mot et je sais par expérience que la dactylo, à l'instant où elle pose les pieds sur son lieu de villégiature, se transforme en secrétaire de direction, et l'infirmier en chirurgien… Habitué aux propositions mirifiques et sans lendemain, je m'étais forgé une philosophie qui sous-entendait : " laisse-les donc parler ça leur fait plaisir ! " Bref cette histoire de télé je n'y croyais pas du tout… Néanmoins, comme il ne faut jamais négliger une piste dans la quête de ce métier je m'empressai dès mon retour à Paris, dans un premier temps de me faire installer une ligne téléphonique et dans un second de lui passer un coup de fil. À ma grande surprise non seulement il se souvenait de moi, mais il me demanda de lui donner mon numéro et raccrocha en me disant : " Ne bouge pas de chez toi on va t'appeler dans les dix minutes qui viennent. " Bon. Je ne bouge pas. Quelques instants plus tard le téléphone grelotte et j'entends une voix féminine qui me dit : " Bonjour. Je suis bien chez monsieur Roux ? " Oui c'est moi. " Bonjour monsieur Roux, je suis Aimée Mortimer et André Roussin m'a demandé de vous appeler, alors je le fais, mais qui êtes vous ? " Là, il faut que j'explique. Aimée Mortimer était à l'époque LA grande animatrice-productrice de la télévision qui n'avait encore qu'une seule chaîne … Aimée c'était à la fois Drucker et Patrick Sébastien, mais en jupons. Grande coquette, elle n'a jamais avoué son âge, et lorsqu'elle devait inscrire sur les fiches d'hôtel sa date de naissance, là où il est marqué : Né … elle écrivait : Oui… Comme toutes les pesonnes de la télé de cette époque elle était très mondaine et très cultivée. Elle avait joué la comédie, savait chanter et sans doute avait-elle rencontré Roussin à maintes reprises. Il ne serait pas impossible d'imaginer qu'elle lui avait proposé un nombre incalculable de fois de participer à une émission qui lui serait consacrée, mais André Roussin était un homme discret et il avait toujours refusé les propositions de cet ordre. " Comprenez-moi Monsieur Roux, reprit la voix, je ne doute pas de votre talent, mais qui êtes-vous pour qu'André accepte de participer à une émission à condition que je vous engage ?!!! "
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Chanson pieuse
Dans notre église
Par Sainte Élise
Tout le monde prie
Saint Bénodet
Tout en opi-
nant du bonnet
Sauf les vicaires
Par Saint Macaire
Qui se consa-
crent à Saint Joseph
Les bras en croix
Branlant du chef.
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Michel Serrault suite et fin
Qui j'étais ?... Pas grand-chose en vérité. Un jeune type qui venait de se marier, un peu animateur, un peu chanteur, un peu auteur, un peu comédien… qui venait de descendre du bateau. Professionnellement rien. Il fallait donc que Roussin ait flashé grave sur mes petites chansons et ma façon de les interpréter pour qu'il se mouille à ce point pour moi. Merci André. Si j'en étais surpris, Aimée Mortimer l'était encore plus que moi... " Qui êtes-vous ?... " Rien !
Le tournage se fit sur deux journées. Inutile de le cacher, j'avais une trouille bleue. Je n'avais jamais mis les pieds sur un plateau de télé, et je ne comprenais rien à ce qu'il se passait autour de moi, ni à ce qu'on me demandait de faire… Ce n'était pourtant pas bien compliqué. Je chantais une chanson flash dans un coin du plateau et Roussin présentait tout de suite après ma chansonnette un de ses invités. Parmi ceux-ci une jeune chanteuse qui venait de triompher à Bobino : Barbara, et un tout jeune chanteur, prometteur comme on dit : Georges Chelon. Georges n'arrêtait pas de se faire engueuler par Jean Bertheau, le réalisateur, qui lui demandait d'ouvrir un peu plus la bouche sur son play-back pour que les téléspectateurs comprennent que la voix qui venait du téléviseur sortait au préalable de la bouche du chanteur !... Dans la kyrielle d'invités il y avait aussi Michel Serrault. Lui, je le connaissais. Enfin, je le connaissais comme tout le monde grâce aux sketches qu'il interprétait avec Jean Poiret. Il était déjà une sorte de star, on disait vedette à l'époque…, et lorsque pendant une pause, dans les cintres, Roussin me présenta à Michel, je n'irais pas jusqu'à dire que j'ai pensé défaillir, mais je n'en menais pas large. Je l'avais admiré au cinéma, au théâtre, en cabaret, à la radio, à la télé… C'était énorme pour moi, et du coup je me sentais encore plus petit, plus étroit, plus ordinaire qu'à l'ordinaire justement. Bref : j'avais la trouille.
Serrault, tout à fait aimablement, avisant ma guitare me dit : " Vous êtes musicien ? " Et moi bien éduqué par ma maman à ne jamais me mettre en avant : " Non, non, je joue un peu de guitare, comme ça, j'écris des chansons, mais je ne suis pas musicien "… Pensez donc, " musicien "… Et pourquoi pas Gershwin… ou Mozart…? " Tout de même me dit, malicieux, Serrault, vous jouez de la guitare ? " " Heu oui, mais pas beaucoup." ! De fait, j'avais à mon répertoire cinq-six accords, je n'allais pas mettre en péril Andrés Segovia ou Django Reinhardt… " Donc, si vous jouez un peu de guitare, me dit-il, même si c'est très peu, on peut dire que vous êtes musicien "… " Ben si vous voulez. " … " Ah la bonne heure ! Moi aussi je suis un peu musicien. Je joue de la trompette… Vous voyez, je suis un peu musicien. Comme vous. "… " Heu… " … " En fait j'aurais aimé devenir musicien professionnel, mais ça ne s'est pas fait… Vous savez, je vous admire parce que c'est un beau métier, musicien. " … " Je vous remercie monsieur, mais je ne suis pas un grand musicien vous savez."… " Ah ben tout de même, vous jouez de la guitare ! Ce n'est pas rien de jouer de la guitare. C'est un bel instrument ! Vous êtes d'accord avec moi ? " … " Ben oui… "… " Alors si vous jouez de la guitare qui n'est pas un instrument facile, c'est que, vous le voyez bien : vous êtes musicien ! "… " Ben alors vu comme ça oui… je suis musicien. " … " C'est bien, c'est bien… " Là il a laissé un temps relativement long qui n'a pas dû durer plus de quelques secondes, mais qui m'a semblé être une éternité puis il m'a dit : " Si vous êtes musicien, vous jouez du violon ? " … Là, j'ai senti que j'entrais dans le sketch, mais je n'avais pas les répliques et du coup j'ai senti mes genoux plier un peu… " Ah ben non… Je fais un peu de guitare mais c'est tout "… " Mais vous êtes musicien ? " … " Ben oui mais… "… " Ben il n'y a pas de mais, vous n'avez pas à avoir honte, quand on est musicien on est musicien, et puisque vous êtes musicien je m'étonne que vous ne jouiez pas du violon !!! Les cymbales je pourrais comprendre, mais quand on est musicien, on joue du violon ! "
J'étais complètement perdu. Égaré. Ahuri. Largué… Il m'a fait le numéro pendant dix bonnes minutes. Je ne savais plus quoi dire. " Si vous êtes musicien vous devez jouer du violon… " Quand on nous appela pour revenir devant les caméras je ne savais plus comment je m'appelais. Je me souviens qu'il est parti en me disant : " Je plaisantais… hein ! " Il avait dit ça avec cette voix nasale et rigolarde qu'il a conservée toute sa vie… " Je plaisantais… hein ! " Bien sûr qu'il plaisantait et comme il m'avait manœuvré, avec quel talent, quelle facilité, quelle superbe ! " J'avais bien compris, Michel, que vous me faisiez une blague lui dis-je… " Alors, sans se retourner, comme pour lui-même, mais assez fort néanmoins pour que je l'entende, il ajouta : " Je connais des musiciens : ils jouent tous du violon… "…
C'est la seule fois de mon existence que j'eus le plaisir de le rencontrer et de lui parler. C'était un maître !
So long Michel.
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Dans mon courrier
Comme j'ai une page sur Myspace (www.myspace.com/francoiscorbier) et bientôt 8000 amis qui s'y sont inscrits, il m'arrive de recevoir des mails étranges, mais le plus cocasse que j'aie reçu depuis des semaines émanait d'une jeune talentueuse chanteuse belge d'origine indienne tout à fait adorable qui me dit la chose suivante :
" Pendant le petit séjour que je viens de passer en Alsace, j'ai bien pensé à toi
Figure-toi que lors d'une soirée, je me trouvais en terrasse d'un petit resto bien sympa et j'entends ta chanson " C'était le bon temps " ! Et je crois même reconnaître ta voix !
Surprise de t'entendre là, dans la rue, je me retourne et que vois-je ? Un monsieur, barbu, portant un chapeau noir, s'accompagnant au banjo et interprétant ta jolie chanson ! Certes il s'agissait bien d'un très bon chanteur mais pas du vrai Corbier que nous aimons tous …
François, tu as un sosie en Alsace qui te chante et qui a la même voix que toi ! " Shäni
http://www.myspace.com/cshani
J'en suis resté sur le flanc ! Si vous connaissez ce chanteur alsacien, barbu, banjoïste et chapeauté, dénoncez-le moi que je le félicite ! Renseignements pris, c'était à Colmar. En attendant voici une photo de moi avec mon chapeau ma barbe et mon nouveau jouet, un banjo long neck open back, que je suis allé chercher en Grande-Bretagne il y a un gros mois. Pour les connaisseurs, il s'agit du même engin que celui dont se servait Pete Seeger, l'immortel compositeur de " Bye bye Blackbird ", et de " If I had a hammer ". (Si j'avais un marteau…) Photo : Chris CB - www.chriscb.com
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Musique
Ça fait un moment que je me dis qu'il faut que je vous en parle et puis les semaines passent, les mois… et forcément ça me sort de la tête, alors voilà, là j'ai un peu de temps devant moi et je vais vous en parler. Rassurez-vous il n'y a pas de drame mais c'est un truc qui me tient à cœur et il faut que je vide mon sac. Vous serez gentil de me dire ce que vous en pensez si vous jugez que c'est nécessaire, en tout cas votre avis me fera plaisir.
De quoi s'agit-il ? De chanson… " ben qu'est ce qu'il a le Corbinou, il nous fait un caca nerveux ? La chanson… c'est pas le bout du monde ! Faut qu'il se calme le barbu … " O.K., o.k. les jeunes, j'explique.
Souvent, pour ne pas dire 99 fois sur 100, je reçois des mails tout à fait aimables et gentils et polis et bien écrits de personnes qui me disent, en gros : " Corbier j'aime votre musique et notamment tel titre. " Bon c'est vachement gentil et je ne devrais pas bouger de mon siège, or ça me fait bondir… " ben pourquoi Corbinou ? " Mais parce que la chanson ce n'est pas de la musique foutrebleu ! La chanson participe de deux éléments qui se sont mariés voilà bien des lustres pour donner naissance à un petit art " mineur " qui s'appelle " La Chanson ". Bon et qui étaient les heureux parents ? La musique. La poésie. Ceci posé faites en sorte de me suivre. Ce sera sans difficulté, je vous connais et vous me connaissez, nous sommes de vieux amis et nous nous comprenons à demi-mot.
Assez parlé. J'y vais.
Une chanson c'est le cumul de notes, d'harmonies, de mots, de rimes. Qu'on fasse abstraction d'une de ces choses et ce n'est plus de la chanson. La musique n'a pas besoin de mots. La chanson, si ! La poésie peut se passer des notes et de l'harmonie. La chanson, pas.
Vous m'avez suivi ? Parfait.
Croyez bien que je n'ai rien contre une " chanson " qui répéterait en boucle pendant trois minutes (c'est le temps moyen d'une chanson) " da, da, da "… On serait en droit de s'émouvoir et de considérer que ce n'est pas de la chanson. La voix et la syllabe chantée participent de la musique. Pas de la chanson…
C'est ma vision de la chose.
Pour qu'il y ait chanson, il faut des mots et si possible des mots qui s'assemblent un peu intelligemment de manière à faire une histoire et si c'est possible une histoire un peu intéressante… avec des rimes pas trop convenues.
Je vous entends !
" Mais mon pauvre Corbinou on n'en est plus là. Une chanson c'est n'importe quoi. Des mots, des notes, des cris, des couleurs, du rythme, un climat… qu'est-ce que tu nous bassines avec tes histoires ?... "
Bien sûr, bien sûr, il est nécessaire que les choses avancent. On ne peut pas faire des chansons comme on en faisait au 17ème siècle… Encore que je connaisse des tenants de l'immobilisme particulièrement graves… néanmoins, sans stagner, on peut tout de même respecter le principe énoncé : musique, harmonies, mots, rimes. Entre ceux qui pour moi représentent ce qui s'est fait de plus abouti : Brassens et Ferré, et la chanson dite populaire telle qu'elle fut pratiquée par Sheila ou Vartan et j'en oublie là encore volontairement, il y a peu de différences.
Ça y est les puristes sortent du bois et hurlent ! " Mais ça va pas non ? Comparer Brassens à Sheila !!! Pis quoi encore ? " Relisez-moi, les puristes… Tiens, je redis. J'ai du temps et de la place. Une chanson c'est " la combinaison habile, entre des notes, des harmonies, des mots et l'usage de rimes ". Toutes choses qu'on peut retrouver dans les chansons de Brassens, de Ferré, de Sheila et de Vartan. Avec plus ou moins d'intelligence et de savoir-faire, je vous le concède. Si la chanson ne devait être que de la musique et des borborygmes, ce ne serait pas de la chanson, mais seulement de la musique. Idem, si les textes sont tellement costauds qu'ils ne peuvent se dire autrement que sur une seule note de musique, ces exercices, si beaux et passionnants fussent-ils, ne devraient pas mériter l'AOC " Chanson ".
Sorry, ladies and gentlemen !
Bon et alors ?
Ben alors rien. Je vous ai dit ce qui me traînait sur le cœur depuis un moment, et si vous m'écrivez à propos de mes chansons… bah… évitez de dire : " tes musiques "… ou alors, soyez plus précis… Dites : " ton titre me plaît bien par sa musique… "
C'est con les vieux, non ? Toujours à se plaindre, à râler !!!
Et le conseil alors ? Ben si vous voulez faire de la musique, ne vous emmerdez pas à faire des textes. Faites de la musique. C'est tout autant respectable que de la chanson…
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Auprès de mon arbre
Bon. J'ouvre le journal et que vois-je ? La photo d'un arbre finement appelé : Sorbus domestica Corbier ! Je me disais bien que j'avais des racines ! Je vous connais, vous allez vous écrier qu'il est temps que je change de branche et qu'il n'y a rien d'étonnant à ce que je sois un peu dur de la feuille, ni qu'autour de mes yeux s'installent des cernes. Je fais comme les Corses : je m'en bats les noix ! J'ai du cœur, de la moelle, de la sève et je ne vous parle pas de mon nœud ! Pensez ce que vous voulez, maintenant que me voici devenu un arbre, je veux croire que Brassens écrivant " Auprès de mon arbre " pensait à moi et que Dutronc… est un hommage !

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La Chanson inédite
Blanchette
Quand on a bourlingué six mois
Dans le désert, une perm' de dix jours
C'est bon. J'arrive à Niort.
Elle m'attendait elle était là
Avec le velours
De ses yeux les courbes de son corps
Et sa voix
Si troublante
Envoûtante
Qui ne chantait que pour moi
Ce n'était qu'un amour d'été
Mais le goût de ses lèvres
Pour toujours reste gravé en moi
Et nos étreintes hallucinées
Lorsque la fièvre
Allumait nos corps je ne les oublierai pas
Ni sa voix
Si troublante
Désarmante
Qui ne chantait que pour moi
Tiens voilà du boudin
Voilà du boudin
Voilà du boudin
J'aurais dû la garder
Ne pas la quitter
Mais la légion
M'attendait à Bizerte
Et puis chez les Viets
À Saigon
Je ne pourrai jamais oublier
Ni ses sabots luisants
Ni sa barbiche de sous-officier
Ni son poil ni ses cornes et
Son lait si blanc coulant
Entre mes doigts quand je l'aimais
Ni sa voix
Si troublante
Chevrotante
Qui ne chantait que pour moi
Tiens voilà du boudin
Voilà du boudin
Voilà du boudin.
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Coup de pouce
J'ai reçu ça.
Il me semble que ça vaut la peine d'être lu, vu, écouté.
Alors, pendant que vous êtes en vacances, et que vous draguez comme ces malades, avant de vous lancer dans des folies qui pourraient vous entraîner sur une pente savonneuse, je vous invite à lire, à regarder et à télécharger les œuvres de Jneb. Je le fais parce que c'est gratuit, pas con, autoproduit et qu'il faut aider le talent la jeunesse et l'inventivité ! Corbinou.
Téléchargez gratuitement sur www.jneb.fr
Voici un extrait de l'article parut dans le Magazine LilleLaNuit :
Jneb est un artiste lillois dont on ne va pas tarder à beaucoup parler en France, voire même dans une bonne partie du monde. Son projet, bientôt traduit en anglais et espagnol, prône le port du préservatif à une époque où la présence du SIDA est presque devenue naturelle pour la nouvelle génération qui l'a toujours connu. Mais, malgré tout, la maladie sévit et une petite piqûre de rappel ne peut pas faire de mal, surtout quand elle a cette forme.
" Idéaux et ébats " est un projet ambitieux qui mérite bien son titre de Multimédia. Il se compose d'un Roman : 'Idéaux et ébats', d'un film : 'Vidéo et débat' et d'une Bande Originale du film : 'Des hauts et des bas'. La réussite de ces œuvres réside dans leur imbrication, chacune pouvant être appréciée indépendamment, mais prenant tout leur sens réunies. On est alors face à une ouverture comme on en a rarement connu, chacun pouvant aborder le projet comme il le désire : Commencer par le livre pour ensuite regarder le film ou l'inverse, puis revenir s'il le désire sur le premier support pour mieux le comprendre maintenant que le deuxième a levé des zones d'ombre. Mais on peut aussi s'amuser à passer de l'un à l'autre, jonglant avec les œuvres dans une totale liberté. L'expérience devient alors interactive, le lecteur/spectateur/auditeur se plaçant en position active, cherchant à connecter tous ses sens pour appréhender le message.
" Idéaux et ébats ", malgré l'ampleur du projet, est totalement autoproduit. L'indépendance étant le maître-mot de Jneb, sa démarche artistique est dénuée de toute notion lucrative et l'ensemble des composantes du projet sont téléchargeables sur son site, pochettes incluses (magnifique), pour reproduire chez soit un produit complet. Libre de droit grâce à un contrat Creative Commons, l'œuvre peut être copiée, distribuée et projetée au public sous certaines conditions (interdiction de l'utiliser à but lucratif, de la modifier, obligation de citer son auteur, etc.. Ce contrat permet une grande diffusion qui, pour une œuvre sociale comme celle-ci, est forcément bénéfique.
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Épilogue
Je viens de prendre ma température.
19° contre le mur extérieur.
Le thermomètre tremble de froid.
Je vais rappeler le toubib. Il me reste de la gnôle !
Bonne fin de vacances pour celles et ceux qui sont partis, comme pour ceux qui sont restés. Bonne rentrée pour ceux qui rentrent
Bonne et deux nuits pour ceux qui se couchent.
Bises aux filles et une virile claque dans le dos des autres.
Corbinou
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www.francoiscorbier.com
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